‹ Les infractions aux lois & conventions de la guerre commises par les ennemis de la Serbie depuis la retraite Serbe de 1915. Résumé de l'enquête exécutée sur le front de MacédoineChapitre 27 sur 28 · LA VIE EN SERBIE ENVAHIE · texte numérisé non relu

LA VIE EN SERBIE ENVAHIE

En dehors des persécutions de toute sorte — recrutement forcé, déportations, etc. — quelle est la vie menée par les Sei^bes dans -leur pays envahi par des ennemis qui cherchent à les affaiblir autant que possible ? Seuls les quelques évadés qui ont réussi à s'échapper du servage bulgare et austro-hongrois, peuvent nous donner des renseignements, et encore ces renseignements sont-ils inaigres, en général, car, les envahisseurs ne perinettant pas ou très difficilement les déplacements, ces témoins ne connaissent que ce qui se passe dans leur village ou dans leur ville. Les prisonniers bulgares m'ont fourni également quelques indications.

Je reproduirai donc, dans ce qui suit, une série de dépositions concernant l'organisation administrative des occupants ennemis, le ravitaillement de la population et les écoles. Mes renseignements sont bien loin d'être complets, mais ils sont intéressants, car- ils permettent de se faire une idée de ce qu'est maintenant la vie dans un pays où, certes, avant la guerre mondiale, on n'était pas riche, mais ôii, cependant, la vie simple était facile.

Voici d'abord quelques indications sur l'organisation des services administratifs :

« Les chemins de fer sont aux mains des Allemands. Il en est de même pour le chemin de fer bulgare de Sofia à Roustchouk. De Gradsko à Drénovo on a construit un chemin de fer à voie étroite, de Drénovo à Pletvar une ligne aérienne, de Pletvar à Topoltchani, par Prilep, une voie étroite. On est en train de construire une voie

étroite Skoplié-Tétovo-Gostivar. » — \'élia Mantchith, d'Oraovtze, sergent serbe et déserteur bulgare.

<< Le président de la commune de Chtipina était au commencement Yovan Bojitch, qui a fait beaucoup de mal à la population. Il a fait interner les gens sous de fausses accusations. La division administrative en Serbie est restée la même. Au commencement de l'occupation, les présidents des communes étaient serbes. iMaintenant, depuis Vratarnitza jusqu'à Négotine, tous les présidents de communes sont Bulgares. Notre population n'a pas perdu l'espoir d'être libérée et c'est ce qu'elle dit aussi aux Bulgares. La ligne de Kniajevatz à Zaitchar n'est pas terminée. On n'y travaille même plus. Les traverses de la voie ont été enlevées depuis Podvis jusqu'à Nich. » — Douchan Mangilgvitch, de Chtipina, en dernier lieu gendarme serbe du détachement de Tétovo. Evadé des Bulgares.

' Tous ceux qui venaient à Belgrade devaient se présenter immédiatement à la police qui prenait leur nom, leur domicile, le pays d'où ils venaient et notait les raisons de leur séjour à Belgrade. Le lendemain, on devait se présenter de nouveau pour se faire délivrer un permis de séjour avec indication de l'heure jusqu'à laquelle, le soir, on pouvait rester dans les rues. Je suis parfois sorti en ville avec Nikola Petrovitch, directeur de la Banque agricole de Prichtina, qui était venu vivre à Belgrade, mais nous n'avions pas l'autorisation de rester dehors après 8 heures du soir. Les médecins, Dr Stoimirovitch, Dr Koutcho Dimiter et Dr Amaoutchevitch, avaient la permission de rester en ville jusqu'à lo heures du soir. » — Dr A. AthanasiADÈs, Grec, médecin de l'arrondissement de Gratchanitza. " Presque tous les fonctionnaires à Belgrade sont des Hongrois. Le chef de la police est un Hongrois, Jelek, un homme brutal et rapace qui ne cherche qu'à ramasser le plus d'argent possible. La police est faite par environ 2.000 gendarmes. » — Marie iMilkovitch, de Belgrade.

