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RAT EE

Syphilis

La syphilis, causée par le Treponema pallidum (fig. 11), peut être chez l'enfant héréditaire ou acquise. La syphilis héréditaire est la plus fréquente; elle présente un très grand

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Fig. 11. — Frottis de chancre avec Treponema pallidum, au milieu de globules rouges. (Original). x 1000. ÿ

nombre de modalités. Elle peut être exclusivement d'origine paternelle, la mère étant indemne et le spermatozoïde emportant avec lui le Treponema pallidum dans l’ovule. Elle peut être maternelle et il y a lieu d'établir quelques distincetions dans le rôle joué alors par la mère. Celle-ci peut être déjà syphilitique avant d’être fécondée; elle peut devenir syphilitique par suite de la conception, le fœtus lui amenant l'infection, vers le deuxième mois, par la voie transplacentaire ;

elle peut contracter la syphilis pendant la grossesse et alors les chances qu'a l'enfant de devenir syphilitique varient suivant l’époque de la contagion. L'enfant court le plus grand danger, quand l'infection de la mère a lieu du deuxième au cinquième mois ; du cinquième au septième mois, il peut échapper à la contaminalion; celle-ci est rare, lorsque la mère est infectée du septième au neuvième mois. Enfin, lorsque le père 2tla mère sont syphilitiques, l'enfant est presque sûrement contaminé.

La syphilis héréditaire détermine chez l'enfant toutes espèces de troubles de la plus grande gravité. Nous ne ferons que mentionner ceux qu'on observe chez le fœtus; le plus fréquent est la syphilis hépatique, caractérisée par de l'hépatite interstitielle diffuse et par des lésions nodulaires; ces lésions produisent de l’hydramnios, par gêne de la circulation hépatique. Le fœtus meurt dans 25 pour 100 des cas. Il en résulte l'avortement, du quatrième au septième mois, et plus tard. l'accouchement prématuré.

Les lésions les plus intéressantes pour nous sont celles du nouveau-né et du petit enfant. Le nouveau-né est souvent atteint de pemphigus, notamment à la plante des pieds et à la paume des mains; on trouve le Tréponème en abondance, non dans le liquide des bulles, mais dans le produit de râclage du fond de l’ulcération. Le nouveau-né peut aussi mourir d’asphyxie foudroyante ou encore d'hémorragie provenant de lésions vasculaires ou hépatiques.

Dans les trois premiers mois, on observe les signes de la syphilis héréditaire précoce. L'enfant reste petit, chétif; sa peau est terne, ridée, flasque el comme bistrée; il a l’air vieillot. Il y a des taches d'alopécie ou bien les cheveux sont rares, disséminés, laineux. Le crâne présente des déformations ou bosselures, connues sous le nom de crâne naliforme; le front est olympien, etc. Du côté de la peau, on voit apparaître soit du pemphigus tardif palmo-plantaire, soit des syphilides variées, mmaculeuses, papuleuses ou papulosquameuses. Les manifestations viscérales sont très variées

nes

etse produisent dans beaucoup d'organes : rate, foie, larynx; pourtant, les ganglions sont généralement de volume normal. Enfin, il y a des lésions des os des membres, produisant la maladie de Parrot ou pseudo-paralysie syphilitique du nouveau-né.

Plus tard, dans la moyenne et la grande enfance, apparaissent les stigmates dystrophiques bien connus: triade d'Hutchinson, déformations osseuses, surtout du tibia, stigmates d'infantilisme.

L'hérédo-syphilis sous toutes ses formes est d'un pronostic très grave. La mortalité est de 70 à 80 pour 100, soit avant, soit après.la. naissance. Non seulement le nouveau-né peut mourir de la syphilis héréditaire, mais encore il est très sensible aux infections gastro-intestinales et respiratoires. Enfin, l’hérédo-syphilis ne confère pas l’immunitéet si le sujet survit, il peut très bien contracter la syphilis acquise.

Chez le petit enfant, la syphilis acquise provient toujours de l'infection directe ou indirecte par des accidents spécifiques contagieux : chancre ou plaques muqueuses. Gette infection peut se produire par l'allaitement, soit que la nourrice ait un accident spécifique au sein, soit qu'elle vienne simplement de donner le sein à un enfant porteur d'accidents spécifiques. Elle peut provenir du contact d'objets souillés de virus syphilitique, de baisers, d’attentats vénériens de diverses natures. Enfin, la syphilis peut être transmise à l’enfant par des opérations telles que la vaccine ou la circoncision. Par suite de

es modes particuliers de transmission, l'accident primitif est presque loujours extra-génital. L'évolution est la même que chez l'adulte, sauf pour le nourrisson, chez lequel la syphilis produit une cachexie aboutissant promptement à la mort.Souvent celle-ci est encore hâtée, par suite de l'intensité des iésions buccales qui s'opposent à l'alimentation.

Le Tréponème a été trouvé dans toutes les lésions de la syphilis infantile et de l'hérédo-syphilis; on a constaté sa présence jusque dans l’ovule. Ces faits sont désormais bien acquis, aussi n'insisterons-nous pas. Nous nous contenterons

Se

de donner comme exemple une figure représentant un foie de fœtus atteint d'hépatite syphilitique et dans lequel abondent les parasites (fig. 12).

Fig. 12. — Coupe de foie de fœtus syphilitique, imprégné au nitrate d'argent. (Original). X 900.

Pian

Le pian est une maladie très voisine de la syphilis et très fréquente chez les enfants dans la zone intertropicale. Il est contagieux à ce point que, dans les régions à population dense où il est endémique, aucun enfant n’y échappe. Jeanselme à vu souvent, au Cambodge et au Laos, la maladie passer de la mère au nourrisson, par le sein couvert de papillomes pianiques. La transmission paraît se produire généralement par contact direct; pourtant le rôle des Mouches n’est pas négligeable, comme le montrent les expériences de Castellani. Cet expérimentalteur a réussi à infecter des Singes, en déposant sur deux petites plaies superficiélles des Mouches capturées sur des pustules de pian.

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La contagion n’est pas héréditaire; le pian est toujours acquis. D'après Jeanselme, il n'apparaît pas chez le nouveauné dans les trois semaines qui suivent la naissance. Le pian ne paraît pas non plus être congénital; pourtant Jeanselme rapporte un cas cité par Hallen, dans lequel un enfant de vingt jours à montré une éruption pianique généralisée ; Hallen suppose que l’inoculation a eu lieu dans les voies génitales de la mère atteinte de pian.

Le Treponema pallidulum (fig. 13), parasite qui cause le

Fig. 13 — Treponema pallidulum, dans le sang. D'après Brumpt. >< 1695.

pian et dont la découverte est due à Castellani, se rencontre en abondance dans les papillomes spécifiques, mais non dans les liquides de l'organisme ni dans les séquelles de pian (lésions osseuses).

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