Marfan. Traité de médecine de Bouchard et. Charcot
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Leur degré d'aération varie beaucoup, dans lêétat ordinaire les crachats sont mêlés de quelques bulles d’air.
Le degrè daération des crachats annonce qu’ils ont èté pour ainsi dire battus dans les bronches avec l'air expiré, ce sont des mucosités dont le volume ne suffisait pas à oblitérer le calibre des bronches qui les renfermaient, et qui, adhérentes à leurs parois ou roulant dans leur intérieur s'étaient laissé pénétrer par l’air que chaque mouvement respiratoire faisait passer autour ‘d'elles. Les crachats intimement mêlès de bulles fines et égales annoncent un emphysème. Quant aux crachats privés d'air ils viennent sans doute de canaux bronchiques momentanément oblitérès par des mucositès et dans la partie profonde desquels l’air ne pouvait venir se mêler aux produits de sécrétion. Ils proviennent aussi de bronches dilatées dans lesquelles Pair ne circule qu’imparfaitement.
Bronchite sèche.— Les crachats sont quelquefois d’une viscosité extraordinaire, d’une consistance d’empois disposés en globules de la grosseur d’un grain de chénevis ou de millet ; c’est ce que Laënnec a désigné sous le nom de crachats perles (sputa margaritacea) que l’on trouve dans la bronchite séche ou catarrhe sec de Laënnec. La toux qui les accompagne est pénible et très laborieuse. « Elle est incessante et suscitée par une sorte de dèémangeaison bronchique » (G. Paul).
La muqueuse est turgescente, mais cette turgescence est mobile et passe d’un point à un autre avec facilité.
Quand elle est très prononcée elle engendre une dyspnèe
à paroxysmes diurnes et nocturnes qui confinent à l’accès d'asthme.
A l’auscultation on n’entend pas toujours de vrais râles on entend plutôt des sifflements qui dans les moments de dyspnèe peuvent se percevoir à distance.
Au début, cette sibilance est intermittente et s’accompagne souvent d'un bruit de clapet. Plus tard les râles sonores apparaissent et la poitrine du malade chante et siffle comme celle d’un asthmatique (respiration musicale).
Le catarrhe sec aboutit tôt ou tard à la bronchite muco-purulente et s'accompagne souvent d’emphysème pulmonaire.
Bronchile putride.— L’odeur des crachats est ordinairement nulle, elle peut devenir franchement nauséabonde ou même fêtide et constitue alors la bronchite putride. Ce sont en général les crachats purulents qui exhalent cette odeur si désagréable, ils annoncent des bronches dilatées, car ils peuvent s’amasser et demeurer longtemps dans les cavitès qu’elles forment où la prèsence de FAR atmosphérique hâte leur décomposition.
Quant à ce qui est de l'abondance des crachats, leur quantité varie avec les diverses bronchites putrides. On a vu des malades rendre de 1 à 2 litres de mucositès par jour. Ces mucositès sortent à pleine bouche comme s’il s’a gissait d’une vomique. Nous n’insisterons pas davantage sur ce type clinique de bronchite chronique ; nous aurons à y revenir plus loin. Il nous importait seulement, à lexemple des classiques, de présenter, à cette place, parmi les variètès de bronchite, la bronchite putride,