Prisonnier N" Ii5, capitaine au 40' régiment d'infanterie bulgare : •< Dans les villes de la Serbie occupée, les autorités sont bulgares. Dans les villages les maires sont aussi bulgares, mais ils ont des adjoints serbes. »

A^ ' / 16, du 22' régiment d'infanterie bulgare : « Le témoin a été pendant 20 jours à Leskovatz. Le préfet de cette ville est de Bulgarie, mais le maire est du pays même. »

JV" ///, du 46' régiment d'infanterie bulgare : « Le témoin a été pendant 1 mois 1/2 à Vrania. Le maire de Vrania est de la ville, le préfet est Bulgare. La police est faite par des Bulgares et des Serbes (?). >'

N'' 11 8, du 3' régiment d'infanterie bulgare: « En Serbie^ les Allemands tiennent les gares de chemin de fer entre leurs mains. En Bulgarie ce sont les Allemands et les Bulgares. ))

N^ 11g, du 10^ régiment d'infanterie bulgare : « Le témoin a été en Serbie pendant une année. 11 a fait partie de la police à Négotine et à Zaitchar. Le commandant du district de police était le lieutenant-colonel Ristoff. Le gouverneur de la Serbie envahie est actuellement le colonel Tasoft; avant, ce fut le général Protogheroff. Il n'y avait que des soMats dans la police. Le préfet de Négotine était Stoyantcheff (civil). Les autorités militaires ont commis des extorsions, des pillages et des massacres. Les autorités civiles ont fait moins de mal. D'après le témoin, son chef, le lieutenant-colonel Ristoff, était un russophile. >

A^*' 120, du 4/*^ régiment d'infanterie bulgare : « En revenant de congé de Bulgarie, au commencement de juin 1917, le témoin a passé par la Serbie et s'est arrêté deux jours à Nich. Il a remarqué qu'on y travaillait beaucoup à remettre la ville en état. C'est ainsi qu'on repave les rues et qu'on s'emploie à maintenir la propreté. Il y a beaucoup d'Allemands qui sont employés à poser une seconde voie sur la ligne Belgrade-Nich. >'

Il résulte de ces quelques dépositions que les Bulgaro- Allemands construisent quelques voies ferrées. Mais ces chemins de fer paraisseht tous être destinés uniquementaux besoins militaires et stratégiques. La ligne Kniajevatz- Zaitchar, probablement inutile au point de vue militaire, mais importante pour les besoins de la population, est abandonnée; on y a même détruit en partie, en enlevant les traverses, ce qui avait été fait.

Comme en Macédoine, les Bulgares font administrer le

pays par leurs fonctionnaires. Cependant, ils paraissent leur avoir adjoint quelques sous-ordres serbes. La police est entièrement entre leurs mains, et nous savons, par ce qui a été publié dans les chapitres précédents, comment elle s'acquitte de sa mission.

Le régime ne paraît pas être beaucoup plus doux sous les Austro-Hongrois.

Quelques témoignages touchant le ravitaillement nous montreront ce qu'ont fait les administrations ennemies dans ce pays où, jadis, la vie était à bon marché :

« La cherté est terrible. La farine coûte 9 dinars l'ocque (1 kg. 23o) ; le sucre 25 dinars, et il n'y en a pas; le sel est à 7 dinars l'ocque, le pétrole à 8 ou 9 dinars. Il n'y a pas de viande. Notre billet de 10 dinars vaut à Pirot et à Nich 11 lèves; en Macédoine, 10, 60 lèves. La récolte est bonne cette année. Partout où je suis allé, le blé, les fruits, etc., ont bien poussé (1917). En Serbie on a beaucoup plus ensemencé qu'en Bulgarie et en Macédoine. Les conditions hygiéniques sont bonnes, tant dans 4'armée que dans la population, mais il y a beaucoup de cas de mort par épuisement provoqué par le manque d'aliments. >> — Vélia MANTCHrrc:H, sergent serbe et déserteur bulgare.

