CYPRIEN , LISETTE
CYPRIEN , finissant de ranger Us meubles.
Voilà le» chaises rangées.
LISETTE , achevant de mettre le couvert.
Et le couvert est mis.
cyprien. Maintenant les amis peuvent urirer quand ça leur fera plaisir. Je dis
ue notre société sera joliment composée ; eux commis du palais marchand... deux clercs de la basoche et un employé des gabelles.
LISETTE. Deux lingères du charnier des Innocens, deux modistes de la place Cambrai , et une plumassière de la rue du Paon.
cyprien. C’est huppe... aussi, allons
LE MAGASIN THEATRAL
nous nous en donner... Tiens , au fait , vivent la gaîté, la danse et les chansons!.
Ah! à propos, as-tu pensé aux rafrakliis-
etnens as-tu commandé le ditfdon
hei le rôtisseur ?
Lisette. Sois tranquille , j’ai pensé à »out. - t
CTPRIEN. C’est que les amoureux ont bon appétit. . . et j’en sais quelque chose , moi... d’ailleurs , je n'en aurais pas , que les yeux de ma Lisette m’en donneraient tout de suite... Dis donc, j’ai voulu te faire une surprise ; j’ai commandé . chez le pâtissier , mon cœur en biscuit de Savoie, avec ton chiffre en anis de Verdun. Je dévorerai ton chiffre et tu croqueras mon cœur.
Lisette. Ali ! c’est gentil de ta part....
Mais, prends garde... si nous y allons -de ce train-là , nous verrons bientôt le fond du sac , comme on dit... Depuis un an.
3 uc nous sommes à Paris, nous avons fait e la dépense.
c.yprilt. C’est vrai que des quatre mille cinq cent livres que ma tante m’a laissées dans son testament , il ne noos .
reste plus grand’chose... Pauvre brave ‘ femme , elle m’avait toujours dit qu’elle voulait mourir dans mes bras, et elle est morte dans ceux de son grand fauteuil. . . Je n’ai plus rien à espérer d'elle maintenant.
Lisette. C’est pour ça qu’il faut de l’économie , parce que , depuis quelques jours, ça sonne creux. v
cyprien. Je sais bien... mais que veuxtu?
LISETTE. Qu’est-ce que nous ferons quand nous aurons trouvé le fond du sac?
CTPRIEN. Eh bien ! je travaillerai donc.
Je possède mes quatre règles sur le Ëout du doigt... j’ai une main superbe , et je cuis censé avoir appris le latin... Ainsi , je
ferai comme tant d'autres je montrerai
ce que je sais... et même ce que je ne tais pas.
Lisette. Et moi donc , je ne suis pas fille à rester les bras croisés ; je sais coudre, tricoter , festonner. .. En avant l’aiguille, les ourlets, les surjets et les œillets.
CTPRIEN. C’est ça , et le soir* ma Liset- j te, le soir, rendez-vous général, A nous .
deux , dans l’appartement de garçon, rue de la Huchctte , au-dessus de l’entresol...
eh 1 allez donc...
( tl utile. )
LISETTE. Oui, et puis, plus tard...
CTPRIEN. Oh ! plus tard , nous nous marierons. Tu seras ma petite femme , je serai ton petit mari... Nous aurons une
petite fille ou un petit garçon... étaliez donc.
Lisette. Oh ! oui , il faudra nous marier, et promptement, quand ce ne serait que pour mettre un terme aux poursuites de Jean Lenoir, qui a déjà voulu te faire arrêter comme ayant commis un enlèvement, un rapt... Daiu ! c’est qu’il en . aurait le droit, avec l’aide de mon oncle Durund.
CTPRIEN. Je sais bien... et c’est encore pour ça, sans doute, que ce matiu, eu allant visiter les amis , j’ai vu un grand estaffier qui m’a suivi jusqu’à la porte.
LISETTE. Ah! mon Cyprien, si l'on allait me séparer de toi !... te mettre en prison... Oh! j’en mourrais d’aljord. t
Cyprien. Laisse donc, dans quelques mois tu seras majeure, et dès ce jour-là ma femme... Alors on n’aura plus le droit de te tourmenter , de te ravir à mon amour... toi, mon idole... mes amours... ma chérie... ma Lisette , pour qui je donnerais tout ce que je possède... si je possédais quelque chose... Qu’ils y viennent donc !
Lisette. Tu as raison ; tiens... ne pensons pas à des malheurs imaginaires... Le présent est heureux, jouissons du prisent, et faisons serment de nous aimer toujours.
CYPRIEN. Quant à ça , je te le jure.
, Air des Dragons de vertu,
Mau , toi, Lisette, toi ,
Si tendre , si jolie,
Dis-moi que pour la vie Tu m'as donne' ta foi.
Répète^moi sans cesse .
Que l*or ni la grandeur Ne sauraient de ton cœur Altérer ta tendresse.
Quand tu devrais mentir,
' Ça (ait toujours plaisir.
LISETTE
Même air •
Et toi f mon Cyprien ,
Répète à ta gnsette .
Que ton cœur, de Lisette Sera l’unique bien.
Oui , dis-moi , dès l'aurore ^
Que j'ai ton seul amour,
Dis-le*moi tout le jour,
Et pois le soir encore. sT
Quand ta devrais mentir,
Ça fait toujours plaisir.
(On entend chanter en dehors.)
CTPRIEN. Ah ! voilà nos amis. ..
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