TECHNIQUE
Nos expériences ont porté sur des rats blancs, des cobayes et des lapins.
La ponction du cœur a été généralement faite à l'aide de seringues de 2 cc. stérilisées à 120 degrés pendant vingt minutes. Toutefois comme il est nécessaire d'avoir une instrumentation irréprochable, des pistons faisant parfaitement le vide, malgré les attaquesrépétées de la stérilisation ,nous avons,dans quelques cas, employé cet autre dispositif,qui exige simplement une bonne seringue, mais à l’inconvénient
de nécessiter un aide.
On fait une ampoule de 2 à 3 centimètres cubes avec un tube de verre, les parties étirées sont brisées et rodées au chalumeau et à 1 centimètre de l’extrémité on ménage un étranglement. D'un côté on monte
un petit tube en caoutchouc porteur d'une aiguille; à l’autre extrémité on articule un nouvel ajutage en caoutchouc, lui-même monté sur un tube en verre. Ce petit tube long de 2 à 3 centimètres et de quel- .ques millimètres de diamètre renferme un bouchon d'ouate destiné à filtrer l’air s’il est nécessaire, après la ponction de chasser le contenu de l’ampoule.
Le vide est pratiqué à l’aide d’une seringue de 20 Cc., qui va servir pour toutes les ponctions ultérieures.
Il ne reste donc plus qu’à se procurer un nombre d’aiguilles suffisant, ce qui est facile. Alors le tout monté et contrôlé est stérilisé à 120 degrés pendant vingt minutes.
Au moment de l'intervention :
Le rat blanc est endormi à l’éther, puis installé sur la table d'opération. Les cobayes et les lapins simplement attachés, non anesthésiés. |
La région précordiale de l'animal est rasée, lavée à l'alcool de savon et désinfectée avec une solution antiseptique.
Enfin, pour assurer une désinfection parfaite de la peau, au moment de la ponction, on cautérise l’endroit de la piqûre au moyen d’une pointe de feu. Cet endroit est préalablement délimité à l’aide du doigt désinfecté.
Rats, cobayes, lapins supportent bien une ponction de 2 centimètres cubes de sang ; et même plus pour les lapins adultes.
Sur 180 ponctions que nous avons pratiquées nous
avons perdu huit animaux par hémorragie du péricarde. |
Ce procédé simple nous semble réduire au minimum les chances de contamination extérieure. Pour les raisons exposées au début de ce chapitre il nous paraît préférable, dans l’étude des bactériémies, aux méthodes. jusqu'ici employées, consistant à tuer l'animal, puis à prélever le sang dans le cœur ou dans un des vaisseaux du cou.
Nos ensemencemenis ont été faits sur bouillon de bœuf et dans quelques cas seulement sur eau peptonée simple.
Les ballons placés à l’étuve à 37 degrés étaient . contrôlés le lendemain et les jours suivants (pendant huit jours) au microscope et repiqués sur bouillon ou gélose.
Plusieurs fois nous avons retrouvé sur ce repiquage des germes passés inaperçus à l'examen microscospique.
En cas d'hémoculture positive le ballon était ensemencé sur les différents milieux de laboratoire et le germe différencié.
Si l'animal venait à mourir, l’autopsie était pratiquée dans des conditions d’asepsie rigoureuse ; des fragments d'organes, foie, rate, rein étaient ensemencés sur bouillon; le tube digestif fut l’objet d’une attention particulière, les altérations furent recher-
chées avec soin.
Nous avons constaté une seule fois la présence de
vers intestinaux,
Des examens de l'air ambiant furent pratiqués chaque semaine pendant nos interventions ; nous n'avons jamais rencontré de germes pathogènes.
Nous nous sommes servi dans nos expériences :
a) Echantillon de bacille d'Eberth ;
b) Echantillon de bacille paratyphique B ;
c) Echantillon de bacille pyocyanique.
Ces trois échantillons furent isolés par hémoculture au cours d'infection sanguine pendant la vie. Les cultures étaient vieilles et se montrèrent peu pathogènes, surtout le bacille pyocyanique ; |
d) Crachats de pneumonique. Ces crachats inoculés la veille à un lapin avaient déterminé une septico-pyohémie mortelle en vingt-quatre heures.
Les animaux : rails blancs, cobayes, lapins étaient laissés à jeun pendant vingt-quatre heures avant l’ingestion de culture microbienne, isolés dans des cages préalablement désinfectées et laissées loin du laboratoire. HÈY
Les germes furent mélangés à la nourriture ordinaire des animaux ou dilués dans de la gélatine ou du lait préalablement stérilisés.
Les causes secondes furent expérimentées dans les conditions suivantes :
1° Pour la glace, les animaux étaient placés pendant unc heure en moyenne dans une boîte de fer blanc entourée d’un mélange de glace et de sel marin.
2° La température de l’étuve a varié de 37 à
4o degrés, et le temps de séjour de trois quarts
d'heure à une heure et demie. Les rats ne pouvaient supporter plus de une heure et demie une température de 39 degrés.
3° Nous avons associé la chaleur et la glace et les animaux séjournaient une demi-heure en moyenne dans chaque milieu.
4° Les solutions hyper et hypotoniques employées ont été le NaCI au 1/10 et l’eau distillée, après stérilisation à 120 degrés.
Nous avons fait ces injections parallèlement chez des animaux de même force pris dans les mêmes conditions aux doses de 4, 10 et 15 centimètres cubes.
5° Enfin nous nous sommes servi de cultures de colibacille dans du bouillon de bœuf peptoné, et filtrées sur bougies Chamberland, pour expérimenter les toxines microbiennes. Les cultures dataient de quatre jours.
La dose injectée fut de 4 centimètres cubes.