« 11 y a eu une grande sécheresse, en 1916, dans la contrée de Kniajevatz, Pirot et Nich. Seul le blé a poussé. Cette année-ci, vers Pâques, la récolte s'annonçait bien. La cherté est excessive. 100 kilos de maïs coûtent 400 dinars, et on ne les trouve que très difficilement. Un mouton coûte 120 dinars; un agneau 40 dinars; un bœuf, de 1.200 à 2.000 dinars. Au commencement, l'argent serbe était coté officiellement 5 lèves pour 10 dinars. Le billet de 10 dinars valait 7 à 8 lèves dans le commerce. Maintenant il est payé 10 lèves et plus. Le dinar vaut actuellement l,2olève. La population garde l'argent serbe et ne le cède pas volontiers. Le billet autrichien de 10 couronnes est coté 6 lèves.» — DoucHAN Manoilovitch, de Chtipina, en dernier lieu gendarme serbe du détachement de Tétovo. Évadé des Bulgares.

« Nulle part on ne peut acheter de pain ni de vêtements. » — 5 SOLDATS RussKS évadés des Bulgares.

« Il y avait énormément de monde à Krouchevatz et

suffisamment de vivres (immédiatement après l'occupation par les Centraux). On trouvait de la farine, du sucre et même du café. Les paysans apportaient des légumes au marché. Il y avait aussi du tabac. A ce moment-là les vivres étaient aussi suffisants à Svilainatz. Seul, le sel manquait totalement. Lorsque les Allemands ont cédé la ville aux Bulgares, on a commencé à vendre ouvertement les vivres que jusque là, à cause des réquisitions, on avait cachés. Les prix n'étaient pas encore élevés : la farine coûtait 35 à 80 paras le kilo selon la qualité, la viande 1,40 à 1,66 dinar,' le saindoux 3 dinars le kilo, le bois de chauffage 14 à 20 dinars le mètre cube. 11 y avait du lait, des œufs, du fromage et des légumes. Le pétrole manquait et coûtait 23

à 26 dinars le bidon A ce moment-là, janvier 1916, il y

avait très peu de farine à Belgrade. La mairie fournissait une très mauvaise farine de maïs à une couronne ïe kilo. La viande de bœuf coûtait 5 couronnes le kilo ; le porc, mauvais et maigre, 8 couronnes; Je saindoux, 14 couronnes; l'huile, 3o couronnes. Je ne me souviens plus du prix des

autres articles En Serbie occupée par les Bulgares, les

vêtements et les chaussures sont très chers. Les femmes portent toutes de vieux vêtements. J'ai vu, à Stalatch, des soldats hongrois acheter des billets de banque serbes de 10 dinars qu'ils payaient 12 couronnes. A Nich, les juifs achètent 'les billets serbes de 10 dinars pour i5 lèves. » — Dr. A. AthanasiADÈs, Grec, médecin de l'arrondissement de Gratchanitza.

« Partout en Ajjtriche-Hongrieon recherche nos billets de banque qu'on paie 10 à 14 couronnes le billet de 10 dinars. >« — ViTÈZE Bradilovitch, percepteur de Ganitza, sous-lieutenant au 9' régiment d'infanterie serbe. Evadé d'Autriche.

« Les premiers temps, il y avait assez de vivres à Belgrade, mais leurs prix étaient sensiblement supérieurs à ceux d'avant l'occupation. Plus tard on a fixé les prix de vente, mais les quantités disponibles devenaient toujours

plus petites à cause des réquisitions Le pain n'est plus

fait par les boulangers. On distribue à la population une farine très noire à 0,80 couronne le kilo, à raison de 200 gr. par jour et par personne. On a créé des cartes de vivres. On reçoit 120 gr. de viande par jour et i^n demi kilog. de

sucre par mois. Les vêtements sont très chers et rares, tout ce qui restait ayant été réquisitionné par les autorités. Les souliers coûtent i5o à 180 couronnes la paire. Les semelles sont en bois. Un complet coûte 3oo à 400 couronnes, la toile 40 couronnes le mètre. Il n'y a plus de café et son dernier prix était de 5o à 60 couronnes le kilog. Les pharmacies sont ouvertes, mais elles ne peuvent pas s'approvisionner et les médicaments les plus simples leur font défaut. Dans les premiers temps, le cours de notre billet de 10 dinars était de 7 à 8 couronnes. Maintenant, il est de 12 à i3 couronnes. Au moment de mon départ, j'ai reçu du banquier Kabali I.900 couronnes pour 1.5()0 dinars serbes. La population rurale possède encore des vivres, mais la famine règne dans les villes. » — Marie Milkovitch, de Belgrade.

