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LES ENTITKS M '.TA PHYSIQUES ANTHROPOÏDES

rechercher; je serais donc désolé de troubler dans leur qiiiéluile ceux qui croient l'avoir trouvée.

Je leur dirai iraillcurs, en toute sincérité, que je ne suis pas sûr que leur explication soit mauvaise; ils y sont arrivés, il est vrai, en partant d'une erreur, mais il n'est pas impossible (quoique cependant cela soit peu vraisemblable), que ce point de départ erroné les ait conduits à une vérité (jui a du .moins l'avantage de ne pouvoir, a posteriori, être l'objet d'un contrôle quelconque.

Je préfère pour ma part, me résigner à ne rien expliquer, mais cette résignation serait douloureuse à beaucoup, du moins à notre époque, et ceu.v-là doivent cire reconnaissants aux illuminés plus ou moins fantaisistes qui ont imaginé la seule démonstration (?) possible du système métaphysique, la rcvélatio)}.

Peut-être quelques générations rationalistes suffiraient-elles à faire disparaître de l'hérédité des hommes ce besoin métaphysique i, mais il faudrait pour cela que le langage aussi fût modifié, et je constate que les créateurs d'une langue nouvelle formée de toutes pièces, et prétendue logique, Yespéranto n'ont songé qu'à traduire, le plus fidèlement possible, toutes les erreurs ancestrales que nous a transmises notre langage courant,

1. Voyez plus loin, cliap. xiv. la manière dont nnc Iiabitndc luTéditairo a fatalement produit une conception métaphysique ; nous venons de voir dans le présent chapitre l'origine iniiviilualiste de certaines entités métaphysiques; nous trouvons plus loin comment la fixation des cnractères psychiques acquis a donné à ces caractères l'aspect de quelque chose d'absolu.

Et d'ailleurs, constatant la place que tient aujourd'hui, dans la vie des hommes, ce besoin métaphysique ou sentiment religieux, on est en droit de se demander si sa suppression rapide n'enlrainerait pas, dans le fonctionnement individuel, certains troubles redoutables ; l'homme est le produit du passé; il se sert à chaque instant, pour la conservation de sa vie dans le milieu ambiant, de tous les outils qui sont à sa disposition, et il faut bien reconnaître que quelques-uns de ces outils proviennent d'erreurs ancestrales; si ces outils étaient tout à fait isolés, leur disparition ne serait pas dangereuse, mais quelques-uns d'entre eux sont tellement enchevêtrés dans d'autres outils indispensables, que l'ablation des premiers pourrait nuire, provisoirement au moins, au fonctionnement des seconds.

C'est ainsi que beaucoup de gens sont persuadés que la morale, dont nous étudierons tout à l'heure la genèse sociale, est inséparable du sentiment religieux, parce que ses formules, ses lois, sont édictées dans le langage métaphysique. 11 faut donc se demander si, en touchant au sentiment religieux on ne nuira pas à la morale.

A mon avis, la morale s'en trouvera modifiée et deviendra autre ; peut-être y aura-t-il une période d'incertitude et d'agitation, mais ce sera comme la convalescence qui suit l'ablation d'une tumeur abdominale; plus la tumeur était ancienne, plus elle avait pris de place dans la coordination générale et plus grands seront, par conséquent, les

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