‹ LES INFECTIONS DU PREMIER AGE THÈSE PRESENTEE POUR LE DOCTORAT EN MÉDECINEChapitre 17 sur 54 · EL TEN · texte numérisé non relu

EL TEN

est confirmé au microscope par la constatation des parasites.

Tout ce que nous venons de dire s'applique au paludisme acquis par les voies ordinaires, c'est-à-dire par piqûre des Anopheles. Mais, en ce qui concerne l'enfant, il faut tenir compte du paludisme congénital. Nous laisserons de côté les cas d’infestation du fœtus dans l'utérus d’une mère paludéenne : ces cas sont en dehors de notre sujet, puisqu'ils ont trait aux infections fœtales ; de plus, le passage du parasite de la mère au fœtus n’est pas absolument prouvé.

Cardamatis nie l'existence d'un véritable paludisme congénital. Pour lui, le sang du fœtus renferme des anticorps qui s'opposent au développement des Plasmodies; il s'appuie sur ce fait que, chez les mères infestées de paludisme, on trouve beaucoup plus de parasites dans le placenta maternel que dans le placenta fœtal. Dans les vaisseaux du cordon, il n’a jamais trouvé de parasites. Sabella, dans une étude sur le paludisme congénital, émet aussi des doutes sur la possibilité de l’infestation transplacentaire.

Fusco, sur 17 nouveau-nés provenant de mères atteintes plus ou moins gravement de paludisme, n’a jamais pu déceler la présence des parasites. Il n’a pas eu plus de succès en examinant le sang de la rate ou du cerveau des enfants mort-nés, ainsi que le sang du placenta et du cordon ombilical. Il conclut à l'extrême rareté de l'infection par la voie placentaire.

Concetti n’a pas trouvé de parasites dans le placenta fœtal, mais il en a constaté dans le placenta maternel. Il admet que la seule possibilité de transmission du paludisme de la mère à l'enfant est-la production d’un infarctus; l'enfant peut alors être infecté soit pendant la grossesse, soit au moment de l’accouchement.

On possède, au contraire, des observations démontrant d'une façon absolue l'infestation de Penfant au moment de l'accouchement, par suite des déchirures du placenta. Dumollard et Viallet, d'Alger, relatent un cas de transmission de Plasmodium falciparum de la mère à l'enfant. L'observa-

tion de Lemaire, Dumollard et Laffont a trait au Plasmodium malariæ : célle de Tissier et Brumpt constate la transmission du Plasmodium vivaxz (fig. 9).

Fig. 9. — Plasmodium vivax. — 1, sang de l'enfant : schizonte âgé d'environ trente heures dans une hématie hypertrophiée et molle, pourvue de granulations de Schüffner ; 2, sang de l'enfant : globule éclaté : les mérozoïtes mûrs sont mis en liberté, à droite et à gauche, deux hématies normales ; 3, sang maternel : hématie parasitée depuis quelques heures et présentant des granulations de Schüffner ; 4, sang maternel : schizonte âgé de 24 à 46 heures. — Coloration au Pappenheim. D'après Brumpt. >< 1800.

Concetti à vu un enfant de quinze jours qui présentait, ‘dès le lendemain de sa naissance, un accès caractérisé par un stade de frissons avec pâleur de la peau, suivi d'un stade de sueur. Les deux jours suivants, il n’y eut aucun symptôme, puis, le cinquième jour après la naissance, nouvel accès et ainsi de suite à intervalles régu iers. La médication quinique futinstituée dès le huitième jour. aussi l'examen du sang a-l-il toujours été négatif. Le père de l'enfant, qui était médecin, avaitconstaté dans le placenta lexistence de quatre où cinq infarctus hémorragiques.

Le gros intérêt de ces observations n'est pas seulement de montrer la possibilité de la transmission congénitale du paludisme, comme moyen surajouté d'infestation de l'enfant, mais encore de démontrer la pluralité des espèces qui produisent le paludisme ou mieux les paludismes. C'est un argument décisif à opposer aux rares partisans des théories

unicistes, s’il en était encore besoin après les concluantes démonstrations du Professeur R. Blanchard (1).

Pour terminer ce qui concerne le paludisme congénital, notons l'influence fatale du paludisme sur la grossesse. Ce sont plutôt ici le paludisme chronique el la cachexie paludéenne qui sont en cause, produisant des avortements plus ou moins fréquents chez les femmes enceintes. Brumpt en à signalé un exemple très frappant dans le pays somali, où la syphilis est très rare, mais où, dans les régions palustres, les avortements sont fréquents.

(1) R,. Blanchard, Les Mousliques ; histoire naturelle. el médicale. Paris, grand in-8°, 1905.

Pete

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