INFECTIONS DUES AUX SPOROZOAIRES
Coccidiose
La coccidiose estune maladie très mal connue chez l'Homme et encore moins bien observée chez l'enfant. Il est pourtant probable que celui-ci doit s’infester fréquemment avec des substances alimentaires ou des détritus souillés de spores de Coccidium cuniculi ou de Coccidium hominis, surtout à la campagne où les élevages de Lapins sont souvent très parasités.
On peut rapprocher de la coccidiose les curieuses lésions observées dans les parotides d'enfants de deux à six mois par Lœæwenstein en 1907 et plus récemment, en 1911, par R. Mouchet, dans le foie d'un enfant de huit jours, dont la mort avait été attribuée à une hémorragie consécutive à la chute du cordon.
Le foie est sclérosé, le tissu conjonctif forme des manchons autour des vaisseaux sanguins et des canaux biliaires et il s'insinue entre les rangées de cellules hépatiques. Parmi ces derniers éléments, on trouve d'énormes cellules géantes; enfin, dans les canaux biliaires, on trouve, parmi les cellules épithéliales, de gros éléments, tous semblables comme taille
te
et comme structure, surtout nombreux dans les canaux de calibre moyen et petit.
Dans ces éléments, Mouchet à vu un corps protoplasmique très volumineux, chargé de grosses granulations presque dans toute sa masse, sauf à un pôle qui est généralement plus clair; au centre de l’élémentse trouve une grosse vésicule claire, renfermant une masse volumineuse de couleur foncée et deux ou trois petites masses bien délimitées, de couleur foncée noir. Mouchet pense que ce sont là des cellules épithéliales renfermant un Protozoaire, PEU ôtre à l’état de sporocystes.
L'examen des figures du mémoire de Mouchet nous porte à croire qu'il s'agit probablement de Coccidies. La situation de ces éléments, dans les cellules épithéliales des canaux biliaires, rappelle d’une façon frappante ce qu’on observe dans le foie des Lapins atteints de coccidiose. Ces éléments sont toutefois beaucoup plus grands que ceux du Coccidium cuniculi et font songer aux macrogamètes des Aggregata; on-y retrouve, en eftet, le proteplasme reticulé -et très granuleux, le noyau volumineux, clair et vésiculeux, renfermant un très gros Kkaryosome et une ou deux masses analogues à des centrosomes. Quoi qu'il en soit, il s’agit là d'un parasite très curieux, ayant infesté un enfant dans les premiers jours de sa naissance et ayant causé la mort avec des lésions hépatiques très accentuées. Des organismes analogues ont été trouvés par hasard dans les parotides d'enfants. (est un sujet intéressant et peut-ôtre un nouveau chapitre de Parasitologie humaine.
Paludisme
Dans les pays où règne le paludisme, cette endémie constitue une des grandes infections de l'enfance. Les considérations que nous allons développer s'appliquent surtout aux populations autochtones, que ce soit en Europe (Italie, Grèce, etc.) ou en dehors d'Europe. Les enfants des Européens
fixés aux colonies peuvent être moins frappés, parce qu'ils sont protégés plus ou moins efficacement, tandis que les populations indigènes, quelle qu'en soit la race, sont encore la plupart du temps livrées sans défense aux attaques des Moustiques.
C'est un fait reconnu que, dans les pays tropicaux paludéens, le pourcentage des enfants atteints est énorme et-la mortalité considérable ; c’est ainsi que, d’après Steuber, en Afrique orientale allemande, 50 pour 100 des enfants meurent avant l'âge de quatre ans et presque toujours du paludisme.
Ces chiffres sont trop élevés pour les zones paludéennes des pays tempérés. Cardamatis s’est attaché à étudier en Grèce le paludisme infantile ; de nombreux examens de sang lui ont montré que les nouveau-nés et les nourrissons sont bien moins fréquemment atteints que les adultes. Il en conclut même à l'existence d’une sorte d'immunité pendant les trois premiers mois de la vie et surtout pendant le premier mois. Il a remarqué qu’en somme, pendant la première année, la morbidité est beaucoup plus faible que pendant le reste de l'enfance.
Cardamatis à surtout constaté chez les enfants des formes chroniques du paludisme, probablement parce que le diagnostic est généralement porté tardivement et que le traitement n'est pas assez énergique. On peut trouver aussi des enfants qui sont porteurs de parasites dans leur sang périphérique et ne présentent néanmoins aucun trouble morbide. Chez les petits enfants, Cardamatis à remarqué que l'accès n'est pas typique, en ce sens que les stades de frisson et de sueur manquent généralement; le stade de chaleur peut durer très longtemps et se compliquer d’une diarrhée dont la nature exacte ne peut être diagnostiquée que par l'examen microscopique du sang.
Si la morbidité est loujours énorme sous les tropiques, la mortalité est variable suivant les races ; les Européens sont toujours très sensibles, ainsi que les Hindous et la plupart