INFECTIONS DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE
Coqueluche
La coqueluche est une maladie infectieuse, contagieuse, très probablement de nature bactérienne. De tous les germes qui ont été décrits, nous ne retiendrons que le Bacille de Bordet et de Gengou (1906). Ce microorganisme existe à l'état de pureté dans les crachats blanchâtres expulsés au début de la maladie. C'est à ce moment qu'il faut le recueillir pour l'isoler, car, un peu plus tard, il est masqué par les Bactéries associées. C'est un Coccobacille ressemblant morphologiquement au Bacille de la peste; il est, comme lui,ovoïde et se colore mieux aux extrémités qu'au centre. Il ne végète pas sur les milieux ordinaires, mais seulement sur ceux qui renferment un liquide organique (gélose-ascite, gélose au sang, milieux divers au sérum).
La spécificité de ce germe paraît démontrée par les propriétés agglutinantes du sérum de coquelucheux guéris et par la netteté de la réaction de fixation avec le sérum des malades. En outre, Bordet et Gengou ont isolé une endotoxine très irritante et très nécrosante, à laquelle ils attribuent les quintes curactéristiques.
La coqueluche est rare avant six mois et après dix ans; elle est surtout fréquente entre deux et cinq ans; c'est une maladie endémique, devenant souvent épidémique, apparaissant en toute saison. Elle s'attaque à toutes les classes de
RAYMOND CAPDEVILA 3
Rires
la société, mais surtout aux enfants pauvres, plus exposés à la contagion, par suite de mauvaises conditions hygiéniques.
La contagiosité est évidente, mais sa nature exacte n’est pas encore très bien précisée. La transmission se fait d'enfant à enfant, mais on discute encore sur le moment où elle a lieu le plus souvent. Si elle se produit pendant la période des fortes quintes, il est certain qu’elle est très fréquente aussi à la période de début, au moment où le germe existe à l’état de pureté dans les expectorations, comme l’ontdemontré Bordet et Gengou.
Un des points les plus intéressants de l’histoire de la coquelushe est qu'une première atteinte confère limmunité. C'est pour cette raison qu'elle est si rare chez les adultes et que les récidives sont peu fréquentes. Nous retrouverons dans d’autres maladies, causées par les parasites animaux, cette immunité acquise dans le jeune âge, à la suite d'une première atteinte.
Dipkhtérie
La diphtérie est une maladie bactérienne et contagieuse, causée par le Bacillus diphtheriæ, plus communément désigné sous le nom de Buacille de Klebs-Lœffler; bien qu'elle se rencontre à tous les âges, elle est surtout fréquente chez l'enfant, notamment entre deux el sept ans. Elle présente ceci de particulier que la pullulation microbienne se produit eu un point localisé, plus souvent au niveau du pharynx ou du larynx. En outre, les Bacilles sécrètent une toxine qui diffuse dans l’organisme tout entier et transforme la maladie locale en une intoxication généralisée et très grave. Au point de pullulation, il y à production d’une fausse membrane caractéristique.
Une première attaque de diphtérie ne confère qu'une immunité passagère; aussi peut-il y avoir des rechutes et des récidives. La plupart du temps, la maladie se propage par contagion ; celle-ci peut être directe, c'est-à-dire se produire
par le contact immédiat avec le malade, ou indirecte, par l'intermédiaire du linge, des ustensiles servant à l'alimentation, etc. Elle peut se produire aussi par la pénétration dans les voies respiratoires de poussières chargées de Bacilles, car ceux-ci sont très résistants et gardent longtemps leur vitalité. |
On observe des diphtéries spontanées, dont l’origine est obscure. On admet alors que les individus atteints sont porteurs, depuis un temps plus ou moins long, de Bacilles qui végètent sur les muqueuses sans manifester de virulence. Sous certaines influences, ces Bacilles deviendraient pathogènes et produiraient la diphtérie. Cette hypothèse repose sur les constatations qui ont été faites en examinant les Bactéries trouvées sur les muqueuses des sujets étudiés : il faut reconnaître qu'en général on n’a constaté que des Bacilles dits pseudo-diphtériques, à forme courte, non virulents, et donnant des cultures atypiques. On ne sait encore rien de certain sur les rapports de ces Bacilles avec les formes virulentes et sur les conditions du passage de l’un à l’autre. Notons aussi que l’on voit certaines familles contracter la diphtérie avec la plus grande facilité et pendant plusieurs générations. Réviliod à insisté tout particulièrement sticertait.
Enfin, il reste à élucider une question très importante, qui est celle des rapports de la diphtérie humaine avec la diphtérie des Oiseaux et celle du Veau. Les opinions sont très partagées à ce sujet ; on soutient généralement qu'il n'y à aucun rapport entre ces diverses maladies, mais sans apporter de preuves bien convaincantes. Il y a, par contre, des cas authentiques d'infection des Oiseaux par le véritable Bacillus diphtherie. C'est ainsi que Thiry a isolé à Nancy, dans un cas de diphtérie oculaire et pharyngée de la Poule, un Bacille présentant les divers caractères considérés comme propres au Bacillus diphtheriæ typique. Ce Bacille avait, dès le début, une virulence notable et son pouvoirtoxigène était si marqué, qu'après trois passages au Cobaye il devenait capable de fournir une toxine
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suffisamment active pour la préparation d'un sérum utilisable préventivement et curativement dans les infections dues à un Bacillus diphteriæ d'origine humaine. Gette très intéressante observation montre que, dans certains cas, les Poules peuvent être de véritables porteuses de Bacilles. Ge fait doit être pris en considération, bien que, malgré la promiscuité habituelle de l'Homme et de la Poule dans les campagnes, les cas de diphtérie d'origine aviaire paraissent exceptionnels.
