OBSERVATION II
(Hôtel-Dieu) Seplicémie entérococcique
Femme F..., vingt-sept ans. Antécédents nuls.
À son entrée à l'Hôtel-Dieu, le 7 mai 1904, la malade nous raconte qu'il y a trois semaines elle a été prise subitement de frissons violents accompagnés d’anorexie et de courbature généralisée.
La céphalée est intense et la malade a des vomissements pendant quatre jours. Elle tousse un peu. Les selles sont fréquentes et légèrement diarrhéiques. Insomnie continuelle.
Le jour de son entrée, langue saburrale, desséchée, dents fuligineuses, abdomen météorisé, peu douloureux à la palpation sauf dans la région épigastrique, foie débordant les fausses côtes, rate perceptible sur quatre travers de doigt, pas de taches rosées, six à huit selles par jour, toujours diarrhéiques.
On ‘note quelques râles de bronchite diffuse dans les deux poumons, légère congestion à la base droite, 36 respirations par minute ; tachycardie, 136 pulsations par minute, pas de souffle.
Urines légèrement albumineuses, température 38°9 le matin, 3807 le soir. Etat stationnaire les jours suivants.
Insomnie, céphalée, deux vomissements.
, LI mai. — Légère défervescence, la température descend à 38 degrés.
La diarrhée diminue.
he 0 siens
1h mai, — La température est à 37 degrés les différents symptômes s’amendent rapidement.
Après une légère poussée de fièvre le 16 au soir la malade
entre définitinement en convalescence.
Examen bactériologique. — Hémoculture le 9 mai : 10 centimètres cuhes de sang défibriné sontensemencés sur 4oo centimètres cubes de bouillon. Le surlendemain on constate à l’exa-
men direct un coccus qui, repiqué sur les différents milieux de
laboratoire, donne les caractères de l’entérocoque.
OBSERVATION III (Hôtel-Dieu)
Septicémie enlérococcique Ù è
Jeanne R..., vingt ans, entrée le 26 juin 1904, à l'Hôtel - Dieu.
RERPNE 29 DRE
Anlécédents personnels. — Nuls.
Les phénomènes morbides ont débuté brusquement le 25 juin par une céphalée intense avec courbature.
Le même jour inappétence et vomissements alimentaires. Pas de diarrhée. Sommeil entrecoupé de cauchemars.
À son entrée le 26 juin, la langue est blanche au centre avec bords rouges, peu saburrale.
Le ventre légèrement météorisé n’est pas douloureux à la pression. Pas de taches rosées à la surface du tégument. Le foie déborde un peu les fausses côtes. La rate est perceptible à la percussion le long de la ligne axillaire sur une longueur de 6 centimètres. Pas de gargouillement iléo-cæcal. L'appareil pulmonaire ne présente rien d’anormal. Au cœur le premier bruit est prolongé sans souffle.
Il y a 92 pulsations à la minute.
Les urines ne présentent pas d’albumine. En somme état infectieux sans aspect typhique.
Les jours suivants la céphalée s’accuse d'avantage, la température oscille autour de 39°5, vomissements alimentaires, selles diarrhéiques. Le foie déborde les fausses côtes et est douloureux à la pression. :
Pas de taches rosées.
Cependant l'état de la malade n’inspire pas de graves inquiétudes ; il n’y a pas trace de prostration.
Trois semaines après son entrée, la diarrhée est complètement disparue, les symptômes généraux s'améliorent. Cependant la température ne cède pas et présente au contraire de grandes oscillations.
29 juillet. — La température est à 37 degrés. Est-ce la : période de convalescence qui va commencer, l’état général est
bon, le foie et la rate toujours volumineux.