‹ LES INFECTIONS DU PREMIER AGE THÈSE PRESENTEE POUR LE DOCTORAT EN MÉDECINEChapitre 5 sur 54 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

LES INFECTIONS BACTÉRIENNES

GÉNÉRALITÉS

Peu d'infections bactériennes sont particulières à l'enfance: la diphtérie, la coqueluche, la méningite à Méningocoques, sont plus fréquentes chez l'enfant, mais se rencontrent aussi chez l'adulte; d’autres infections, telles que la tuberculose, la fièvre typhoïde, l’érysipèle, le tétanos, la pneumonie, etc., sont des maladies de tous les âges et ne présentent pas toujours des caractères particuliers chez l'enfant, du moins en ce qui concerne l’étiologie.

Nous serons obligé de grouper les maladies bactériennes de l'enfance d'après des caractères purement étiologiques ; après avoir établi cette classification, nous nous bornerons à étudier les maladies auxquelles le terrain infantile imprime des caractères particuliers.

Au point de vue étiologique, nous devons distinguer, parmi les maladies bactériennes, celles qui peuvent être congénitales, c’est-à-dire les maladies héréditaires proprement dites, transmises de la mère à l'enfant par la voie placentaire, et celles qui sont transmises par contagiosité après la naissance de l'enfant.

Nous serons amené, en opérant cette classificalion, à dire un mot de la transmission transplacentaire des infections humaines en général, l'un des sujets les plus intéressants de

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la pathologie infantile. Cette question se rapporte cependant beaucoup plus aux infections fœtales qu'à celles de la première enfance.

La réalité du mode de transmission transplacentaire a été démontrée pour le charbon par la méthode expérimentale ; la quantité d'éléments qui traversent le placenta est assez minime pour échapper à l'examen microscopique direct; elle ne peut être décélée que par les inoculations et les cultures. En outre, les travaux de Malvy ont démontré que le passage des Bactéries ne peut avoir lieu que lorsqu'il existe des altérations placentaires.

Chez l'Homme, on a observé des faits de transmission transplacentaire incontestables pour le Streptocoque, dans le cas de septicémie puerpérale. Nous verrons, en étudiant l'érysipèle, qu'il ne paraît pas en être ainsi pour cette maladie, que l’on considère cependant comme causée par le même germe. Le Pneumocoque peut passer aussi à travers le placenta ; il cause généralement l'avortement ou la mort de l'enfant, au bout de quelques heures ou de quelques jours, comme dans un cas observé par Netter. La transmissibilité transplacentaire de la tuberculose est incontestable. Citons aussi, comme susceptibles de se transmettre par voie transplacentaire, la fièvre typhoïde, la morve, le choléra.

La transmission des fièvres éruptives (rougeole, scarlatine) doit être très rare, car on n’en connaît qu'un très petit nombre de cas plus ou moins authentiques ét Roger n’en à jamais observé. De même, on connaît peu de cas de transmission transplacentaire de la rage et du rhumatisme articulaire aigu. Il n’en est pas de même dela variole, qui est une des maladies des mieux étudiées à ce point de vue. Nous aurons l’occasion de passer ces dernières maladies en revue, quand nous traiterons des infections à virus invisible ou inconnu. De même, parmi les infections causées par les Protozoaires, nous étudierons certaines maladies susceptibles de se trausmettre par voie transplacentaire, notamment la fièvre récurrente et le paludisme.

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Il ne faut pas confondre une maladie congénitale à transmission intra-utérine avec une maladie héréditaire. Pour qu'il y ait hérédité proprement dite, il faut qu'il y ait infection de l'ovule par un germe provenant soit de la mère, soit du père par l'intermédiaire du spermatozoïde ; on dit alors quil y à hérédité conceptionnelle. Au contraire, la contagion intra-utérine a lieu par l'intermédiaire de la circulation placentaire, au cours d’une infection généralisée de la mère. Parmi les maladies susceptibles de se transmettre par hérédité, citons notamment la tuberculose. Nous verrons, en étudiant les maladies à Protozoaires, que la syphilis se transmet aussi très souvent par cette même voie.

La plupart du temps, les maladies bactériennes (dysenterie, diarrhée infantile, coqueluche, méningite à Méningocoques, tuberculose, psittacose) sont transmises par contagiosité directe après la naissance. Nous allons passer en revue celles qui sont le plus intéressantes à notre point de vue. Nous laisserons de côté notamment l’étude du charbon, du tétanos, de la staphylococcie, de la morve, du choléra. Ces diverses infections évoluent comme chez l'adulte; leur étiologie ne présente rien de particulier, sauf en ce qui concerne la transmission possible de ces maladies de la mère à l'enfant par la voie transplacentaire.

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