CHAPITRE I
Infections à Bacilles pyocyaniques
Considéré tout d’abord comme un hôte banal et inoffensif, volontiers employé dans les recherches expérimentales grâce à son pouvoir chromogène qui annonce sa présence, le bacille pyocyanique a pris place, au cours de ces dernières années, dans le cadre des infections humaines.
IL a été signalé par Czerny et Moser dans la circulation générale chez un enfant le jour de la mort; la veille, l’'ensemencement du sang avait donné du bactérium-coli.
Finkelstein publie également une observation de septicémie pyocyanique et colibacillaire chez un jeune enfant, au cours d'une infection hémorragique ; le sang fut prélevé, deux jours avant la mort, dans une veine du bras.
Blum a signalé chez un enfant de deux mois et demi une endocardite due au bacille pyocyanique.
L'enfant était atleint d’une diarrhée fétide avec
ædème très étendu, le microbe de Gessard fut trouvé à l'examen direct dans le sang de l'oreille, la veille de la mort ; un quart d'heure après la mort, le sang donnait des cultures caractéristiques et les coupes histologiques de différents organes montraient des microbes morphologiquement identiques au bacille pyocyanique.
Canon, quelques heures avant la mort, a trouvé le bacille pyocyanique dans le sang d’un malade atteint de péritonite secondaire à une opération abdominale.
Brill et Liebmann, dans un cas d'ictère fébrile à rechute avec albuminerie, trouvent dans le sang un :staphylocoque doré dans la première poussée alors qu'un prélèvement opéré pendant la rechute, la veille de la mort, leur donne le bacille pyocyanique.
Kühn, au cours d’une infection cryptogénétique, atrouvé le bacille pyocyanique par ponction de la rate une heure après la mort. L'examen microscopique du sang, pratiqué la veille de la mort, montrait des bacilles ressemblant au bacille pyocyanique. Le séro-diagnostic recherché pour le bacille typhique était négatif.
Sacquépée et Testard, au cours d’une rechute de fièvre typhoïde, cultivent dans les urines le bacille pyocyanique à côté du bacille d'Eberth.
Les auteurs, bien que n’ayant pas fait l’hémoculture, concluent à une septicémie pyocyanique secon-. daire.
Le sérum de la malade prélevé le quarantième
jour agglutine au 1/50 son propre bacille pyocyanique.
Le sérum de deux cobayes inoculés agglutine ce même bacille l'un au 1/109, l’autre au 1/50.
De même, malgré l'absence d’hémoculture, nous considérons comme très probable l'existence d’une septicémie dans les observations rapportées par Lion (endocardite), Monnier (endocardite), Œltinger (phlyctènes très éloignées les unes des autres). Eblers, Karlinsky, Kossel (pyocyanique dans le sang et les viscères), Vincent (arthrite, gangrène pulmonaire).
Dans ces différents cas le microbe du pus bleu a été rencontré à la suite de maladies infectieuses graves, dans des lésions produites pendant la vie et abritées contre les contaminations extérieures ou sur des points tellement éloignés les uns des autres, que seule la septicémie peut expliquer leur diffusion.
Nous rapportons, à notre tour, une observation recueillie, dans le service de M. le professeur Follet dans laquelle le syndrome infectieux a évolué chez une malade qui, les jours précédents, avait eu une
angine,
OBSERVATION (Hôtel-Dieu)
Septicémie pyocyanique
P.. Marie, âgée de vingt-sept ans, entre à l’Hôtel-Dieu, le 18 janvier 1904. Deux jours avant son entrée elle est prise d’une faiblesse généralisée avec perte d’appétit et frissons. La gorge devient sensible, la voix est couverte et la déglutition douloureuse. À l'inspection on constate une rougeur diffuse de toute la gorge, la malade tousse et on entend quelques ràles des bronchite, disséminés dans toute la poitrine.
La langue est saburrale, légère anorexie, pas de vomissements, constipation opiniâtre.
Insommie, sueurs nocturnes.
Urines légèrement albumineuses.
février. — Les premiers symptômes pharyngo-laryngés s'amendent assez vile, la voix reprend son timbre normal, la malade peut avaler sans difficulté mais l'anorexie persiste.