Pourtant Letourneur, dans son très intéressant travail sur les maladies transmises par les animaux d'appartement, écrit sous l'inspiration du Professeur R. Blanchard, rapporte onze observations qui ont trait à des faits plus ou moins probants de transmission à l'Homme de la diphtérie aviaire. Ilcite un certain nombre de cas où on à observé une coïncidence singulière entre des épidémies de diphtérie aviaire et de diphtérie humaine.
De tous ces faits, il résulte que les Volailles doivent être tenues comme suspectes, surtout lorsqu'elles sont atteintes de pépie ou de catarrhe purulent. Il faut éviter, en général, de laisser les petits enfants Jouer avec les Pigeons et les Poulets, surtout lorsque ces Oiseaux paraissent malades.
Tuberculose
La tuberculose n'est point, à proprement parler, une maladie de l'enfance, mais elle mérite de prendre place dans notre exposé, à cause de la fréquence de la méningite tuberculeuse et de la facilité avec laquelle l'enfant est contaminé. La tuberculose est exceptionnelle au début de existence, pendant les huit premiers mois ; sa fréquence augmente ensuite considérablement: lx méningite tuberculeuse, notamment, est très fréquente de deux à sept ans.
La transmission héréditaire proprement dite, par infection de l’ovule, n’est pas certaine. Baumgarten affirme cependant cette hérédité : ayant fécondé artificiellément une Lapine avec
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du sperme provenant d'un Lapin tubereuleux, il trouva un Bacille dans un ovule. On peut se demander ce que serait devenu cet ovule, s'il avait normalement évolué. Maffucci, en inoculant divers Microbes dañs des œufs de Poule, à vu l'infection n’éclater qu'assez longkemps après l’éclosion. Les partisans de Ja transmission héréditaire de la tuberculose soutiennent que les Bacilles peuvent séjourner longtemps sans amener d'accidents dans les ganglions et la moëlle des os; ils s'appuient sur lesrecherches deLandouzy et Martin, de Birch-Hirschfeld et Schmoll, qui ont montré que, chez des fætus provenant de mères tuberculeuses, les organes sains en apparence contiennent parfoisle Bacille de Koch. (Bacillus tuberculosus). La contagion intra-utérinepar voieplacentaire est incontestable, mais exceptionnelle, et ne se réalisequ'au cours d’une granulie de la mère. Sabouraud cite le cas d’un enfant né dune mère atteinte de granulie et qui succomba onze jours après sa naissance; l’autopsie confirma le diagnostic de tuberculose et démontra la présence du Bacillespécifique dans lefoieetlarate. Armanni,inoculantà des Cobayeslefoieetlarate d'un fœtus provenant d'une mère atteinte de granulie,adonné la tuberculose à ces animaux. Bar et Rénon citent un cas où le sang du cordon contenait le Bacille de Koch. Chauveau, Johne, Malvoz et Brouvier trouvèrent des tubercules et purent déceler la présence de Bacilles, notamment dans le foie de fœtus de Vaches phtisiques. Personnellement, j'ai examiné les fœtus de quinze Cobayes pleines. Sur ces quinze Cobayes, j'enai trouvé trois atteintes de granulie généralisée et pas une seule fois il ne m'a été permis de-constater chez les fœtus des lésions tuberculeuses.
L'immense majorité des cas de contagion se produit après la naissance, soit par les voies respiratoires, soit par la voie digestive. La contagion par les voies respiratoires est réalisée très facilement chez le petit enfant, qui viten contact très intime avec le sol. Il joue à terre, se traîne à terre au milieu des poussières, les remue avec ses jouets, par exemple dans les promenades publiques. On sait qu'un des jeux
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favoris des enfants consiste à faire des pâtés avec un seau et une pelle ; le jeu de la balle, le saut à la corde, le jeu de billes, etc., sont autant de moyens qui favorisent la pénétration des poussières dans les voies respiratoires. Or, les poussières des promenades publiques et celles de tous les lieux où séjournent des tuberculeux renferment des Bacilles provenant des crachats desséchés. |
Une autre cause de contamination se trouve dans les souttelettes liquides projetées dans l'air par les tuberculeux, lorsqu'ils toussent, éternuent ou même simplement lorsqu'ils parlent. Les enfants avec qui on joue et qu'on embrasse volontiers sont particulièrement exposés à être atteints par ces projections virulentes.
Les poussières et les gouttelettes ainsi ingérées sont le point de départ d’une infection qui peut débuter par le rhino-pharynx, mais plus fréquemment encore au niveau des bronches. La tuberculose larvée des amygdales palatines et pharyngées est bien connue depuis longtemps, mais beaucoup d'auteurs nient encore qu’elle soit primitive. Quoi qu'il en soit, cette localisation peut devenir le point de départ de lésions généralisées, par pénétration des Bacilles à ce niveau duns les voies Iymphatiques. [Il semble que la tuberculose bronchique, spéciale à l'enfance, soit beaucoup plus fréquente ; elle est le point de départ de la tuberculose ganglionnaire trachéo-bronchique, qui l'accompagne toujours. C’est ce que démontrent les autopsies, dans lesquelles on trouve le tubercule pulmonaire isolé, accompagné du tubercule ganglionnaire trachéobronchique correspondant.
La contamination des voies digestives peut être produite soit par la déglutition des poussières bacillifères, soit par l’ingestion d'aliments contaminés. Ces derniers sont surtout le lait et la viande.
De nombreux travaux ont été faits sur la transmission de la tuberculose par le lait des Vaches contaminées. Gerlach, qui le premier s’est occupé de la question, à montré la possibilité de cette transmission de la tuberculose par le lait.