‹ Les Infections Bronchiques Chez Le VieillardChapitre 37 sur 43 · Durand-Fardel, Zac. cit · texte numérisé non relu

Durand-Fardel, Zac. cit

certaine gène de la respiration, même à l’état normal et celle gêne ira aussitôt jusqu'à la dyspnée dès que l’indi-

- vidu sera alteint d’une phlegmasie quelconque.

L’ossitication des cartilages costauxet des pièces du sternum vient encore rendre le fonctionnement de cet appareil plus difficile en cas de pneumonie o1de bronchite. Et cela se comprend, quand nous avons une douleur intercostale, quelle qu’en soit l’origine, nous immobilisons

les muscles, les cartilages etles côtes voisines du point dou-

loureux. Le vieillard n’a pas cette facilité, sa cavité choracique est rigide, elle se meut d’un bloc, si donc il essaie

. de limmobiliser les mouvements respiratoires sont arrê-

tés. De là, je le répète, cette gêne et cette douleur quelquefois si profonde dans les pneumonies ou les bronchopneumonies.

Ces phlegmasies ne sont pas seulement très pénibles, mais elles peuvent, chez le vieillard, donner lieu à de fatales surprises. , |

Ainsi que l’ont démontré Dechambre et Houchard, il n’est pas rare de trouver chez eux ce troisième type de poumon flétri, baignè dans une sérosité abondante et appliqué à la colonne vertébrale,

Or, supposons que les parties saines déjà si réduites de ces poumons soient le siège d’hépatisation, nous verrons le malheureux atteint de pneumonie s’éteindre avec une rapidité qu’on était loin de prévoir; c’est qu’en effet, dans de tels cas, il ne subsiste qu'un petit nombre de cellules fonctionnant réguliérement.

Nous avons vu que la dilatation progressive des cellules pulmonaires avec l’âge, était une règle constante. Lorsque

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cette dilatation atteint certaines proportions, elle dètermine toujours une. atrophie des parois alvéolaires et a pour conséquence : Pemphysème. Ft L’emphysème siège habituellement au sommet. et au bord. antérieur des poumons. Lorsqu'on examine au microscope les parties emphysémateuses, dit Cornil, on est frappè de l'accroissement considérable des infundibula

pulmonaires. Dans un premier degré l'emphysème porte

simplement sur Pinfundibulum. La couche s’est agrandie aux dépens des alvéoles qui sy ouvrent et dont les cloisons plus où moins atrophièées sont effacées. Au degré le

plus avancé les plus grandes vacuoles résultent de la éom-,

munication des infundibula les uns avec les autres. D’après Eppinger le tissu élastique des alvéoles serait frappè le premier, il s’amincit, puis finit par se rompre. Il se forme alors des fentes dans les réseaux des parois alvéolaires, mettant en communication les alvéoles

et même les infundibula voisins. Les vaisseaux s’allongent,

s’étirent en diminuant de calibre et finissent par se rompre. Les autres élèments subissent consécutivement des modifications profondes, le tissu conjonctif des parois alvéolaires s’atrophie progressivement, quant à celui qui existe entre les alvéoles, tantôt il est atrophié, tantôt au contraire il est hypertrophié. | Les fibres musculaires lisses sont aussi Re Enfin, toujours d'après Eppinger, c'est secondairement que lépithélium est altéré et qu'il disparait au niveau des lacunes. x ” me À Pour Villemain, au contraire, ce serait l’altération de lépithèlium qui serait primitive, il subirait la dégénères-

cence graisseuse et sa destruction aménerait là DRFOE tion de la paroi alvéolaire. |

Anthracose. Te nl est bien rare en ouvrant la poitrine d’un vieillard de ne pas voir les alvéoles pulmonaires finement dessinées par une poussière noire qui n’est autre chose que du charbon. On a même donné à cette disposition un nom particulier : l'anthracose.

L'anthracose peut être physiologique, quand ellé ne | dépasse pas les pr oportions qu’on trouve chez tous les sujets; pathologique, quand le poumon en est comme farci, ce que l'on trouve souvent chez les mineurs, mécaniciens, chauffeurs, etc. Ce sont surtout le sominet etles bords postérieurs des poumons qui en sont couverts. L'examen microscopique per met de mieux saisir la distribution des poussières charbonneuses. D'après Charcot on les rencontre : | | |

1° Dans l’intérieur des cellules épithéliales alvéolaires ;

2e Dans la paroi alvéolaire elle-même ; GES 3° Surtout dans les parois conjonctives péri- lobulaires ; %-Autour des troncs lymphatiques PARISIENS et | interlobaires ; ; FPE Te

5° Dans le tissu vas pleure et dans les plèvres.:

Enfin une dernière lésion Re au poumon sénile est la sclérose du sommet.

On'est loin d’être d'accord sur la pailogénie de cette lésion décrite par Roger, Beau; Brousse, etc.

“Elle ne se manifeste pas pendant la vie par aucun signe important. : 75 sa où

Elle s’accompagne: soûyent d’un épaississement de la plévre qui peut subir la transformation ostéoïde.

Ce sont là les lésions, nous pourrions dire d'ensemble, que présente un poumon de vieillard sur la table d’amphithéâtre. Que si l’on vient à pousser plus loin les investigations anatomo-pathologiques, d’autres désordres se révélent dont il convient de parler dans un travail sur les : troubles d’origine bronchique.

Le couteau qui fend les lobes du poumon rencontre une

résistance peu en rapport avec l’élasticité du poumon de Padulte. Sur les sections de la coupe apparaissent largement béantes les bronches divisées. La pression entre les doigts d’une partie du parenchyme laisse suinter par places un produit épais, une sorte de pus concret. Si l’on fend maintenant les bronches longitudinalement, on se

rend un compte plus exact des lésions si invétérées de la

bronchite chronique et de ses conséquences. La muqueuse bronchique apparaît boursouflée avec des plis longitudinaux qui font saillie dans la lumière de la bronche.

