‹ LES INFECTIONS DU PREMIER AGE THÈSE PRESENTEE POUR LE DOCTORAT EN MÉDECINEChapitre 10 sur 54 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

CONJONCTIVITES

Corjonctivite à Gonocoques. — Vulvo-vaginite des petites filles

Parmi les infections d'origine bactérienne, nous devons mentionner la conjonctivite à Gonocoques, qui serait si fréquente chez le nouveau-né si on ne prenait pas la précaution de faire des instillations de nitrate d'argent. Il est inutile d'insister sur la gravité de ces ophtalmies purulentes des nouveaux-nés; dans les pays non civilisés, cette maladie est une des causes les plus fréquentes de cécité. Le Gonocoque est aussi l'agent qui produit presque toujours la vulvo-vaginite des petites filles; d'après Veillon et Hallé, le Gonocoque est ici en cause dans 25 cas sur 27.

Conjonrctivite « à inclusiors ». — Trachôme. — Conjorctivite phlycténulaire

Bien que l’on ne connaisse pas encore la nature de ces infections, nous avons pensé qu'il y avait intérêt, pour la clarté et la bonne compréhension du sujet, àgrouperensemble toutes les conjonctivites dont nous avons à nous occuper.

Conjonctivite dite « & inclusions ». — Elle est particulière aux nouveaux-nés ; on trouve dans les cellules épithéliales, obtenues par raclage de la conjonctive, des inclusions de nature inconnue qui rentrent dans la calégorie des corps décrits par von Prowazek sous le nom de CAlamydozoaires ; on ne sait encore rien de précis à l'heure actuelle sur la véritable nature de ces corps. Ils ressemblent beaucoup à

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ceux qui ontété décrits dans le trachôme ou conjonctivite granuleuse, qui s'observe aussi chez les tout jeunes enfants.

Trachôme. — Il paraît certain que, dans les régions où se montre le trachôme ou ophtalmie granuleuse, les Mouches prennent une part à la transmission de cette grave affection. En Algérie, en Egypte, on les voit s’accumuler en grand nombre au coin de l'œil des indigènes, qui supportent très bien leur contact ; on conçoit donc qu'elles transmettent le germe de la maladie, en passant d’un individu à l’autre

Conjonctivile phycténulaire. — P. de Font-Réaulx vient de montrer récemment qu'elle est produite uniquement par les piqûres des Poux de tête. L'agent de cette maladie est encore inconnu, mais il est maintenant certain quil est transporté et inoculé par le Pediculus capitis. La meilleure preuve est que les accidents disparaissent lorsqu'on débarrasse l’enfant de ses parasites. Cette maladie s'observe exclusivement dans l'enfance, soit dans 98 pour 100 des cas d’après Truc, Valude et de Font-Réaulx. Elle est rare avant un an et après la puberté. Les adultes qu'elle atteint sont ceux qui sont en contact avec les enfants ou qui vivent en groupement (soldats). C'est surtout une maladie de misère, puisque Truc compte 12 pour 100 de cas chez les pauvres et 3 pour 100 chezles enfants aisés.

Sur [65 cas, de Font-Réaux trouve :

16 cas au-dessous de 3 ans, 131 cas de 3 à 18 ans, 18 cas au-dessus de 18 ans.

Sur ces 165 cas, il constate 142 fois la pédiculose et la tient pour probable dans les 23 autres cas soit 15 pour 100. Au contraire, chez des enfants non atteints de conjonctivite phlycténulaire, ilen trouve 69 pour 100 indemnes de Poux. Les filles, chez lesquelles là pédiculose est plus fréquente et plus difficile à soigner, sont plus atteintes que les garçons.

Cette maladie n'est pas négligeable, car elle laisse souvent derrière elle des opacités de la cornée.

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