‹ Les infidelites de Lisette dramevaudeville en cinq actesChapitre 26 sur 40 · BERTRAND · texte numérisé non relu

BERTRAND

Même air.

Mais surtout ri’oublicr. pas Que la France doit combattre;

Nous avons besoin d'soldats,

LE MAGASIN THEATRAL

Fait* j en deux, puis trois, puis quatre ; Fait’s-en tant, tant, tant, tant, tant,

Que l’tambour venant battre,

Fait’s-en tant, tant, tant, tant, tant.

Qu’on en fasse un régiment.

CHŒUR

Fait’s-en, etc.

jean lenoir. A propos de régiment, vous savez que les Prussiens sont entres en Champagne?

tous. En Champagne!

jean lenoir. C'est le maître d'école qui m'a appris cette nouvelle-là , et elle ne peut pas être fausse, car elle était hier annoncée tout au long dans le Père Duché ne.

LISETTE, à pari. Ali ! quelle idée... si je pouvais... essayons...

Bertrand. Les Prussiens!... ah! c’est égal , j’espère bien qu’ils n’iront pas plus loin.

LISETTE. Sans doute, car tous les bons Français doivent 1 se lever en masse pour aller les repousser.

JEAN LENOIR. Bravo! .. v’ià qu’est parlé , citoyenne.

LISETTE, aoec intention et jetant de tans en tems un regard vers V alcade où est caché Cyprien. Et s’il y avait ici quelqu’un qui hésitât à se rendre à la frontière , quand rien ne doit plus le retenir au pays natal... dut-il quitter tout ce qu’il aime, tout ce qui l’attache à la vie, je lui dirais : La voix du cœur doit se taire devant la voix de la patrie... partez, la France est sur le point d’être avilie...

souillée par l’étranger , et si vous devez mourir , c’est seulement au milieu des camps et sur un champ de bataille que votre mort peut être honorable.

jean lenoir. Diable, comme elle harangue bien , ma femme !... Vrai , j’irais de ce pas m’engager soldat , si je n’étais pas municipal.... Attends , attends , citoyenne , puisque tu es si bien disposée ,

j’ai justement un petit recueil de chansons patriotiques que j’ai acheté l’autre jour...

il est sur la planche de mou alcôve , et je vais....

(Il va pour se lever.)

LISETTE, à part. Oh ! ciel! il est perdu!..

( Arrêtant Lenoir . ) C’est inutile , je me rappelle les couplets qu’on chante an théâtre Feydeau dans le Siège de Lille , et je peux vous les répéter.

lenoir, se rasseyant. A la bonne heure...

Va pour les couplets du Siège de Lille !...

Attention, vous autres.... et vous ferez chorus.

LISETTE

Air du Siège de Lille.

L’amour dans le cœur d’un Français, L’amour fait le bonheur suprême;

Tous les matins sont pleins d’attraits Auprès dèla beauté qu’il aime.

( Avec intention et jetant tes yeux du côté de Cyprien.)

Mais au premier son du tambour.

Il sacrifie A sa patrie,

Son bien, sa vie et son amour.

( Cyprien cnlr’ ouvre le rideau et reprend te chœur avec tout le monde.)

TOUS

Mais au premier son du tambour, etc.

LISETTE

A s’acquitter de son devoir

Un bon Français trouve des charmes;

De son amante au désespoir.

Il est fier d’essuyer les larmes.

( Ici elle s'arrête et regarde encore du côté de Cyprien.)

JEAN LENOIR. Eh bien! tu pleures?...

LISETTE , vivement. Moi!... non!...

Mais au premier son du tambour, etc.

( Cyprien tient prendre la main de Lisette , sans él/e aperçu des autres paysans et part pour rejoindre tes volontaires..)

TOUS

Mais au premier son du tambour, etc.

Flïl DU QUATRIÈME ACTE.

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