SCENE vn
LENOIR, BERTRAND, GOGO .Paysans , Paysannes , en toilette et aven des bouquets ; un peu après, CYPRIEN.
( Plusieurs paysans s'approchent tlu enharet et appellent.) * -
les PAYSANS. Monsieur le chaire !
monsieur le inaire!...
JEAN LENOIR, entrant suivi de Bertrand.
Me voilà ! me voilà. .. ne vous impatienter pas... Voyons, tout le monde est-il là?
{Il passe les paysans en revue.) Très-bien.
CYPRIEN , à part en entrant. Le voilà !
c’est drôle... il n’cstpaschangé. .. toujours aussi laid ! (£' 'arrêtant au moment où il va pour entrer chez lui. ) Un instant , municipal !
jean lenoir. Qu’appelez-vous municipal ?... Si vous vouliez bien dire M. le maire...
BE LISETTE. . 27
CYPRIEN. Eh bien! donc, monsieur Jean Lenoir?
jean lenoir. Monsieur , je ne m'appelle pas Lenoir.
CYPRIEN. Alors , monsieur Lcrouge....
JEAN LENOIR. Je ne m’appelle pas Lcrouge, je me nomme Leblanc, je suis le maire Leblanc.
CYPRIEN. Lenoir, Lerouge , Leblanc...
voilà de quoi faire un nom tricolore.
jean lenoir. Tricolore! mon cher monsieur , vous m’avez l’air d’un vieux gvognard... d'un de ces enragés qui ont servi sous l’autre... Enfin , n’importe , je daigne vous écouter.
CYPniEN. Tenez , voilà une lettre pour vous , lisez-la , et ensuite nous causerons.
JEAN LENOIR , prenant la lettre. Une lettre pour moi... Que vois-je?., c’est l’écriture de tua fille.
(Lisant.)
« Mon cher papa , vous voulez me faire » épouser un homme que je n’aime pas , •• un espèce d’imbccille , de nigaud... »
Qu’est-ce à dire?
Bertrand. Un nigaud... Gogo!
CYPRIEN. C’est écrit : continuez.
jean' lenoir , lisant. « Mon cœur aj>- » partient à un autre qui mérite mon • amour- . Il m’a proposé de m’enlever. »
tocs. De l’enlever!
CYPRIEN. C’est encore .écrit : continuez toujours.
JEAN LENOIR. « J’ai accepté, et je pars » à l'instant même avec M. Prosper. Vo- » tre fille respectueuse et soumise. » Qtt’aije lu?.. Et vous croyez que je souffrirai...
Vite, qu’ou aille chercher le garde champêtre, les gendarmes, le procureur du roi , tout le bataclan , et qu’on poursuive les fugitifs sur toutes les routes... Moi, je vais ceindre mon écharpe, et je saurai prouver aujourd’iiui que je suis père et maire !
(Pendant le chœur suivant il rentre et ressort un instant après. )
CHŒUR
Am du Maçon.
Ah! grand Itiru! pour le village Quel terrible événement!
l.c jour de son mariage S'enfuir avec son amant!
Courons après la volage J— ram'noos-la promptement.
( Ils sortent. )
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