OBJET ET PLAN
Malgré les heureux résultats dont les doctrines pasto—
riennes ont fait bénéficier la pathologie humaine, il s’en faut que certains préjugés, ou, si l’on veut, certaines idèes aient disparu totalement non-seulement de l'esprit du monde, mais même des médecins.
. C’est ainsi, pour nous limiter au sujet de notre thèse, . que l’on considère trop volontiers le vieillard comme un candidat obligè au catarrhe chronique des bronches. Il nous à semblé que l’on vivait toujours d’après ce prècepte d’un maître (1), que le catarrhe chronique des bronches était la maladie obligée des vieillards.
A l’heure où fut formulée, nous allions dire cette loi clinique, les théories humorales régissaient la pathologie.
Ef s’il est vrai que les acquisitions récentes de la science -n’ont pas totalement annihilé la vieille doctrine des humeurs, il est certain qu’elle ne repose plus sur les mêmes bases. |
Sans doute, le fait n’est que trop exact, le catarrhe chronique des bronches est chose vulgaire; sans doute aussi c’est le vieillard qui lui paie le plus large tribut. Mais est-ce seulement du fait de la sènilité que le vieillard est vouë fatalement à cette affection?
1, Durand-Fardel. Maladies des vieillards, p. 336.
Non, nous serait-il facile de répondre par la voix autorisée du professeur Bouchard, si l’on considère comme nous, que le catarrhe des bronches est une infection bronchique. C’est d’ailleurs ce que nous essaierons de démonirer, 1e Dur Ro reses .« On pourrait penser, remarque l’èminent professeur (1), qu'une maladie est chronique parce que la réaction vitale ne s’effectuant pas, le désordre n’est pas réparé et survit : à la cause. Il n’en est rien, la maladie devient chronique quand la cause en reste permanente ».
Et cette cause est dans les germes qui ont trouvé dans le poumon du vieillard un lieu d’élection favori.
Non, dirions-nous encore, s’il nous était permis de nous baser sur la seule analogie des faits dans l'ordre des affections chroniques du vieil âge. Les urinaires, par exemple, n’étaient-ils pas lègion jadis, et cela, pensait-on, parce qu'ils étaient prostatiques, parce qu’ils étaient . séniles, en un mot. ER ARE AT
L’avénement de l’antisepsie, les travaux de l’école de Necker ont démontrè qu’il ne fallait plus raisonner ainsi.
On peut être un rétréci, un prostatique, un sénile, mais malgré la sénilité des organes génito-urinaires, on. ne sera guère catarrheux que si les investigations sont septiques. | & A
Pourquoi le catarrheux des bronches n’a-t-il pas bènèficié des mêmes résultats ? Peut-être, et nous en convenons, parce que l’antisepsie des voies bucco-pharyngées est moins facile à réaliser, peut-être aussi parce que la