‹ Les Infections PyocyaniquesChapitre 15 sur 34 · Sarcines : rosea · texte numérisé non relu

Sarcines : rosea

superba persicina alba flava

7-14. Sarcines : lutea aurantiaca aurescens spécifiées d'après la table de Grüber (die Arten der Gattung Sarcina). Toutes isolées des eaux.

15. Bacillus prodigiosus. Trouvé dans une eau de puits (Bessésur-Brave). Cette espèce ne passe pas pour pathogène. Cependant ce bacille a été trouvé virulent, et, après 18 mois de conservation, il tue le cobaye à la dose de 1 ce. 25 pour 100 gr. dans le péritoine : le bacille se trouve en abondance dans le sang du cœur. Caractères de culture classiques.

16. Pneumo-bacille. Retiré des eaux de Saint-Philbert du Peuple, analysées pendant une épidémie de dysenterie. Il existait dans les eaux de 10 puits sur 14 examinés. Il tuait le cobaye en quelques heures par inoculation dans le péritoine à la dose de 0 gr. 30 pour 100 gr., avec des phénomènes convulsifs, sans généralisation. À dose moins élevée (0 gr. 10 pour 100 gr.), ilse trouvait dans le sang du cœur. Actuellement il tue le cobaye avec généralisation à la dose de 0 gr. 30 pour 100 gr.

C’est un bacille court et trapu, encapsulé, donnant sur les milieux usuels des cultures blanches, abondantes, très visqueuses, coulantes, dégageant des gaz dans la gélatine, coagulant lentement le lait, produisant une fermentation active des sucres, donnant beaucoup d'acide, pas d’indol. En raison de ces caractères, iia été identifié au pneumo-bacille.

17. Proteus vulgaris, provenant de l’Institut Pasteur. Tue le cobaye à la dose de 2 cc. dans le péritoine.

D'autre part nous avons déterminé la virulence des échantillons de bacille pyocyanique, et choisi 3 types l'un dépourvu de toute virulence, le 2° tuant le cobaye en injection péritonéale à la dose de 0 gr. 30 pour 100 gr., le 3e tuant le cobaye à la dose de 0 gr. 0025 pour 100 gr.

Disons de suite que les expériences entreprises en faisant ingérer des cultures à des lapins ne nous ayant donné aucune satisfaction, nous avons dû nous borner à faire des inoculations intrapéritonéales au cobaye, Cette manière de faire n'est éviden)-

ment pas aussi démonstrative : elle est sujette à la critique qu’elle ne reproduit pas l'infection gastro-intestinale. Mais d'autre part elle rentre dans la méthode générale préconisée par M. le Professeur Pouchet pour la recherche des associations dangereuses.

Nous désignerons les bacilles pyocyaniques par les lettres

AUB:CS

A. Bacille pyocyanique non virulent B. — de virulence moyenne C. — de grande virulence.

Expériences XXAIV XXAIX

6 cobayes sont inoculés dans le péritoine avec un mélange de cultures âgées de 8 jours de colibacille L et de bacille A. Ils reçoivent tous une dose de 1cc. culture À et respectivement 1/6, 1/5, 1/#.. 1/3, 1/2, 1cc. de culture colibacille

Les 2 cobayes qui ont reçu 1/2et 1ec.de coli bacillesont morts. Le bacille pyocyanique et le colibacille ont été retrouvés dans le sang du cœur.

Fait remarquable le bacille pyocyanique À. avait perdu toute virulence eten même temps l'aptitude à sécréter fe pigment bleu. Les cultures du sang ont donné un bacille ayant tous ses caractères biologiques. Il a retrouvé sa virulence. Inoculé seul, à la dose de Ice. dans le péritoine d'un cobaye de 380 gr., il le tue en 48 heures.

Expériences XL, XLI, XLIT

L'inoculation du bacille B à la dose de O gr. 20 pour 100gr. mélangé au colibaeille IE à la dose de 1/3, 1/2, Tec. tue les 3 cobayes. Le bacille pyocyanique se retrouve seul dans le sang du cœur.

Expérience XLIII

L'inoculation du bacille C à ia dose de 0 gr. 0015 pour 100 gr. avec

1/2cc. de culture de colibacille IT tue le cobaye. Le bacille pyocyanique se retrouve seul dans le sang du cœur.

Expériences XLIV, XLV, XLVI

3 cobayes sont inoculés. avec un mélange de cultures âgées de 5 jours de bacille typhique et de bacille pyocyanique BIls reçoivent tous 0 gr, 20

se 7

LES INFECTIONS PYOCYANIQUES 55 pour 100 gr. de culture de bacille pyocyanique et respectivement 1/4, 1/2, Ice. de culture de bacille typhique Les 3 cobayes meurent. On retrouve dans le sang du cœur le bacille pyocyanique.

Expériences XLVII, XLVII

Même expérience en abaissant la dose de culture B à 0,15 et 0,10 pour 100 gr., la dose de culture de bacille typhique étant de 1/2 ce. pour le 1, de Lee. pour le 2°. Mort des cobayes Bacille pyocyanique dans le sang ducœur.

Nous ne rapportons que les expériences principales, laissant de côté les tâätonnements nécessaires pour arriver à ces résultats. Ces expériences montrent clairement que l'association du colibacille et du bacille typhique au bacille pyocyanique, à des doses non mortelles, renforce sa virulence. Remarquons que, dans la plupart des cas, le microbe associé ne se trouve pas dans

le sang du cœur.

