CONCLUSIONS
L. — Nous désignons sous le nom d'infections sanguines ou de bactériémies la présence de microbes pathogènes dans le sang pendant la vie.
H. — On a longtemps cru que les bactériémies humaines sont rares, exceptionnelles, on tend actuellement à les considérer comme étant fréquentes.
IIL. — Cliniquement, chez l’homme, les infections sanguines sont primitives ou secondaires, pures ou accompagnées d’une lésion viscérale appréciable.
IV. — La plupart des microbes pathogènes pour l’homme ont pu être décelés dans le sang humain.
Le plus souvent, les bactériémies sont spécifiques, c’est-à-dire que l’agent rencontré dans le sang est celui qu'on sait être l’agent spécifique de la maladie. Certaines sont à peu près constantes (septicémies éberthiennes dans la fièvre typhoïde), d’autres fréquentes (septicémies méningococciques dans la méningite cérébro-spinale), d’autres plus rares (septicémies streptococciques dans l’érysipèle).
V.— Dans d’autres cas, les agents de la bactériémie, tout en restant spécifiques au sens bactériologique, ne sont pas spécifiques au sens clinique : c'està-dire que les maladies où on les rencontre sont
irrégulières dans leur symptomatologie, ou bien que ces maladies peuvent être provoquées par des miecrobes variés.
Dans le premier groupe, nous rangerons les entérococcies, les streptococcies diverses (en dehors de l’érysipèle), les infections pyocyaniques et tétragéni-
ques.
Dansle deuxième groupe,les érythèmes infectieux.
VI. — Certaines bactériémies sont manifestement secondaires : telles les streptococcies et les entérococcies chez les typhiques.
VII. — A l’état normal, le sang des animaux renferme rarement des germes vivants. Ces germes paraissent être des saprophytes destinés à une destruction ou à une élimination prochaine.
VIT. — De même, si on place les animaux dans des conditions artificielles qui amoindrissent la résistance organique (chaleur, refroidissement, injections hypertoniques, injections de toxines microbiennes), des microbes saprophytes peuvent parfois pénétrer dans la circulation générale. :
IX. — Chez les animaux normaux adultes, nous n'avons jamais retrouvé dans le sang les microbes qu'ils avaient ingérés. Une seule fois, chez un jeune lapin, le germe ingéré provoqua une septicémie passagère. PEU
X. — Les résultats sont tout autres quand on diminue artificiellement la résistance de l’organisme par les causes secondes déjà énumérées : dans ces conditions, la septicémie apparaît souvent, les ger-
| Em LEON
mes ingérés sont retrouvés dans le sang. Les septicémies sont d’ailleurs presque toujours hâtives (apparaissant une heure après l’ingestion) généralement fugaces (ne durant pas vingt-quatre heures). Les conditions secondes les plus favorables à l’infection sanguine varient suivant les espèces animales : solutions hypertoniques pour le cobaye ; refroidissement excessif pour le lapin et le rat.
XI. — Ces recherches sont évidemment incomplètes. Resterait à élucider surtout l'importance relative des autres voies d'introduction (voie respiratoire en particulier) et les raisons qui permettent la persistance des septicémies.
Vu : le Président de la thèse :
ROGER Vu : le Doyen,
DEBOVE
Vu et permis d'imprimer, :
Le Visce-Reeteur de l'Académie de Paris.