INOCULATION EXPÉRIMENTALE
Le bacille pyocyanique est pathogène pour les animaux de laboratoire : lapin, cobaye, rat, souris, pigeon.
Lapin. — L'inoculation sous-cutanée même provoque des accidents généraux. La maladie pyocyanique peut évoluer sous trois formes principales : suraiguë, aiguë où chronique suivant les conditions qui déterminent d’une façon générale la gravité et la rapidité des infections, c’est-à-dire : provenance du virus, dose de culture, âge et résistance individuelle de l’animal.
Dans les formes rapides, l'animal perd l'appétit, parait abattu, somnolent. Il peut avoir de la fièvre, de la diarrhée, de l’albuminurie, Il maigrit et devient cachectique : ou bien il meurt avec des convulsions, ou bien encore il présente des paralysies très particulières. Ces troubles moteurs apparaissent après un ou deux mois ; localisés à l’un des membres postérieurs ou aux deux, ils s’étendent, se généralisent et entrainent la mort. Cette paralysie disparait par l’anesthésie chloroformique : elle ne s'accompagne pas d'atrophie musculaire.
Le bacille se retrouve à l’autopsie dans le sang, l'urine, les matières diarrhéiques.
Cobaye. — L'inoculation sous-cutanée provoque une tuméfaction suivie d'ulcération rougeâtre, quand la dose est faible. Avec une dose élevée l'infection se généralise et amène la mort.
LES INFECTIONS PYOCYANIQUES où
On tue à peu près sûrement Le cobaye par l’inoculation intrapéritonéale de quantité faible de culture.
Le bacille se retrouve dans les humeurs, et en particulier dans le sang du cœur. |
On peut reproduire par l'inoculation de doses convenables de bouillon de cultures, débarrassées des microbes par la chaleur ou la filtration, les principaux symptômes de la maladie pyocyanique. La bacille agit done par ses produits solubles.
Produits solubles.
Un bouillon de culture filtré sur bougie donne un liquide qu'on appelle la toxine pyocyanique. MM. Arnaud et Cbharrin ont divisé les substances contenues dans ce liquide en trois groupes :
Par distillation on obtient d'abord des produits qui paralysent le centre dilatateur et resserrent les vaisseaux.
Par l'alcool on précipite les produits du 2° groupe, qui sont altérés par la chaleur et ne dialysent pas. Ils délerminent, chez l'animal, la diarrhée, la fièvre, l’albuminurie, les hémorrhagies.
Les produits du 3° groupe, dialysables, solubles dans l'alcool, ont une action élective sur le système nerveux : ils provoquent
des convulsions.