Expérience XLIN

Inoculation dans le péritoine d’un cobaye de 230 gr., de cc. d’un mélange à parties égales de cultures en bouillon des sarcines : lutea, aurantiaca, aurescens, et de culture du bacille pyocyanique B à 0 gr. 20 pour 100 gr. Morten 40 heures. Bacille pyocyanique dansle sang. Les sareines ne se trouvent ni dans le sang ni dans le péritoine.

Expérience L Mème expérience sur un cobaye de 280 gr. avec les sarcines : persicina, alba, flava. Mêmes résultats.

Expérience LI Même expérience sur un cobaye de 325 gr. avec les sarcines : rosca, superba. Mèmes résultats.

Expérience LIT

: © . É qe à MU US Inoculation à un cobaye de 200 gr. de 0 gr. #0de culture B de » jours

et de l ce 5 de culture de B mesentericus vulgatus et ruber mélangés.

Mort après 36 heures. Bacille pyocyanique dans le sang. Les bacilles mesentericus ne se retrouvent pas.

Expérience LIIT

Cobaye de 275 gr Il reçoit dans le péritoine 0 gr. 50 de culture B et 1 ce. de streptocoque St-Philbert Mort en 40 heures. Bacille dans le ‘sang. Le streptocoque ne se trouve pas. :

Un cobaye témoin de 280 gr. ayant reçu la même dose bacille pyoeyanique survit.

Expérience LIV

Inoculation dans le péritoine d’un cobaye de 380 gr. de 0 gr. 75 de culture B et de ce, d’une émulsion dans du bouillon de bacillus prodigiosus cultivé sur gélose. Le cobaye est trouvé mort le lendemain matin : le liquide péritonéal est très épais, filant. En bouillon peptoné, il donne à la fois le bacille pyocyanique et le bacillus prodigiosus, qui se développe dans le fond du tube et dans le voile.

Dans le sang du cœur, on ne trouve que le bacillus prodigiosus.

Expérience LV

Inoculation dans le péritoine du cobaye d'une culture totale d’une eau conservée 5 mois à la température du laboratoire, renfermant du bacille pyocyaniqueet du bacillus prodigiosus. La culture totale est restée incolore, Dose habituelle, 1 gr. 20 pour un cobaye de 430 gr. Mort en 2% heures. Bacillus prodigiosus seul dans le sang du cœur.

Expérience LVI

Inoculation dans le péritoine d’un cobaye de 375 gr. d’un mélange de cultures de pneumobacille et de pyocyanique à la dose de 0 gr. 75.

Morten 24 heures Le pneumo-bacille se trouve seul eten abondance dans les cultures du sang du cœur.

Expérience LVII

Même expérience sur un cobaye de #10 gr. La dose de pneumo-bacille est diminuée de moitié. Mort en 24 heures, Le pneumo-bacillése retrouve encore seul dans le sang du cœur.

©Oc

Expériences LVIIT, LIX, LX

Inoculation à 3 cobayes dans le péritoine de mélanges de cultures en bouillon de pyocyanique et de proteus. Doses : pour le pyocyanique B, 0 gr. 20 pour 100 gr. ; pour le proteus, 0 gr. 20, 0 gr. 15, 0 gr. 10. Mort des cobayes. On retrouve dans le sang du cœurle proteus et le pyocyanique.

On peut tirer de ces expériences les conclusions suivantes : En général l'association de bactéries, pathogènes ou inoffensives par elles-mêmes, a pour effet de renforcer la virulence du bacille pyocyanique qui se généralise seul, ou bien se retrouve dans le sang en compagnie des autres microbes.

Dans deux séries, le bacille pyocyanique a paru aider des bactéries atténuées, mais précédemment trouvées pathogènes.

G. — Résultats.

Nous avons isolé des eaux une trentaine d'échantillons de bacilles pyocvaniques. Nous en avons conservé 17, recueillis depuis 1899.

Dans 10 cas, l’analyse fut provoquée par l’éclosion de petites épidémies, évoluant chez des personnes faisant usage de l’eau d’un puits déterminé. Ces maladies, dénommées fièvres typhoïdes, manquèrent presque toujours du contrôle du séro-diagnostic. Le plus souvent aussi l'analyse ne fut faite qu'après la fin de l’épidémie. Le bacille pyocyanique s’est presque toujours trouvé associé au colibacille et au proteus. La composition chimique de l'eau plaidait dans le même sens que l'analyse bactériologique contre la valeur de ces eaux. Dans un cas l'analyse fut faite pour une épidémie d’entérite qui avait sévi dans une école. Dans les autres cas, il s’agissait de rechercher la valeur des eaux proposées pour la consommation publique.

Nous donnons ci-dessous nos analyses les plus intéressantes. Nous empruntons d'abord au mémoire de M. Bonjean quelquespnes des analyses du laboratoire du Comité consultatif d'hy-

58 LES INFECTIONS PYOCYANIQUES giène publique et nous ajoutons la liste des recherches récentes qu'il a bien voulu nous communiquer.

Analyses du laboratoire du Comité consultatif

d'hygiène publique

Asile départemental d’aliénés de F... (Meuse).

Résultats des analyses de l’eau de la source Mourot (février 1897)

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