‹ Les infidelites de Lisette dramevaudeville en cinq actesChapitre 22 sur 40 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

JEAN LENOIR , BERTRAND , LISETTE , Paysans et Paysannes.

(Ils portent le roslunic de i 7 «j 3, avec des cocardes tricolores à leurs bonnets et des ruban* pareil* à leurs corsets.)

CHŒUR

Air de la Carmagnole .

Citoyenne* et citoyens,

Amis, danseurs et musiciens ,

Accourez sans façon ,

On va dans la maison Danser la carmagnole,

Au bruit du son {bis)

Du violon.

BERTRAND. Allons, c’cst fini ; citoyenne Lisette , te v’ià madame la municipale.

tocs. Vive la municipale !

Bertrand, s'approchant et ôtant son bonnet 4 En ma qualité «le votre garçon û'iiouneur, voulez-vous lien me permettre, s.

JEAN LENOIR. On se tutoie ; Uoralius Codes , on se tutoie.

Bertrand. T’as raison... ( A Lisette. ) Citoyenne , veux-tu permettre que je vous embrasse ?

JEAN LENOin. C'est ça , l'accolade républicaine... Ileim! est-elle gentille comme ça, ma petite femme!... celte cocarde tricolore lui sied à ravir... ( A Lisette. ) Il me vient une idée ; j'ai envie que , décadi prochain, tu fasses la déesse de la Raison.

Vrai ! tu serais délicieuse.

Lisette. Oh ! dispcnsez-inoi de grâce...

jean LENOIR. liait ! bah ! ta cousine Jeanne a déjà fait trois fois la Liberté , et je n’ai jamais vu de Liberté plus appétissante... seulement, comme on en prenait trop avec elle , je n’ai plus voulu de ça... C'est la femme du tonnelier qui l’a remplacée... vue grand’mauiun , bien

fraîche, bien joufflue... une Liberté superbe ! qui ]>èse au moins deux cent cinquante... Ah ! la lounclièrc est une fameuse sans-culotte.

Bertrand. A propos , citoyen Lcnoir ?

jean LENOIR. Qu’est-ce à dire... Je ne me nomme plus Lcnoir , je me nomme à présent Lerouge , dit Sparlacus.

Bertrand. C’est vrai ; j’avais oublié...

Alt ça ! pourquoi donc ne l’appcilcs-tu plus du nom de ton ancien parent?... car, autrefois , lu te vantais d’etre le cousiu d’un certain INI. Lcnoir, lieutenant de police.

JEAN i.ENOIR , indigné. Qui ça? moi....

moi , parent d’un aristocrate qui faisait la police sous l’infâme tyran... Fi donc !

j’aimerais mieux cltanger mon nom vingt fois de couleur... le rendre violet , cramoisi, gris-lapis ou raisin de Corinthe...

Ainsi , souviens-toi deçà, lioratius Codés , si tu ne veux pas que je te fasse incarcérer comme un agent de Pitt et Cobourg.

derthand. Allons, allons, ne te fàclic pas et occupe-toi plutôt de ta femme... Il me semble que , pour un jour de uoces .

v’Ià une mariée bien triste.

LISETTE. Moi ! mon Dieu ! non. .. je suis gaie.

jean LENOIR. A la bonne heure ! car te voilà la femme d’une autorité , et c’est un peu flatteur... Maintenant il faut te rendre digne de porter le l>eau nom que je viens de te donner. ( Aux paysans. ) Ali ça! mes amis , je vas m’occuper avec ma petite femme des préparatifs du repas , et j’ose me flatter qu’il sera soigné. En attendant, allez rigaudonner sur la place...

je vous appellerai quand la table sera mise, et demain... nous irons tous à l'église. Ab! ali! ça vous étonne, vous

autres!... Que voulez- vous... ma femme y tenait... et puis d'ailleurs...

Ata connu.

J’ous un cure patriote.

•Tons un cure ciloycu ,

Un cure vrai sans-culotte Un cure qui n'fail qu'du bien.

Cliaqu’ citoyen trouve en lui Sun modèle et son appu^

Et nos cœur» sont à lui,

Oui, nos cœurs sont tous à lui.

TOUS

Et nos cœurs, etc.

(//s sortent tous par le fond.)

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