Prisonnier N" 121, du 4/' régiment d'infimterie bulgare : « La récolte en Serbie est très bonne (1917). Les arbres fruitiers ont donné beaucoup de fruits. Cependant la famine règne dans le pays. Dans les gares, le témoin a vu des paysannes vendre un œuf un lève, 5 lèves un kilo de fromage, 12 à i5 lèves un kilo de beurre salé, 5 lèves un morceau d'agneau rôti. »

;V° 122, du 48' régiment d'infanterie bulgare ; « En revenant, en congé, du front roumain, le témoin s'est arrêté à Bucarest, \'rania et Skoplié. Il a ainsi vu que la famine règne partout et que les vivres font complètement défaut. Le pain coûte 12 dinars le kilo. Partout c'est la stagnation absolue des affaires. A Ochrida, la cherté des vivres est inouïe. Il n'y a ni farine ni viande. Une poule coûte 40 dinars. »

Il ressort nettement de ces dépositions que le pays serbe est absolument ruiné et que la population y souffre la faim. Pour ceux qui connaissent la Serbie, cela paraît presque incroyable, car les terres serbes sont naturellement très riches et ont toujours produit plus que le pays ne pouvait consommer. Même avec la main-d'œuvre réduite pendant les guerres, la Serbie pouvait se s^iffire. Si, aujourd'hui, les habitants souffrent de la faim, la faute en incombe uniquement aux envahisseurs, qui n'ont pas respecté l'article 52 de la Convention de la Haye qui stipule « que les

réquisitions en nature et les services seront en rapport avec les ressources du pays ».

Dans la première partie de ce travail, je me suis déjà occupé des écoles en Macédoine et tout spécialement de celles des villages actuellement libérés. Nous avons vu alors que les Bulgares ont tout simplement fermé ces écoles. En Serbie encore envahie, les Bulgares paraissent avoir « bulgarisé » les écoles déjà existantes. Ils veulent détruire tout ce qui est serbe, même les livres!

« L'emploi de la langue serbe est interdit. Tous les noms ont été changés et on a ouvert des écoles bulgares. Tous les objets de valeur appartenant aux églises ont été pris. Les archives ont été détruites. Il n'y a plus nulle part de livres serbes. Toutes les enseignes ont dû être transformées en langue bulgare. » — Douchan Manou-ovitch.

(( Dans la partie de la Serbie occupée par eux, les Bulgares ont détruit tous les livres serbes et ils ont interné tous les instituteurs. Je ne sais pas si les institutrices ont eu le même sort. Us ont fait venir des instituteurs et des institutrices bulgares et ont ouvert des écoles à eux avec l'instruction obligatoire. Dans les villes, on a créé des salles de lecture bulgares et on fait en général tout pour bulgariser la population. » — D' A. Athanasiadès.

« Lorsque j'étais à Skoplié,un lycée de 4 classes et 4 écoles y fonctionnaient. Dans certains villages, les Bulgares avaient également ouvert des écoles bulgares et forçaient les enfants serbes à les fréquenter. » — Bojjdar Mladenovitch.

Prisonniern'' 123, du 40' régiment d'infanterie bulgare : (( On a remplacé les instituteurs serbes par des instituteurs bulgares qu'on a retirés de l'armée. *»

A^° 124, du i(f régiment d'infanterie bulgare : « Les Bulgares ont ouvert partout des écoles et obligent les enfants à les fréquenter. »

Visiblement les Bulgares cherchent à w bulgariser » par tous les moyens la population serbe temporairement sous leur domination. Leur but, comme d'habitude, est de tromper le public. Ils voudraient présenter cette population comme essentiellement bulgare. Leurs « moyens de bulga-

risation » sont parfois tout simplement ridicules, comme le prouve l'épisode suivant :

« M. Atza Dîmitch, commerçant de Belgrade, qui se trouve actuellement à Genève où il s'occupe de la trari^smission des correspondances entre la Serbie occupée et Salonique, a reçu de Zaitchar un certificat que les autorités scolaires bulgares ont délivré à Milan, fils de Stévan Néchitch, employé des postes à Zaitchar. Ce certificat concerne les études de Milan dans la 3" classe de l'école bulgare de Zaitchar. Le certificat est rédigé en langue bulgare et signé par « l'instituteur principal » P. V. Jlieftet par l'institutrice de la classe, V. Téodorova. Il est daté du 17 juin 1917 à Zaitchar. Il y est indiqué, entre autres, que Milan Nechev — c'est ainsi qu'ils ont transformé son nom — est né à Belgrade le 29 août 1906 et qu'il est sujet bulgare. L'original a été remis au Ministère de l'Instruction publique. Le père de Milan Néchitch se trouve à Salonique.

