INFECTIONS DUES AUX ORGANISMES SPIRALÉS
I — LES SPIROCHÉTOSES
GÉNÉRALITÉS
Parmi les spirochétoses, celles qui sont produites par des parasites sanguicoles nous donnent, au moins en ce qui concerne la Pathologie comparée, une des meilleures preuves de l'influence de l’âge sur l’immunité sanguine. Expérimentalement, il est bien établi maintenant que les spirochétoses s’inoculent beaucoup plus facilement aux animaux jeunes qu'aux animaux adultes ; ce fait est surabondamment prouvé pour les Rongeurs (Rats, Souris, etc.) et pour les Oiseaux. En outre, la maladie est plus longue et plus grave chez les jeunes et elle produit souvent une immunité durable, comme c'est le cas pour les spirochétoses aviaires. Certains virus, tels que le Spirochæta berbera du nord de l'Afrique, ne prennent jamais sur les Souris adultes, mais seulement sur les animaux nouveau-nés.
Fièvre récurrente européenne
La fièvre récurrente européenne ne présente rien de parliculier, en ce qui concerne l’âge des malades, mais il n’en est pas de même de la récurrente africaine ou fièvre des Tiques.
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Les Poux, les Punaises,les Argas paraissent susceptibles de transmettre cêtte fièvre; nous étudierons plus particulièrement le rôle que jouent les Poux dans la transmission des spirochétoses humaines.
Fièvre récurrente africaine ou fièvre des Tiques
Cette maladie, due au Spirochæta Duttoni (fig. 10), est bien
Fig. 10. — Spirochæta Dulioni. — Frottis de sang de Souris, avec plusieurs globules rouges et un globule blanc. (Original). >< 800.
plus grave chez l'enfant que chez l'adulte ; c’est le jeune âge qui fournit la mortalité la plus élevée et la maladie la plus caractérisée, avec de nombreux parasites dans le sang. Chez les adultes, au contraire, au moins pour les races indigènes, le sang renferme peu de parasites et le pronostic est bénin. Il est possible que, dans certains cas, cette bénignité soit due
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à l’immunité acquise, produite par des attaques antérieures. Il est plus rationnel d'admettre avec Brumpt que l’immunité naturelle, qui apparaît et se développe avec l’âge dans toutes les spirochétoses humaines et aviaires, est le facteur principal de la protection des adultes.
Grothusen a étudié, en Afrique orientale allemande, une spirochétose qui s'attaque aux enfants et produit une forte mortalité: la maladie présente cette particularité que les parasites sont très nombreux dans le sang périphérique. Cette affection, qui paraît différente des spirochétoses déjà connues, sévit surtout sur les petits enfants de trois à SiX MOIS.
La fièvre récurrente de l'Inde s'attaque beaucoup aux enfants et nous trouvons un rapport très curieux entre la fréquence de la maladie et l’abondance des Poux. Percival, Mackie, à Bombay, ont constaté en effet que les garçons, plus fréquemment parasités par les Poux, sont plus atteints que les filles. Cela nous amène à parler de l’étiologie des fièvres récurrentes.
Le mécanisme de la transmission des fièvres récurrentes par le Pou à été définitivement élucidé, en ce qui concerne la fièvre récurrente du nord de l'Afrique, due au Spirochæta berbera, par Ch. Nicolle, Blaizot et Conseil. Ces auteurs ont démontré que le Spirochète ne se trouve ni dans le tube digestif, ni dans les déjections du Pou. Les Spirochètes ingérés par celui-ci disparaissent de l'estomac en cinq ou six ieures ; on les retrouve ensuite, à partir du huitième jour, mais exclusivement dans le cœælôme, sous forme de Spirochètes métacycliques. L'infestation de l'Homme ne se produit donc ni par piqûre, ni par dépôt des déjections sur la peau ou les muqueuses, mais seulement lorsque l'individu piqué écrase le Pou sur sa peau, en se grattant; le liquide cœlômique vient alors en contact avec les lésions de grattage et c’est ainsi que les Spirochètes pénètrent dans la circulation.
Nous trouverons, à propos des Trypanosomes, d’autres exemples de la transmission, en quelque sorte indirecte, de
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certains virus par les Arthropodes ; cela montre qu'il ne faut pas s en teuir à la conception un peu simpliste de PArthropode s’infectant par la trompe et réinoculant le virus par la même voie. Il y à d’autres modalités, qui varient considérablement le mode d'infestation et nécessitent des précautions prophylactiques adaptées à ces conditions particulières. Ge sont ces modalités qui expliquent certains insuccès des essais de transmission par piqûres et démontrent que l'expérimentation doit varier en tous sens ses tentatives et ne pas se contenter d'un procédé uniforme.
Quoi qu'il en soit, le rôle du Pou dans la transmission de certaines maladies infectieuses intéresse au plus haut point la pathologie infantile. En effet, les enfants sont parasités plus fréquemment que les adultes par ces Arthropodes, aussi seront-ils souvent plus exposés aux inoculations, comme c'est le cas pour la fièvre récurrente de l’Inde.
Un Acarien, l'Ornithodorus moubata, estégalement susceptible de transmettre à l'Homme la fièvre des Tiques.