‹ Les influences méconnuesChapitre 17 sur 19 · DEMAIN · texte numérisé non relu

DEMAIN

Les influences dont il vient d’être parlé et dont quelques-unes, on l’a vu, sont encore discutées, cloraient l’étude que nous avons voulu faire s’il ne fallait dire quelques mots au moins de certaines autres qui ne sont encore qu’à l’état d’hypothèse, mais dont on a parlé néanmoins assez, en ces derniers temps, pour qu’on ne les passe pas totalement sous silence.

Il s’agit de celles qu’exerceraient certains rayons ultrapénétrants dits rayons D, découverts par le Français Nodon, étudiés depuis par plusieurs savants étrangers, dont M. Millikan, dont le nom leur est volontiers appliqué par certains. Ces radiations, que M. Nodon estimait nées dans la haute atmosphère, sont attribuées communément aujourd’hui aux astres et espaces intersidéraux et seraient fournies par les comètes, les étoiles et les nébuleuses. On a fait remarquer, en effet (1), que ces radiations correspondent exactement à celles qui sont émises par un atome d’hydrogène se transformant en un atome d'hélium, ou, plus généralement, lorsque le noyau d’un atome léger capture un nouvel électron; or, les points de l'espace où la condensation de la matière en est à cette phase sont les nébuleuses amorphes et les étoiles jeunes ou en formation où les atomes légers prédominent.

Quoi qu’il en soit, ces rayons méritent le nom d’ultra-pénétrants parce que les recherches de Millikan ont démontré qu’ils ne sont arrêtés que par une épaisseur d’eau égale à 20 mètres, ce qui équivaut à un écran de plomb épais de i m ,8o, alors que les rayons les plus pénétrants du radium le sont par une lame de plomb de 2 centimètres d’épaisseur.

Ces rayons, en admettant qu’ils existent et qu’ils aient l’ori-

(1) M. Faure, Presse médicale (7 décembre 1927).

gine que l’on a dite, ont-il une influence sur notre vie et sur notre santé? Au point de vue absolu, ce n’est pas douteux. Il n’est certainement pas un seul élément de notre milieu qui en soit totalement dépourvu et l’on peut rappeler à cet égard le mot cité par M. Daniel Berthelot dans un discours magnifique sur les ondes prononcé en 1922 à la séance annuelle des cinq classes de l’Institut : « Il suffit de lever la main sur la terre pour changer l’intensité de la gravitation dans Sirius ou, plus modestement, de jeter une pierre dans la Seine pour faire monter le niveau de l’océan à San-Francisco. » Mais de là à attribuer à ces radiations une réelle action biologique et surtout à la préciser,, il y a loin. Quand on nous dit qu’elles pourraient expliquer des épidémies où-la contagion ne saurait jouer son rôle, comme l’épidémie de grippe « espagnole » de 1918 qui apparut en même temps en tous les points du monde, quand on leur attribue une influence sur les épidémies de paludisme ou de fièvre récurrente, on oublie de nous en fournir la preuve. Quand on nous suggère • que ces radiations peuvent être favorables, indifférentes ou défavorables suivant qu’elles sont en accord ou en interférence avec les ondes et les irradiations des êtres vivants (1) on émet encore des suppositions qui ne reposent sur rien de certain.

Hypothèse aussi la conception suivant laquelle les,, êtres vivants émettraient, comme on vient de le dire, des radiations qui diminueraient dans certaines maladies et qui augmenteraient au cours d’autres; on est encore ici dans un domaine singulièrement fragile. Aussi laisserons-nous délibérément de côté ces nouveautés qui seront peut-être la vérité de demain, mais qui ne sont pas encore celle d’aujourd’hui, de même que nous ne ferons que mentionner les prétendues conquêtes de la radiesthésie, du moins en matière de vie et de santé humaines.

Il ne faut évidemment rien nier à ■priori, et il est bon de penser, avec Charles Henry, qu’il est plus scientifique de croire à tout

(1) J. Régnault, Biodynamique et radiations (1936). (3) J. Régnault, loc. çit.

que de ne croire à rien, mais il paraît prudent d’attendre, pour tenir compte d’une conception, que la preuve de sa légitimité ait été amplement donnée ou tout au moins, qu’elle ait été discutée de façon suffisante pour que l’on puisse se faire une opinion raisonnée à son égard.

C’est pourquoi il semble scientifique au même degré de laisser à Humain le soin de résoudre ou de creuser plus profondément ces captivants problèmes.

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