‹ Les infidelites de Lisette dramevaudeville en cinq actesChapitre 11 sur 40 · CYPRIEN , LISETTE · texte numérisé non relu

CYPRIEN , LISETTE

CYPRIEN , finissant de ranger Us meubles.

Voilà le» chaises rangées.

LISETTE , achevant de mettre le couvert.

Et le couvert est mis.

cyprien. Maintenant les amis peuvent urirer quand ça leur fera plaisir. Je dis

ue notre société sera joliment composée ; eux commis du palais marchand... deux clercs de la basoche et un employé des gabelles.

LISETTE. Deux lingères du charnier des Innocens, deux modistes de la place Cambrai , et une plumassière de la rue du Paon.

cyprien. C’est huppe... aussi, allons

LE MAGASIN THEATRAL

nous nous en donner... Tiens , au fait , vivent la gaîté, la danse et les chansons!.

Ah! à propos, as-tu pensé aux rafrakliis-

etnens as-tu commandé le ditfdon

hei le rôtisseur ?

Lisette. Sois tranquille , j’ai pensé à »out. - t

CTPRIEN. C’est que les amoureux ont bon appétit. . . et j’en sais quelque chose , moi... d’ailleurs , je n'en aurais pas , que les yeux de ma Lisette m’en donneraient tout de suite... Dis donc, j’ai voulu te faire une surprise ; j’ai commandé . chez le pâtissier , mon cœur en biscuit de Savoie, avec ton chiffre en anis de Verdun. Je dévorerai ton chiffre et tu croqueras mon cœur.

Lisette. Ali ! c’est gentil de ta part....

Mais, prends garde... si nous y allons -de ce train-là , nous verrons bientôt le fond du sac , comme on dit... Depuis un an.

3 uc nous sommes à Paris, nous avons fait e la dépense.

c.yprilt. C’est vrai que des quatre mille cinq cent livres que ma tante m’a laissées dans son testament , il ne noos .

reste plus grand’chose... Pauvre brave ‘ femme , elle m’avait toujours dit qu’elle voulait mourir dans mes bras, et elle est morte dans ceux de son grand fauteuil. . . Je n’ai plus rien à espérer d'elle maintenant.

Lisette. C’est pour ça qu’il faut de l’économie , parce que , depuis quelques jours, ça sonne creux. v

cyprien. Je sais bien... mais que veuxtu?

LISETTE. Qu’est-ce que nous ferons quand nous aurons trouvé le fond du sac?

CTPRIEN. Eh bien ! je travaillerai donc.

Je possède mes quatre règles sur le Ëout du doigt... j’ai une main superbe , et je cuis censé avoir appris le latin... Ainsi , je

ferai comme tant d'autres je montrerai

ce que je sais... et même ce que je ne tais pas.

Lisette. Et moi donc , je ne suis pas fille à rester les bras croisés ; je sais coudre, tricoter , festonner. .. En avant l’aiguille, les ourlets, les surjets et les œillets.

CTPRIEN. C’est ça , et le soir* ma Liset- j te, le soir, rendez-vous général, A nous .

deux , dans l’appartement de garçon, rue de la Huchctte , au-dessus de l’entresol...

eh 1 allez donc...

( tl utile. )

LISETTE. Oui, et puis, plus tard...

CTPRIEN. Oh ! plus tard , nous nous marierons. Tu seras ma petite femme , je serai ton petit mari... Nous aurons une

petite fille ou un petit garçon... étaliez donc.

Lisette. Oh ! oui , il faudra nous marier, et promptement, quand ce ne serait que pour mettre un terme aux poursuites de Jean Lenoir, qui a déjà voulu te faire arrêter comme ayant commis un enlèvement, un rapt... Daiu ! c’est qu’il en . aurait le droit, avec l’aide de mon oncle Durund.

CTPRIEN. Je sais bien... et c’est encore pour ça, sans doute, que ce matiu, eu allant visiter les amis , j’ai vu un grand estaffier qui m’a suivi jusqu’à la porte.

LISETTE. Ah! mon Cyprien, si l'on allait me séparer de toi !... te mettre en prison... Oh! j’en mourrais d’aljord. t

Cyprien. Laisse donc, dans quelques mois tu seras majeure, et dès ce jour-là ma femme... Alors on n’aura plus le droit de te tourmenter , de te ravir à mon amour... toi, mon idole... mes amours... ma chérie... ma Lisette , pour qui je donnerais tout ce que je possède... si je possédais quelque chose... Qu’ils y viennent donc !

Lisette. Tu as raison ; tiens... ne pensons pas à des malheurs imaginaires... Le présent est heureux, jouissons du prisent, et faisons serment de nous aimer toujours.

CYPRIEN. Quant à ça , je te le jure.

, Air des Dragons de vertu,

Mau , toi, Lisette, toi ,

Si tendre , si jolie,

Dis-moi que pour la vie Tu m'as donne' ta foi.

Répète^moi sans cesse .

Que l*or ni la grandeur Ne sauraient de ton cœur Altérer ta tendresse.

Quand tu devrais mentir,

' Ça (ait toujours plaisir.

LISETTE

Même air •

Et toi f mon Cyprien ,

Répète à ta gnsette .

Que ton cœur, de Lisette Sera l’unique bien.

Oui , dis-moi , dès l'aurore ^

Que j'ai ton seul amour,

Dis-le*moi tout le jour,

Et pois le soir encore. sT

Quand ta devrais mentir,

Ça fait toujours plaisir.

(On entend chanter en dehors.)

CTPRIEN. Ah ! voilà nos amis. ..

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