‹ Les infections du tronc cérébral: à virus neurotrope indéterminéChapitre 8 sur 40 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

En 1917, lors de la grande épidémie d’encéphalite qui s’abattit sur l’Europe, Cruchet, Moutier et Calmettes décrivent l’encéphalomyélite diffuse, terme dont la large compréhension répondait aux multiples sympiômes que déjà on pouvait observer.

Von Economo, à la même époque, publie onze cas qu'il réunit sous le nom d’encéphalite léthargique avec le trépied : somnolence, paralysies oculaires, fièvre.

Depuis, l’attention des neurologues ne cessa d’être attirée sur cette maladie qui, d’ailleurs, n’était pas nouvelle, mais dans l'historique plus approfondi de laquelle nous n’avons pas à entrer ici. Pendant la période immédiate d’après-guerre, les observations se multiplièrent : descriptions cliniques de la phase aiguë, étude anatomique montrant l’atteinte prédominante du mésocéphale ; enfin, après un certain recul, observations de formes chroniques de l’affection. Dès cette époque, on fit des recherches expérimentales qui n’ont, hélas ! pas encore levé notre incertitude sur la nature exacte du virus.

Le polymorphisme des symptômes vint provoquer la diversité de la terminologie, ce qui n’était pas fait pour faciliter l’étude. A celle-ci, se livrèrent, en Fran-

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ce, de auteurs comme Achard, Netter, Froment, Sainton, Lhermitte, P. Marie, Harvier, Levaditi.

Mais, dès le début, apparurent des formes non classiques de l’encéphalite et, en 1918, Cruchet et ses élèves isolèrent « une forme bulbo-protubérantielle avec lésions nucléaires variées, portant sur le trijumeau, le facial et le vago-spinal ».

Azoulay, en 1920, parla des formes bulbo-myélitiques. Barré et Reys, en 1921, décrivent une forme labyrinthique de la maladie.

Bériel!, dans une série de belles études, montra la diffusion anatomique et clinique du processus et insista sur les formes basses médullaires. Un peu plus tard, avec Devic, il individualise les formes dites périphériques.

Coppérie, en 1922, fait sa thèse à Bordeaux, sur les formes bulbaires de l'affection.

CI. Vincent et Darquier, publient en 1924, des cas de syndromes protubérantiels d’origine encéphalitique.

Rathery et Kourilsky, puis Labougle, la même année, signalent un syndrome bulbo-protubérantiel de même nature.

Hauttement. en 1925, apporte un cas nouveau de syndrome protubérantiel.

Le thèse de Puche, en 1927, est une étude approfondie des syndromes alternes dans l’encéphalite épidémique.

Ley et Ludo van Bogaert, en 1928, étudient à leur tour, les formes basses de la maladie et leur diagnoslie avec certaines encéphalo-myélites.

Enfin, il faut citer la thèse de Magnard, en 1934, à Lyon, sur les manifestations pharyngo-laryngées et l’article de Roger et Raybaud, en 1935, sur les formes hémiplégiques de l’encéphalite.

L’épidémie de 1917 s'éteint éteinte depuis longtemps ei on ne publia plus que des cas sporadiques, à symptomatologie parfois plus riche, faisant présumer une atteinte plus étendue. On parla de polioencéphalites et de polioencéphalomyélites. Nous étions loin des formes purement mésocéphaliques..

Et alors se posa la question pathogénique. S’agissait-il du même virus ? Quel était le rapport avec d’autres affections nerveuses bien individualisées, cliniquement, mais dont l’agent est aussi encore inconnu ?

C’est un problème que nous discuterons sans d’ailleurs arriver à des conclusions fermes.

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