SCÈNE X
le fait : Raoul a rencontré mademoiselle Léona; elle lui a pnriê de moi, elle a témoigné beaucoup de regrets de notre ru|)lnre.
RAOUL, bas.
Très-bien... très-bien... mon élève.
ALBERT
Et comme Raoul savait que, de mon côté, je souffrais beaucoup en pensant à l'inlidèle, il a voulu opérer un rapprochement.
RAOUL, à part.
Très-bien, il est plus fort que moi !...
ALBERT
Raoul avait préparé cette lettre pour me l’envoyer. En me trouvant ici, il me l’a remise, et tout en Jouant, sans y songer, je l’ai déebirée ainsi; mais, si vous le voulez, nous la reconstruirons ensemble.
RAOUL, à part.
Hein?
BUNCHE, Usant un fragment de papier, puis un autre.
« Je comprends qu'on l’aime, une femme jeune, belle, et...
ALBERl*.
Il y avait... « Mademoiselle Léona est une séduisante per- « sonne, et je comprends qu’on l’aime pour un jour quand on n n’a pas pour la vie une femme belle, jeune et pure comme ma « Blanebe adorée.
BLANCHE
11 y avait cela, Raoul ?
RAOUL. '
Oui, oui. Blanche...
BLANCHE, prenant un autre papier et Usant.
Et que disait cette phrase en son entier.
RAOUL
Quelle phrase?
BLANCHE, lisant.
« Quelques jours encore de la folle vie de la jeunesse. » — Qu’y avait-il, Raoul ? Expliquez-le-moi vous-mème.
RAOUL
Il y avait : « Croyez-moi, mon cher Albert, vivez bien vite « quelques jours encore de la folle vie de la jeunesse, et puis ajirès, tt mariez-vous, et n'abandonnez jamais le foyer conjugal, une « fois que le bonheur sera venu s’y asseoir avec vous. Souve- « nez-vous que si vos maîtresses sont les fêtes passagères de « l’esprit, nos femmes sont les joies étemelles du cœur. On «chante celles-ci, on honore celles-là, et si l’on sourit aux « unes, on n’aime que les autres. » Voilà ce qu’il y avait. Blanche.
BLANCHE, l'embraMant *.
Raoul !
ALBERT, prenant un autre papier.
Et enfin « loge dix-sept, à minuit, Léona vous attend. » —
El je pars, je vais profiler du conseil de Raoul, j’ai encore à moi quelques jours de la folle jie de la jeunesse. Je vais les dépenser avec Léona à Venise.
BLAKCBE.
A Venise...
ALBERT
J’irai voir là s’il y a encore un carnaval. (Bas à Raoul.) Décidément quelle arme choisissez-vous?
RAOUL
Albert, vous avez choisi les plus courtoises, gardons celles-là.
(il lui serre la main.)
ALBERT, bas.
Vous voilà remis au bordeaux , moi je vais me remettre au champagne. (Haut.) Adieu, ma éousine. (eu lui baisant u main, ii lui rend le collier.)
BLANCHE, à part.
Ah!
ALBERT,' bas ’.
, J’étais fou !... pardon. (Raoul a sonné, Dubois paraît.)
RAOUL
Dubois, vous allez conduire Monsieur à l’Opéra.
DUBOIS, vivement
Des affaires étrangères, oui. Monsieur, (a part.) fout est réparé. (Blanche, appuyée au bras de Raoul, se dirige vers la droite; ils foal nn dernier signe d’adieu à Albert qui est sur le seuU de la porte.)
/ Albert, Raoul, Blanche.
‘ ** Raoul, Albert, Blanche.
Daoky. — Imprimerit de VietiT etC**.