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OBSERVATION

(Hôtel-Dieu) Septicémie méningococcique

5... Charles, âgé de dix-sept ans, entre le 28 avril 1906 à l’'Hôtel-Dieu.

Antécédents nuls.

Dans la nuit du 18 au 19 avril, le malade est pris brusquement d’un grand frisson suivi de sueurs abondantes. Le matin, il veut malgré tout se rendre à son travail et cherche à se lever. Il eut un nouveau frisson qui le força à garder le lit. I absorbe une tasse de lait et la rejette presque immédiatement. Dans la journée et les jours suivants les vomissements ne le quittèrent plus, la constipation devint opiniâtre et le malade resta trois jours sans aller à la selle.

Insomnie et cauchemars. Céphalée localisée principalement dans la région frontale.

La rachialgie d’abord cantonnée à la région lombaire

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remonte bientôt jusqu'à la nuque et le malade fut dans l'impossibilité de remuer la tête.

Ce n'est que le dixième jour que le malade entre à l'Hôtel- Dieu, Le matin même, il a eu une légère épistaxis.

Le malade est abattu, la respiration haletante. On remarque autour de la bouche quelques vésicules d’herpès.

Raïdeur de la nuque et signe de Kernig.

Langue saburrale, anorexie légère, les vomissements sont moins fréquents, la constipation moins opiniâtre, le ventre légèrement déprimé n’est pas douloureux, pas de taches rosées, le foie et la rate ne sont pas augmentés de volume. Le malade ne

tousse pas, un peu de dyspnée, le pouls est bien frappé, à 80.

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Les urines qui étaient rares et très colorées au début de la maladie sont devenues plus abondantes et moins foncées. Elles ne renferment pas d’albumine.

Au bout de quelques jours la céphalée diminue progressive-

ment et bientôt il ne reste plus qu'une certaine lourdeur de tête. De même les douleurs lombaires disparaissent peu à peu, la nuque seule demeure douloureuse, cependant les mouvements de latéralité du cou se font plus facilement.

Le signe de Kernig persiste toujours très net ; le 18 mai la température est au-dessous de 37 degrés et le malade entre définitivement en convalescence.

Examen bactériologique. — Fait le 50 avril :

1° Ponction lombaire ; liquide céphalo-rachidien légèrement trouble. Polynucléaires abondants, rares mononucléaires. Diplocoques auréolés ou non, intra ou extra-cellülaires ne gardant pas le Gram. En culture le liquide céphalo-rachidien donne naissance au méningocoque de Weichselbaum.

20 Hémoculture. Le même jour on prélève aseptiquement 20 centimètres cubes de sang qu’on ensemence après défibrination en bouillon et bouillon sérum à raison de 20 à 80 gouttes pour 100 centimètres cubes de milieu.

Sur les ballons de bouillon sérum se développe en quarante-. huit heures une culture pure d'un microcoque ne prenant pas le Gram et que des cultures ultérieures permettent d'identifier

avec le méningocoque de Weichselbaum.

Depuis deux ans, nous avons observé tant à l'Hôtel- Dieu qu’à l'hôpital militaire de Rennes 8 cas de méningite cérébro-spinale et 4 fois sur 5 hémocultures pratiquées, le méningocoque de Weïichselbaum a été isolé du sang. La récente statistique d’Elser donne dix cas positifs sur 41 hémocultures. Cette moyenne tablant sur un assez grand nombre de cas est significative.

Aussi nous croyons volontiers que le petit nombre des septicémies méningococciques signalées tient moins à la rareté de l'infection sanguine au cours des localisations méningées qu'à un défaut de recherches systématiques.

Existe-t-il pendant l’évolution de la maladie un moment plus favorable à l'ensemencement du sang?

Des hémocultures posilives ont été signalées à toutes les périodes de l'infection.

La méningococcie généralisée peut exister seule, plus ou moins longtemps, avant toute localisation méningée appréciable.

(Observations de Salomon, Martini et Rohde, obs. LXXIX de Lenhartz). |

Martini et Rohde recommandent comme un bon moyen de diagnostic dans les cas douteux d’examiner et d’ensemencer le sang des malades alors même que leur température ne dépasse pas 3705.

Dans le deuxième cas de Follet et Sacquépée, l’'hémoculture a été faite le quatrième et le dixième jour ; le onzième jour dans notre observation et le vingtième jour dans celle de Warfield et Walker.

Nous devons par contre signaler l'importance du milieu de culture; le méningocoque en effet ne pousse bien que sur bouillon sérum, agar-sang, sérum de bœuf solidifié, sérum-ascite.

Nous n'avons jamais obtenu de culture sur bouil-

lon ordinaire, !

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