Ainsi, les gens de Sofia « annexent » contre tout droit ce garçon de 1 1 ans, bon Serbe, né à Belgrade d'un père qui est fonctionnaire serbe. Veulent-ils faire croire aussi que Belgrade est « essentiellement bulgare » et que, par suite, tous les Belgradois sont Bulgares d'office ?

Au cours de cet exposé, j'ai démontré que les Bulgares internent et massacrent les popes serbes en Macédoine. Dans l'ancienne Serbie, ils ne paraissent pas agir autrement. Leur but est toujours I • même : ils veulent anéantir l'église serbe pour la remplacer par la leur, la schismatique, évidemment dans l'intention de tromper les autres peuples en bulgarisant toutes les institutions du pays momentanément en leur pouvoir. En ne respectant pas l'église serbe, ils ont d'ailleurs violé encore l'article 46 de la convention de la Haye : « Les convictions religieuses et l'exercice des cultes <loivent être respectés. » Mais un article violé de plus ou de moins n'a aucune importance pour ceux qui ont accepté avec enthousiasme la fameuse théorie du chifiFon de papier ». Finalement, j'insisterai encore sur la destruction des livres serbes par les Bulgares. Cet acte, qu'on ne peut qualifier que de stupide, peint toute la mentalité de ces ^ens «jui, déjà au cours des guerres balkaniques et, surtout,

dans la guerre européenne, ont démontré que leur « kultur », même si elle s'écrit à l'allemande, n'est qu'un vernis superficiel couvrant mal leur véritable nature de demi-civilisés, si magistralement décrite par leur propre écrivain Aleko Konstantinoflf dans la satire de Baya Gagné.

D'ailleurs leurs alliés, les Austro-Hongrois, ont agi de même. Ils ont détruit tous les livres serbes en caractères cyrilliques éf~îls ont défendu sévèrement l'usage de ces caractères. Ils ne font exception que pour le « supplément » hebdomadaire de leur organe officiel en Serbie occupée, le « Beogradske Novine, » supplément destiné aux paysans et aux soldats serbes du front de Salonique. En effet, ils envoient ce factum, imprimé en caractères cyrilliques, par ballon et, paraît-il, même par projectile dans les tranchées serbes. Cette feuille est pleine d'attaques perfides contre le gouvernement serbe, contre le roi et le prince Alexandre et contre les alliés des Serbes. Inutile de dire que le résultat qu'ils obtiennent par ce procédé indigne d'un jiays qui se respecte, est juste le contraire de celui qu'ils escomptent.

Austro-Hongrois et Bulgares croient-ils vraiment, en faisant disparaître les livres écrits et imprimés dans la langue et les caractères de leurs victimes, pouvoir s'attirer les bonnes grâces de ceux qu'ils ont tant martyrisés? Ne voient-ils pas que le patriotisme et l'amour de la liberté démocratique de ce peuple a des racines plus profondes que ces livres qu'ils ont brûlés dans leur rage contre tout ce qui est serbe? Cette action odieuse les rend ridicules et fournit en même temps une nouvelle preuve que leur cause est mauvaise et injuste ! Je suis arrivé au bout de ma tâche. J'ai évité autant que possible les commentaires. J'ai laissé parler mes témoins. Le public les écoutera et se fera lui-même son opinion sur la façon dont les adversaires de l'Entente ont mené la guerre de ce côté de l'Europe. Ce résumé d'enquête n'est pas fait pour distraire le lecteur comme un roman ou un récit de voyage. Il est écrit sans aucune prétention littéraire. C'est un document destiné à éclairer l'opinion de tous ceux qui espèrent que de cette longue et douloureuse guerre sortira une ère de justice et de liberté.

Salonique, mars 1^1 S.

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