Le pigment rouge-brun à l’exclusion des autres pigments
Le premier cas est le plus fréquent, ainsi que l’a constaté M. Edw. O. Jordan. Le bacille exclusivement pyocyanogène, trouvé par Gessard dans ses premières recherches, par M. Jordan, est assez commun, d’après F. P. Gorham dans le nez et la gorge à côté du bacille à deux pigments. Ce germe donne dans le bouillon peptoné une teinte bleue ou verte sans éclat, qui devient brun-rouge en vieillissant.
Le bacille mélanogène, comme depuis 1897, a été retiré du corps de l’homme. Ce germe, dans le bouillon simple, se développe en donnant l’un des deux autres pigments, ou les deux, ou bien aucune couleur. Dans la solution de peptone, il donne d’abord un pigment vert-bleu, puis apparait en haut une teinte brune qui gagne le fond. Il liquéfie la solution de gélatine à 10 0/0 sans pigment. Il transforme la pomme de terre en « bloc de cirage ». Le blanc d’œuf coagulé devient bleu, puis brunnoir. L'œuf dur entièrement noir répand une odeur valérianique.
Est-il possible de rendre au bacille pyocyanique les propriétés qu’on lui a enlevées, — ou qu’il n’a jamais eues, — d'exalter celles qu'il possède ?
M. Edwin O. Jordan, dans une étude approfondie des pigments, n'a pu donner le pouvoir chromogène à des germes qui en étaient dépourvus. [Il n’a pas mieux réussi pour la fluorescence. |
M. Gessard a essayé d’exalter la fluorescence d’un germe pyofluorescent, en le cultivant en série sur l’a!bumine d'œuf. Au bout d'un an, ce germe, reporté en bouillon, ne donnait que de la pyocyanine.
LES INFECIIONS PYOCYANIQUES 35
Ce qui nous intéresse surtout, c'est d'observer le pigment spécifique et de l'obtenir rapidement. Nous verrons quelle est la meilleure méthode.
Sécrétions du bacille pyocyanique.
Pour en finir avec la biologie du bacille pyocyanique, nous énumérons les produits formés dans les milieux nutritifs : sécrétions nécessaires à l’attaque des aliments, déchets de la vie, substances solubles.
Sécrétions. — Le bacille pyocyanique sécrète de la présure qui précipite la caséine du lait, de la caséase qui dissout la caséine, de la trvpsine pour attaquer les substances albuminoïdes.
Produits de désassimilation. — La désintégration des albuminoïdes est mal connue. MM. Charrin et Desgrez ont observé qu'il se forme, dans les bouillons, une substance mucinoïde analogue à la mucine animale ou végétale.
Signalons encore le production d'hydrogène et d'hydrogène sulfuré qui sont réducteurs, de mercaptan de méthyle, un peu d'alcool, des acides butyrique, acétique, de l'acide carbonique, du scatol.
Emmerich et Lœrr ont attribué à un ferment bactériolytique, la pyocyanase, la propriété de détruire les corps microbiens, tels que le bacille de la diphtérie, de la fièvre typhoïde et du choléra.
Les cultures développent une odeur assez caractéristique, qui rappelle celle de l’aubépine ou de la coumarine : elle peut être masquée par une odeur fécaloïde plus ou moins prononcée, Cette odeur permet de soupçonner la présence du bacille pyocyanique dans des cultures impures et non colorées. Les cultures récentes sur carotte dégagent une odeur de fraise qui estremplacée dans les cultures âgées par une odeur fécaloïde.
Produits solubles, — Nous les étudierons après les résultats
de l'inoculation.