8 février. — La température, qui depuis quatre jours oscille autour de 37 degrés, atteint le soir 380 6.
Du côté de la gorge tout est rentré dans l’ordre, par contre l'anorexie ne fait qu'augmenter, la malade accuse quelques nausées. Le creux épigastrique est douloureux et les fosses iliaques sensibles à la pression.
9 février. — La malade à eu la diarrhée pendant la nuit. Courbature généralisée, langue sale, état typhique.
13 février. — La température demeure élevée, la diarrhée
persiste, on ne constate pas de taches rosées, gargouillements dans les fosses iliaques. Pas de vomissements, les urines présentent un léger nuage d'albumine.
On assiste à l'évolution du syndrome typhique sauf les taches rosées, le foie est augmenté de volume, la rate perceptible à la percussion suivant quatre travers de doigt.
22 février. — Les symptômes vont en s’atténuant, la langue est complètement nettoyée, les selles redeviennent normales.
Le 2 mars, la température tombe au-dessous de 37 degrés. La convalescence commence aussitôt et s'effectue normalement.
Examen bactériologique (1). — Hémoculture le 17 février : 5 centimètres cubes de sang défibriné sont ensemencés sur 4oo centimètres cubes de bouillon. A l'examen direct pratiqué le lendemain, on constate un bacille ne prenant pas le Gram, qui, repiqué sur les différents milieux de culture, présentait les caractères du bacille pyocyanique.
Les urines, recueillies aseptiquement, sont ensemencées et
donnent également le bacille pyocyanique.
Il ressort de cette étude que les septicémies pyocyaniques sont presque toujours secondaires chez l'adulte et plus généralement primitives chez l’enfant.
Sur 22 observations rencontrées dans la litlérature médicale, 13 se rapportent à des adultes et
1. Toutes nos hémocultures ont été faites suivant le procédé. de M. Sacquépée : Pon:ction aseptique d'une veine du pli du coude avec une seringue de 20 centimètres cubes stérilisée à 120 degrés pendant vingt minutes, Défibrination du sang et ensemencement sur de grandes quantités de bouillon.
Loiseleur
ghe{n {alu hfé lg ff lg polar lex leska lag lac kel 28 Lgh3e fn Le [ss Bu 35 13e (93 199 55 Luolar lat Sfulaflue fig lut bus lle Lo Daddy lle 68 ba lc ler Etes leulef 16e le 3 k4 dl ee she ht lHlee FT + ho* 34° À A + —, à € Val 38" .
: Î L ; 2e f . = à a # L sit .
pere fe Res Rats RS ls La l hofule ls has ht Lai hobu enmgheh les Des a 184 15161518 191210 Je ps hs lie [if he legf ao fe fa Jo pu ps ke ÉLo
chez tous l'infection pyocyanique reconnaît à l'origine une autre maladie infectieuse : phlegmon (Karlinsky), rhumatisme articulaire aigu (Léon), fièvre typhoïde ((Œltinger, Kossel, Vincent, Remlinger, Sacquépée et Teslard), angine (observation personnelle) ; il semble que le microbe de Gessard soit incapable de vaincre à lui seul la résistance de l’organisme en possession de tous ses moyens de défense. Il n’entre en lutte qu’une fois la brèche faite et c’est à la faveur de cette moindre vitalité qu'il parvient à se faufiler dans des organes affaiblis. Il rencontre alors chez l'adulte un terrain accidentellement aussi favorable que l'est normalement l’organisme de l’enfant.
En dehors des phénomènes habituels de toute maladie infectieuse générale, anorexie, hypertrophie de la rate, etc., les pyocyaniés présentent volontiers quelques symptômes particuliers. La fièvre est souvent très irrégulière parfois intermittente; on signale diverses éruptions cutanées, au premier rang desquelles il faut placer les phlyctènes sanguinolentes, relevées dans plus de la moitié des cas ; non moins fréquentes se montrent une diarrhée souvent abondante, une néphrite parfois accompagnée d'anasarque ; enfin l’endocardite est signalée à plusieurs reprises. Si aucun des symptômes précédents n'est caractéristique, au moins leur coexistence suflit-elle
à figurer une expression clinique bien originale,