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puisque, d'une part les formes de cultures sont semblables aux Crüthidia et aux Herpetomonas et que. d'autre part, un Trypanosome, le Trypanosoma Cruzi, prend dans les tissus la forme Leishmania. Nous pouvons donc considérer les Leishmania comme des Flagellés adaptés au parasitisme endocellulaire ; nous ne connaissons pas encore leur forme Trypanosome.
Parmi les Leishmania, le parasite qui cause la leishmaniose infantile est aussi celui dont l’évolution est la mieux connue, toujours grâce aux travaux de Ch. Nicolle et de ses collaborateurs. C’est, en somme, un parasite habituel du Chien, qui peut être transmis accidentellement à lenfant. L'origine canine de cette maladie ne fait plus maintenant aucun doute; en effet, la maladie peut passer expérimentalement du Chien au Singe (Nicolle et M. Conor). ‘D'autre part, la distribution
de la maladie canine est superposable à celle de la maladie humaine et les populations les plus atteintes sont celles qui vivent en promiscuité plus complète avec le Chien.
Il reste à démontrer définitivement comment le parasite passe du Chien à l'Enfant, Il est infiniment probable, d’après Ch. Nicolle, que l'hôte intermédiaire est la Puce, représentée par la Puce de IHomme (Pulex irritans) et la Puce du Chien (Ctenocephalus canis). Les expériences de Basile, Vicentini, Ed. Sergent, qui ont transmis la maladie du Chien au Chien, donnent un appui sérieux à l'hypothèse de Nicolle. Néanmoins, pour avoir une certitude absolue, il faudrait transmettre expérimentalement la maladie au moyen de la Puce du Chien au Singe et de l'Enfant ou du Singe au Chien. L'évolution du parasite dans la Puce est encore inconnue ; ce qui vient compliquer son étude, c'est la présence, chez la Puce du Chien, d'un Herpetomonas récemment décrit par Brumpt sous le nom d’Herpetomonas ctenocephali. C'est, en somme, à la même difficulté que s’est heurté Patton, dans ses recherches sur l’évolution du Leishmania Donovani dans l'Inde, chez Cimex rotundatus, qui renferme, lui aussi, des formes flagellées banales.
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: Quoi qu'’ilen soit, l’origine canine du kala-azar infantile est bien démontrée, mais heureusement la maladie est plus rare chez l'Enfant que chez le Chien. Si on prend comme exemple des régions où 80 pour 100 des Chiens sont infectés, on ne trouve qu’un ou deux cas pour mille chez les enfants. Le Chien est l'hôte le plus fréquent et le plus dangereux, mais le
Fig. 18. — Leishmania infantium. — Frottis de rate de Chien atteint de kala-azar tunisien. On aperçoit deux grands mononucléaires, renfermant l’un 3 parasites, l’autre 2 parasites. D’après une préparation de Langeron. (Original). >< 1000.
Chat peut aussi être infesté spontanément. comme l'ont démontré les frères Sergent, Lombard et Quilichini.
Chez l'Enfant, comme chez le Chien ou le Chat, le parasite ne se rencontre qu'exceptionnellement dans la circulation périphérique ; il est toujours inclus dans les leucocytes. Il est, au contraire, très abondant dans la rate (fig. 18) et dans la
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moëlle osseuse ; il y est toujours localisé dans les grands mononueléaires. Dans le foie, le parasite est beaucoup moins abondant ; il y est localisé dans les cellules endothéliales des capillaires, qui remplissent en quelque sorte le rôle de macrophages. Ces particularités anatomo-pathologiques rendent l'examen microscopique très délicat ; il est nécessaire, pour découvrir les parasites, de ponctionner là rate on de trépaner un os long. Ces opérations peuvent être exécutées sans danger, car il suffit d'une trace de pulpe splénique ou de moëlle osseuse pour exécuter un frottis. Les parasites, quand ils existent. sont toujours très nombreux.
Cette maladie n'est pas seulement une curiosité pathologique pour le médecin des pays tempérés. En effet, elle est signalée en Europe en divers points de l'Italie et de la Russie méridionale ; en Grèce, dans l'Archipel où il est démontré que le ponos des îles de l'Archipel est identique au kala-azar infantile (Mesnil, Harantinos, Michaelidès) ; à Malte, en Espagne et en Portugal. Il est donc probable qu'on en découvrira tôt ou tard l'existence dans le midi de la France. En dehors d'Europe, la leishmaniose infantile existe en Tunisie, en Algérie, dans le nord de la Chine et au Paraguay.
Ce n'est pas ici le lieu de discuter les différences qui existent entre celte maladie et le kala-azar hindou ; notons seulement que ce deruier n’a pas encore pu être transmis expérimentalement au Chien et que la leishmaniose canine spontanée ne paraît pas exister aux Indes, sauf cependant à Ceylan, où Castellani l’aconstatée. Ces divergences suffisent pour permettre de considérer, au, moins provisoirement, la leishmaniose infantile méditerranéenne comme différente: du kala-azar hindou. À d
Ce dernier paraît être jusqu'ici une maladie purement humaine, tandis que, dans le bassin méditerranéen, le Chien parait constituer un réservoir de virus aux dépens duquel l'enfant vient s'infecter. On ne peut pourtant pas encore affirmer que la maladie du Chien et celle de l'enfant soient une seule et mème entité morbide ; il faut attendre pour cela la
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preuve expérimentale dont nous avons indiqué plus haut Îa nécessité.
La protection de l'enfant, dans les régions où sévit cette maladie, ne pourra être assurée qu'en l’éloignant autant que possible du contact des Chiens et des Chats. I faudrait aussi que les propriétaires de ces animaux se résignâssent à les faire examiner et à s'en séparer dès qu'ils sont malades. Il ne faut pourtant pas s'illusionner sur l'efficacité de ces mesures ; même en mettant à part l'ignorance et le mauvais vouloir des propriétaires de Chiens ou de Chats, il faut encore compter, comme le fait remarquer Ch. Nicolle, avec la longue durée de l'infection chez l'animal ; les symptômes sont pendant longtemps et quelquefois toujours imperceptibles. Il arrive donc que le Chien soit guéri, mort ou disparu, lorsque les premiers troubies éclatent chez l'enfant. Pourtant, la prophylaxie de cette maladie a une grande importance, car elle est difficilement curable ; si le pronostic n'est pas aussi fatal qu'on le croyait tout d'abord, cette affection n’en a pas moins une très grande gravité.