Quant à sa coloration, elle est tantôt d’un rose pâle, plus souvent blanchâtre comme s'il s'agissait d’un tissu cicatriciel. Par places, on aperçoit de véritables érosions de la muqueuse. |

À mesure qu’on avance vers l'extrémité inférieure de la bronche les lésions deviennent plus accentuées. C’est dans ces points qu’il est sinon habituel, du moins trés fréquent de trouver, nous allions dire un abcès bronchique, si nous ne craignons de jeter quelque confusion dans

l'esprit. Ces sortes d'abcés différent totalement des points

jaunes de la broncho-pneumonie.

Mais il ne s’agit pas de ces derniers, il n’y a de la

broncho-pneumonie, ni les granulations, ni l’hépatisation, ni enfin l’histoire clinique des malades.

Ilne s’agit donc pas de véritables abcès, ce sont donc bien des produits d’hypersécrétion bronchique, de véritables foyers purulents dont la stagnation est entretenue : d’une part par la dilatation des bronches; d’autre part par l’état d’une muqueuse. dont la sensibilité très amoindrie ne peut plus solliciter le rejet.

Telles sont les lésions sur lesquelles nous ‘désirons insister. Pour ne pas être classiques, elles n’étonneront sans doute pas ceux à qui il a êté donné de faire l'étude des poumons du vieillard bronchitique de la façon que nous avons dit. C’est d’ailleurs ce que nous ont montré les recherches de M. Monnier. L

Peut-être leur exposè permettra-t-il de se rendre un compte plus exact de l’évolution anatomo-pathologique,

et par suite de la pathogènie des processus bronchiti-

ques que nous avons exposés plus haut.

L’athérome est de toutes les modifications du système circulatoire celle que traduit le mieux la déchéance de l'organisme, en même temps qu’il continue à la précipiter par le trouble qu’il apporte dans la nutrition des diffèrents viscères. |

En outre, à la suite de cette altération, le sang est ralenti dans les artères au point d’y produire la coagulation. La thrombose ainsi produite détermine, suivant sa localisation des gangrènes dans les extrémités des membres, des ramollissements dans le cerveau, des dégénérescences graisseuses du cœur. |

D’autres fois un foyer athéromateux ramolli peut s’ou-

HT

vrir dans RE du vaisseau et verser son contenu dans. le courant sanguin, ainsi se trouvent déterminées les embolies avec toutes leurs conséquences. :

Enfin les altérations séniles de l'appareil vasculaire peuvent donner lieu à la production d'anévrysmes.

-MM. Charcot et Bouchard ont décrit sous le nom d'anévrysmes miliaires des dilatations ampullairé es des artérioles cérébrales, consécutives à une péri-artérite, ces anévrysmes très fréquents chez le vieillard sont la source : là plus ordinaire des hémorrhagies cérébrales. Fee

6 Cœur. — Nous avons vu quel était le résultat de Vinvolution sénile sur le muscle cardiaque, on. peut la résumer par ces mots : atrophie des ÉReRIE actifs aCCOMpagnée d’hyperplasie conjonctive. ant CSM . Mais le myocarde n’est pas seul à subir ces modifications, les altérations de l’endocarde portant particulièrement sur les orifices et les valvules sont fréquentes. De ces lésions, les unes sont dues à un êtat pathologique antérieur (rhumatisme, goutte, alcoolisme), les autres sont le fait de la sénilité. Elles sont alors localisées à Porifice aortique et sont le plus souvent la conséquence de l'athé-

rome. : NE

Les valvules sigmoïdes s’épaississent, leur bord libre devient dur, scléreux, rempli de nodosités, infiltré de sels calcaires. I] en résulté une rigidité des valvules qui, au point de vue fonctionnel, détermine une insuffisance et un rétrécissement aortiques avec toutes leurs consèquences.

Les altérations toutes physiologiques de l'appareil digesüf et de ses.annexes, n’ont point de conséquences spèciales dans la pathologie du vieillard.

Nous n'y insistérons donc pas.

Qu'il nous suffise de signaler en passant comme consèquence de l’ostéoporose, la fréquence des fractures chez le vieillard, ‘et aussi leur relation avec les congestions pulmonaires qui en sont souvent la suite. On a toujours

jusqu’à présent, incriminé le décubitus dorsal, ce n'est

point le lieu de discuter cette opinion.

Une modification plus grave est celle qui se passe dans

le rein. Nous avons vu ce qu'il fallait penser du rein sénile et que sa Caractéristique était encore à démontrer comme :

Pilliet l’a fait pour la rate et pour le thymus.

Aussi bien le rein sènile dont nous avons à parler ici

est le rein sénile malade, rein petit à capsule adhérente, parsemé de kystes, rein que Ballet a parfaitement carac-

tèrisè en disant qu dl s'agissait d’une cirrhose épithé=

liale.

Mais, fout en reconnaissant d’après les nombreuses autopsies de vieillard qu’il nous à été donné de voir que le rein du vieillardest celui que nous venons de décrire, -nous devons, pour être complet, reconnaître que parfois il peut exister des poussées aiguës de néphrite épithéliale,

poussées pouvant faire penser qu'il s’agit de néphrite aiguë. : |

Ce que nous avons dit antérieurement à propos de la sécrètion rénale, à savoir qu’il ne faut pas, de l'absence d’albumine, Hu que lé rein est suffisant, nous ne craignons pas de le répèter de nouveau. Cest un point qui

domine la pathologie du vieillard.

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