PfiÉAi'BERT. Paris, F. Alcau
dos réactions diiiiiiques bien déterminées ; si les réactions vitales s'accompagnent de radiations dont les longueurs d'onde sont comprises entre certaines limites, cela prouvera simplement, cliez les substances vivantes, l'existence d'une particularité chimique spéciale, ce dont personne ne doute puisque les substances vivantes se dislingyent des substances brutes.
Au fond, derrière ces recherches, se cachent des préoccupations peu scientifiques et qui correspondent, si je ne me trompe, à une erreur de métiiode.
Lorsqu'au lieu de Umiter notre observation à des êtres vivants autres que nous, nous nous observons nous-mêmes, nous constatons cette particularité spéciale de notre mécanisme qui fait que nous pouvons observer et réfléchir ; et au lieu de nous borner à la constater, nous avons la préoccupation métaphysique de l'expliquer ; nous ne pouvons savoir si cette particularité existe en dehors de nous, mais nous avons une tendance à croire, pour des raisons de similitude, qu'elle existe chez nos semblables et qu'elle manque aux substances brutes ; aussi ne sommes-nous pas fâchés de croire qu'une manifestation d'ordre physique nous distingue des corps bruts, correspondant à cette pensée dont nous nous supposons seuls propriétaires.
Qu'il y ait une relation de cause à effet entre notre activité vitale et les radiations qui peuvent émaner de nous, cela ne me paraît pas douteux, pas jjIus que je ne puis révoquer en doute la liaison qui existe entre la combustion et la détonation de la poudre ; mais que ces émanations constituent un transport de notre pensée, cela me paraît n'être pas encore démontré ; de même, quoique j'entende de loin le sifflet de la locomotive, je n'ai pas la prétention de croire que ce bruit me renseigne sur le mode d'activité actuelle de cette machine'. Cependant la merveilleuse invention appelée phonographe peut laisser espérer la découverte d'un appareil encore plus merveilleux qui serait le phrènographc ; je ne sais pas si cela se réalisera, mais môme alors que cette découverte serait réalisée, cela ne prouverait pas que les radiations humaines représentent
1. En d'autres termes, la relation qui existe entre les phénomènes psychiques et les radiations émanées de l'homme est peut-être très compliquée au lieu d'être simple el immédiate comme le pensent quelques-uns.
une forme spéciale d'énergie : la voix humaine n'est pas d'une autre essence que les vibrations sonores issues de corps bruts.
Or, si les radiations humaines ne diffèrent des autres radiations que par leur longueur d'onde, elles entrent dans le cadre de la physique des corps bruts ; l'influx nerveux paraît avoir, à la vérité, une vitesse de propagation très spéciale, mais cette vitesse est peut-être simplement caractéristique du degré de viscosité de la substance du nerf; de même le son se propage avec des vitesses différentes dans divers milieux. Si donc l'on tient absolument à décider qu'il y a, dans les êtres vivants, une énergie particulière, il faudra se rabattre sur des choses non observables et déclarer, par exemple, que les mouvements intramoléculaires des substances vivantes diffèrent de tous les autres mouvements ; mais cette affirmation n'aura rien de scientifique ; elle pourra peut-être conduu-e à des considérations verbales, mais ce sera tout ; c'est ainsi que le docteur Bard a démontré (?) le fait suivant : La vie est une force (?) à direction circulaire (? !).
Je demande pardon au lecteur d'insister si longuement sur ces considérations qui paraissent étrangères au sujet de ce volume ; elles ne sont pas inutiles à la compréhension du problème des influences ancestrales et il m'a paru indispensable de les exposer longuement à cause de la tendance au mysticisme qui semble avoir envahi tant de cerveaux à l'aurore du vingtième siècle.