‹ Les infidelites de Lisette dramevaudeville en cinq actesChapitre 7 sur 40 · THEATRAL · texte numérisé non relu

THEATRAL

fois quand il la disait ce qui, par

parenthèse, ne m’amusait pas trop... Mais que voulez-vous , ma tante qui est grosse marchande de toiles à Auxerre , et qui a jugé à propos de se faire dévote.... depuis qu’elle est vieille... a cru qu’elle calmerait comme ça l’ardeur de mes passions... car elle me répétait toujours que j’avais la

tête ardente et les passions trop vives

Alors, moi, je me suis laissé faire, d’autant plus qu’elle me donnait pour ça des tartines de confiture , et que j’ai toujours eu un faible pour les sucreries.

DURAND. J’ensuis fort aise... mais vous n’arrivez pas par la patache tout exprès pour m’apprendre cette nouvelle ?

CYPRIEN. Ah! c’est vrai... je ne pensais plus à la lettre que j’ai à vous remettre.

DURAND. Une lettre pour moi?

cyprien. Oui , parce qu’il faut que vous sachiez que ce bon cure m’a pris en affection depuis quelque lems... il m’a appris le latin , le grec , le ... enfin , un tas de choses dont je me serais bien passé...

Voilà donc que , ce matin , je m’apprêtais à partir pour Paris , où ma tante veut absolument me faire entrer comme novice dans le couvent des bénédictins... ce qui , entre nous , me semble absurde... car je ne suis pas plus fait pour être bénédictin que vous pour être grenadier du roi....

Bref, ma valise était prête , quand , il y a deux heures, M. le curé me fait venir au chevet de son lit, et me dit: Cyprien,

» tu va? passer par le village de Brcvannes •• qui u’est qu’à trois lieues d’Auxerre. —

» Oui, monsicurlc curé. Remets pour moi » cettelettreau bailli de l’endroit. — Oui ,

>■ monsieur le curé. — Il y a une noce à » laquelle il t’invitera , sans doute. — Oui,

» monsieur le curé. » A cette idée je l’ai embrassé , je suis monté sur-le-champ en patache avec le sacristain qui m’a conduit jusqu'à cette place , où je vous ai reconnu tout de suite à votre figure respectable et à votre belle perruque.

DURAND , prenant la lettre. Voyons donc ce qu’il m’écrit.... ( Après atoir lu.) Que vois-je? il m'annonce qu’il est retenu dans son lit par la goutte, et qu’il ne pourra venir, ce matin , marier uia nièce.

LISETTE, se levant^ Il ne viendra pas...

quel bonheur !

cyprien, l’apercevant. Oh! saperlotte!..

la jolie demoiselle !

(Il la salue d’un air galant , Lisette répond à son salut sans oser se retourner.)

durand. Me voilà bien.... quand tout était prêt... quand on n’attendait plus que lui. . . Allons , 1a cérémonie sera retardée.

LES INFIDELITES DE USETTE. $

cyprien. Comment , il n’y aura pas de I cale.... Ah! tous êtes trop aimable.... noces ? " [ vous avez eu tort de vous donner tant de

LISETTE. Oh ! tant mieux !

cyprien. Tant pis , au contraire, durand. Rassurez-vous... Ii me reste encore une heure environ... c’est tout ce qu’il nie faut pour aller chercher le curé du village voisin , et l'amener ici en carriole.

CYPRIEN. C’est ça , en carriole... et, s’il le faut , pour que le repas arrive plus vite, c’est moi qui servirai la messe....

vous verrez comme je ferai marcher ça !

DUntND, à Lisette. Toi, mon enfant , jusqui mon retour, tu tiendras compagnie à M. Cypricn.... tu causeras avec lui... tu le feras rafraîchir.

Cypriex. Ah! voilà une bonne idée; monsieur le bailli , vous êtes un bon enfant... Je l'aurais parié tout de suite, rien qu’en voyant votre figure vénérable et votre belle perruque.

DUKzïf D, A Cyprien .

Air : Je reconnais ce militaire ! x Atîi-u, mon ami, ie voua quille.

Car j'ai j>ien peu de tems, je croi,

Mail au repas je vous invite.

* CTPRIEN.

Oh ! pour cela comptes sur moi.

(A port.) *

Puisqu'on me voue au sateerdoce, *

Il faut d’avance, en attendant, s

Mc rattraper à celle noce

De tous les jeûoes du couvent, {bis)

ENSEMBLE,

Monsieur te bailli, parte* >ite,

Car le tems vous presse, je croi,

Et sache* que quand on m’invite.

On peut toujours compter sür moi.

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