II. — LES MYRIAPODES
Depuis les travaux du Professeur R. Blanchard sur cette question, il est démontré que les Myriapodes peuvent vivre en pseudo+parasites dans l'organisme humain. L'enfant peut être infecté par eux.
Ces Arthropodes s’introduisent le plus souvent dans les fosses nasales pendant le sommeil. Les enfants, et surtout les jeunes enfants mal surveillés ou manquant de soins, qu'on laisse dormir sur l'herbe ou près d’un jardin, ne paraissent pas à l'abri de leurs atteintes. Ces animaux peuvent également s'introduire dans le tube digestif et y vivre plusieurs mois, occasionnant des symptômes parfois fort graves.
Le Professeur R. Blanchard à relevé, jusqu'en 1902, 44 cas de parasitisme par les Myriapodes. L'un d’eux, constaté par le Professeur Fockeu en 1898, concerne une fillette de treize ans, habitant loiu de tout jardin. Les troubles gastro-intestinaux que présentait la petite malade firent songer tout d’abord aux Ascarides; le traitement anthelminthique amena l’expulsion d’un Ascaride et de trois Myriapodes vivants : ils font partie de la riche collection du Professeur Blanchard, au Laboratoire de Parasitologie de la Faculté de médecine de Paris.
III. —- LES HÉMIPTÈRES Poux. — Punaise Poux. — Parmi les Insectes de l’ordre des Hémiptères, le
Pou de la tête {(Pediculus capitis) s'attaque avec une grande facilité aux enfants mal tenus; il peut causer un engorgement ganglionnaire considérable; le grattage qu'il provoque produit très fréquemment des inoculations microbiennes et la production d'impétigo, surtout chez les enfants
iymphatiques et scrofuleux. Nous avons signalé, en étudiant la tuberculose, le rôle qu’il paraît jouer dans la transmission de cette maladie. La pédiculose du corps ne présente aucun caractère particulier chez l'enfant.
Punaise. — La Punaise ne nous intéresse qu’au point de vue familial, en tant qu'elle est susceptible de transmettre la tuberculose, la peste ou la fièvre récurrente. Nous avons déjà parlé du rôle joué par cet Insecte dans la transmission de ces maladies, tout au moins en ce qui concerne la tuberculose et la fièvre récurrente.
IV. — LES DIPTÈRES LES APHANIPTÈRES Pulicidés, Sarcopsyllidés
Les Pulicidés et les Sarcopsyllidés ne méritent pas de reteair plus particulièrement notre attention.
LES BRACHYCÈRES
Les Brachycères, ou Mouches à corps trapu et à antennes courtes, sont d'une étude très importante: leurs larves causent les affections diverses connues sous le nom de rnyiases. Parmi ces larves, les unes sont obligatoirement parasites, les autres se développent soit sur des êtres vivants, soit sur des matières organiques en décomposition. La localisation des myiases diffère donc suivant la nature du parasitisme, obligatoire ou facultatif, des larves qui les produisent.
Les larves à parasitisme obligatoire produisent la myiase cutanée; celles à parasitisme facultatif produisent la myiase cavitaire et la myiase intestinale.
Les myiases ne sont pas spécialement des maladies de l’enfance; aussi ne trouve-t-on, dans la littérature médicale, qu'un petit nombre de cas se rapportant à pathologie du premier âge.
Myiase cutanée
Dans sa thèse sur les myiases produites par les OEstridés, M'* Petrosvskaïa cite quelques observations concernant les enfants. Kouchef,en 1890, observe un cas de myiase rampante sous-cutanée du dos, produite par une larve de Gastrophilus chez un enfant de trois mois. Boas, de Copenhagueë, observe un cas analogue dans la région temporale droite d’un enfant de trois ans. Ces larves passent très probablement sur l'Homme au moment où il est en contact avec des Chevaux porteurs de ces parasites; elles pénètrent sous la pee el cheminent en produisant un fin sillon rouge, qui Fe le siège d’un prurit intense.
Myiase oculaire
Cette myiase, fréquente en Russie et en Sibérie, à été bien étudiée par Portshinsky; elle est produite par le Rhinæstrus purpureus. La Mouche dépose brusquement dans les yeux un certain nombre de larves, qui produisent une conjonctivite intense.On doit à Kuznetsov trois observations de cette myiase chez des enfants de 6, 8 et9 ans.
Un autre cas de myiase oculaire à OBstride a été observé par Staalberg chez un enfant de trois ans, qui avait dans la chambre antérieure de l'œil droit une larve d'’Hypoderma bovis.
Sonsino dit que les larves de Musca domestica peuvent produire des myiases oculaires; il en à observé des cas chez des enfants atteints de trachôme.
Myiase cavitaire
D'après E. Pinois, en Russie, la myiase cavitaire est fréquente chez les enfants qui restent exposés dans les champs et dans les jardins aux attaques des Mouches. L'otomyiase est une des formes les plus communes. E. Pinois en cite six cas observés par Chimkevitch (1 cas) et Portshinsky (5 cas) chez des enfants de deux à dix ans et dus à la Wolfartia magnifica.
En France, Dequen rapporte une observation d’otomyiase recueillie à Amiens par Hautefeuille. 11 s’agit d’un enfant de quatre mois, laissé dans un état de salelé repoussante et dont le pavillon de l'oreille gauche fut dévoré par ies larves de Mouche. Ces larves ne furent pas déterminées.
LES NÉMATOCÈRES
Psychodidés. — Culicidés
Psychodidés. — Les Phlebotomus sont capables de transmettre la dengue : nous reviendrons sur cette maladie, en traitant les infections à virus invisible et inconnu.
Culicidés. — Ils ne nous intéressent égalemént qu'en tant que vecteurs de maladies infectieuses. Nous avons parlé des Anophélinés en étudiant le Paludisme ; nous nous occuperons des Stegomyia au sujet de la fièvre jaune.
Signalons toutefois le rôle curieux et inattendu que jouent les Moustiques dans la transmission de la myiase à Dermatobia cyaniventris. La larve de cet OEstride, dite Ver macaque, Torcel où Berne suivant son état de développement, produit de petits abcès sous-cutanés, renfermant chacun une seule larve. Ces abcès peuvent se rencontrer à tout âge. Jusqu'à une époque toute récente, on ignorait le
mode de transmission de cette larve. Les recherches de R. Moralès au Guatemala, de Muñez Tovar et de Gonzales Rincones au Venezuela, ont montré que la Dermatobia pond, dans les cavités des troncs d'arbres, des œufs munis d’un pédicule visqueux. Les Moustiques viennent précisément se réfugier dans ces cavités : ils entrent alors en contact avec les œufs, qui se collent sur une partie quelconque de leur corps, mais de préférence sur l’abdomen. La larve éclose reste sur le Moustique, jusqu’au moment où celui-ci va piquer un Homme ou un animal. Elle s'enfonce alors dans la peau et son développement s'effectue sur place.