DURAND, LISETTE
durand. Eh bien ! mon enfant, comme te voilà pensive !... est-ce que tu n’es pas enchantée de voir tout le village rendre
hommage à ta sagesse à ta vertu ?
c'est flallcur pour une jeune fille.
Lisette. Oui , mon oncle , cependant je ne sais pourquoi., cet honneur que tant de jeunes filles envieraient me cause presque du chagrin à moi... car je ne peux obtenir la dot et la couronne qu’à la condition.... d'épouser M. Jean Lenoir.... et j’aurais mieux aimé rester fille toute ma vie que d'être la femme d’un homme que je n’aime pas.
dlrand. Y penses-tu ? le plus riche garçon du pays.
Lisette. Est-ce que j’ai jamais pensé à
être riche quand une fille est jeune et
gentille, elle a toujours le teins de le devenir au lieu qu'une fois enchaînée à
un mari , il ne lui est plus permis d'en aimer un autre.
durand. Oui-dà! mamzelle, est-ce
que vous auriez commencé par là f
Lisette. Oh ! non, mon oncle, je n’aime
ersonne seulement je sens que j'ai
esoiii d’aimer quelqu’un... Quand je suis
seule, et que je consulte mon cœur j'ai
presqu 'envie de pleurer en pensant qu'il
n’appartient encore à personne il me
semble qu’il y a du vide autour de moi...
et je ne serai tout-à-fait heureuse que quand ce cœur si vif et si tendre appartiendra à celui qne je dois aimer toute ma
vie car une fois que j'aimerai, ce sera
pour la vie.
durand. Eli bien! que celui-là soit Jean Lenoir ou tout autre peu im-
porte.
Lisette. Au contraire, mon oncle, c’est très-important quand on est à mon âge...
.et je me rappelle encore la chanson que ma grind’itiainan Micheline nie chantait toujours pendant sa longue maladie.
ni rand. Eli bien .' que disait la chanson de ta grand’mère?
Lisette. Ecoutez, mon oncle, c’est elle qui parle.
Air : En revenant de II Ale en Suis le.
Celle couronne Je rosière,
Comm' loi, je l'oblios autrefois ,
Mais je m’»mi viens que Ion grand-père En s'eret m'couriisait d’puis si, mois.
Profites, fillette,.
Us votre priolcn»,