Ménétrier. Thèse de Paris
SP y ES A la percussion, submalité dans loule la poitrine, sauf aux deux bases.
Urine normale sans sucre ni albumine, quantité peu élevée. Urine : 9 grammes par litre.
Température maxima le 4 mars, 37°,3.
Le 5 mars. — La température est 38°,2 le matin. » » 37°,9 le soir.
Le 6. — La fièvre se maintient aux environs de 38°,5. Le ma-
lade urine un peu plus; la langue n'est pas rôtie, il se sent mieux.
L’anhélation est cependant lrès intense.
Signes physiques. — Peu de râles, quelques-uns cependant au sommet droit. Respiration un peu rude, soufflante. La sub-
matité est très accentuée dans la moilié supérieure à droite.
Le 7. — L'état reste stalionnaire.
Le 8. — Le souffle devient très net au sommet droit. Les signes fonctionnels ne varient pas. La fièvre persiste.
Le 9. — Langue rôtie, pouls petit, fréquent, dyspnée intense.
Le 10.— L’état du malade s’aggrave sensiblement. Il ne peut plus expectorer. }
I meurt le 11.
Autopsie. — Pouwmons. — Adhérences pleurales des deux côtés, les unes récentes, les autres anciennes. Lésions de broncho-pneumonie accentuées surtout au poumon droit, Abcès péri-
bronchiques. On note un emphysème énorme au poumon gauche. Cœur. — Sain.
Foie. — Gros, aspect du foie muscade.
Reins. — Inégaux, capsule adhérente, couche corticale épaissie.
Examen bactériologique. — On emploie la méthode des plaques, et dans les deux premières on trouve du bacterium termo.
te Inoculation. — On inocule un demi centimètre cube à une souris blanche sous la peau dorsale. L'animal meurt en 20 heu-
res.
L’ensemencement fait avec le sang et les viscères donne des
colonies de séreptocoques à l’état de pureté.
2 La forme broncho-pneumoniqueinfeclante ow forme
pyohémique.
Tout le monde reconnaît aujourd’hui que la bronchopneumonie est une maladie infectieuse comme Pendocardite par exemple. Mais de même qu’il y a des endocardites infectieuses simples et des endocardites infectieuses infectantes, de même pourrait-on considérer certaines broncho-pneumonies comme produisantdans l’organisme une véritable infection (1), #re pyohémie.
Qu'est-ce donc qu'une pyohémie ? On donne ce nom à une maladie, caractérisée anatemiquement par -l’apparition de pus dans les séreuses et les viscéres. Qu'on se reporte aux observations qui suivent et on verra qu’elles se résument toutes dans cette seule définition.
Ce pus ne vient pas ici d’une plaie du tégument cutané mais de la muqueuse bronchique.
De sorte que, ainsi que le dit M. U. Monnier à qui nous
empruntons cette étude, on pourrait dire qu'il y a trois.
sortes de pus.
Le pus chirurgical;
1. Toute cette étude est empruntée aux travaux du D: Monnier (Brochure de Nantes, 1894),
pic à:
Le pus obstétrical;
Le pus médical ;
Les deux premiers disparaissent chaque jour de plus en plus grâce aux progrès de l’antisepsie.
Mais la pyohémie médicale n’a pu comme les autres bénéficier des progrès qu’a réalisés la chirurgie moderne. Et en effet la plaie de la muqueuse bronchique (si on peut donner ce nom aux altérations déterminées par là broncho-pneumonie) cette plaie dis-je n’a pas frappé l’attention des observateurs et jusqu’à présent a échappé à leur action.
Les travaux relatifs aux pyohémies médicales sont encore peu nombreux. Il faut arriver à Bouchard (1), Bourey (2), Lapersonne (3), pour trouver des faits d'infection généralisée à la suite d’affections médicales.
La thèse d’Etienne vient combler cette lacune. L'auteur distingue tout d’abord deux sortes de pyohémies :
Primitive, lorsqu'elle s’observe en dehors des grands traumatismes chirurgicaux ou obstètricaux et évoluant dans l’organisme en dehors de toute autre maladie spéci- -fique. C’est celle que nous allons étudier.
Secondaire, lorsqu'elle succède à une infection spécifique : scarlatine, variole, oreillons.
Les pyohèmies primitives sont nombreuses, puisque Etienne (4) en distingue neuf classes. Nous ne nous occu-
4. Bourey. Th. de Paris. 1883. Pseudo-rhumatisme infectieux. 2, Bouchard, Zoco citato.