CHAPITRE IV
Infections Méningococciques
Les observations dans lesquelles le méningocoque a été rencontré dans le sang pendant la vie sont encore rares.
MM. Follet et Sacquépée, dans une récente communication à la Presse Médicale, n’en ont relevé que sept cas : ceux de Gwynn, Salomon, Achard et Grenet, Warfieldet Walker, consignés dans la thèse de Lemierre, les plus récentes observations de Martine et Rohde, de Schootmüller, de Lenhartz, de Follet et Sacquépée ; d’autres faits ont été signalés par Curtius, Jacobitz, Müller.
Martini et Rohde voient un marin de Wilhemshaven qui est pris brusquement, le 28 juin 1905, de frissons, céphalée, rachialgie, vertige, fièvre, température 39 degrés.
Le 29 apparaît une éruption qui devient rapidement purpurique. Pas de raideur de la nuque.
L'hémoculture faitele 29 est positive et donne du
méningocoque,
Le 30 apparaissent les signes de méningite qui est vérifiée ultérieurement par la ponction lombaire. Nouvelle hémoculture positive le 1° juillet. Le malade guérit,
Schootmüller rencontre également le méningocoque pendant la vie dans le sang d’un malade atteint d'endocardite infectieuse, mais qui ne présentait pas de signes de méningite.
Lenhartz (obs. LXXX) constate la septicémie sur le vivant : Association strepto-méningococcique chez une enfant méningitique.
Follet et Sacquépée rapportent deux observations : Le premier cas a trait à une méningite cérébro-spi- nale qui a évolué en soixante-dix jours chez un garcon de seize ans et se termine par la guérison.
Trois ponctions lombaires donnèrent un liquide trouble avec globules blancs, mais on ne put déceler de microbes à l'examen direct ni dans les ensemencements.
L’hémoculture donne au contraire un méningocoque à l’état de pureté.
Dans le deuxième cas on a affaire à un syndrome méningé type chez un homme de quarante ans. La ponction lombaire et l’hémoculture pratiquées le jour de l'entrée du malade, quatre jours après le début de la maladie, donnent du méningocoque. Mort au huitième jour,
Elser, dans une récente épidémie de méningite cérébro-spinale à New-York, pratiqua l'hémoculture dans 41 Cas, 10 fois il trouva le méningocoque.
be
MM. Sacquépée et Follet signalent également un certain nombre d'observations rencontrées dans la littérature médicale et qu’ils considèrent comme des septicémies, malgré l’absence d’hémoculturé, étant données les localisations secondaires du méningocoque.
Telle observation LXXIX de Lenhartz.
« Un enfant présente après quelques jours de « phénomènes généraux assez graves une arthrite « dela main ; dans le pus articulaire, on trouve le « méningocoque. Quatre jours après l'intervention « chirurgicale, une ponction lombaire démontre « qu'il n'y a pas de méningite. C’est seulement dans «les ponctions ultérieures, rendues nécessaires par « l’évolution clinique, qu’apparaissent les réactions « méningées caractéristiques.
« Chez d’autres malades atteints de méningite « cérébro-spinale vérifiée par la ponction lombaire, « le méningocoque est isolé d’une arthrite tibio-tar- « sienne (Von Frenz), d'une arthrite de la main, du « genou, dans l’exsudat péricardique chez plusieurs «malades différents (Schootmüller, Bettencourt et «França, obs. LXX VIII de Lenhartz), D'autre part, « Gradwohl rapporte le fait suivant:
«Une mère entre à l'hôpital, enceinte d’un enfant « mort ; elle-même succombe après son admission : « à l'autopsie, ontrouva le méningocoque dans le « pus d’une otite suppurée chez la mère, dans les « méninges de la mère et de l'enfant. Dans ces dilfé- « rentes observations, il n’est guère possible de ne
be
« pas attribuer à une septicémie, si fugace soit-elle, la «localisation du méningocoque sur les articulations, « sur le péricarde, ou sur passage dans l’organisme « fœtal. »
L'observation que nous rapportons est celle d’un jeune homme de dix-sept ans, dans laquelle le méningocoque de Weichselbaum a été rencontré à l’examen direct et dans les cultures du liquide céphalorachidien ainsi que dans l’ensemencement du sang.