‹ Les inhalations carboniques dans la pratique chirurgicaleChapitre 15 sur 65 · INDICATIONS DANS L’ANESTHÉSIE · texte numérisé non relu

INDICATIONS DANS L’ANESTHÉSIE

Généralités.

Conception physiologique moderne de la narcose.

Outre les nombreuses recherches physiologiques éclairant l’action du CO?, des notions plus récentes sur le mécanisme de la narcose ont préparé les voies à l'avènement de la méthode d’Henderson.

On pensait en France il y a 30 ans, qu’au cours de l’anesthésie par inhalation, un équilibre s’établissait entre la tension gazeuse du sang et celle du mélange anesthésique volatil. Cette conception, dont Paul Bert et Dastre se faisaient les défenseurs, inspirait seule les inventeurs d'appareils permettant le mélange d’air et d’anesthésique.

Mais elle semblait par trop étroite à certains physiologistes. C’est le mérite de Tissot et de Nicloux d’avoir montré que l’intensité de la ventilation pulmonaire est un facteur aussi important dans la marche de l’anesthésie que le titre du mélange inhalé. C’est

elle qui règle la vitesse de pénétration dans le sang du gaz anesthésique en contact avec une surface d’absorption augmentée.

A l'appui de cette notion nouvelle, Tissot établit expérimentalement ce fait d’une portée pratique considérable : un mélange à peine suffisant à l’anesthésie peut devenir mortel en quelques minutes si une vive polypnée accroît brusquement l’aération pulmonaire.

Le CO? ramenant à un taux convenable la ventilation si souvent diminuée au cours de l’anesthésie, favorisera l’absorption rapide de l’anesthésique alors actif à une moindre dose. Dautrebande montre qu’un animal respirant par minute, grâce à un mélange de CO? un volume double ou quadruple d’air est narcotisé par des mélanges gazeux où le taux d’anesthésique volatil est inférieur parfois de 50 % au taux normal.

C’est de cette conception physiologique moderne que découlent les principaux avantages de CO? dans l’anesthésie générale par inhalation.

La méthode des inhalations carboniques n’est qu’un

perfectionnement de celle du « rebreathing ».

Depuis des années, Anglais et Américains ont cherché à régulariser l'absorption de l’anesthésique par la méthode du « rebreathing ».

Dans les appareils utilisant cette méthode, le malade expire sous un masque, puis inspire de nouveau l’anesthésie exhalé et l’air expiré.

Il est clair que, par ce brassage sans cesse renouvelé, la concentration augmente dans ce « court cir-

cuit respiratoire » ; l’anesthésie s’en trouve grandement facilitée dans sa marche. C’est après avoir observé ce fait essentiel, l'importance de l'inspiration en air confiné, qu'Ombrédanne a réalisé le merveilleux appareil dont l'emploi s’est généralisé même à l’étranger. Le masque d’'Ombrédanne permet d’obtenir une éthérisation en milieu confiné où le CO? accumulé dans le masque contribue à stimuler les centres respiratoires toujours plus ou moins déprimés. Grâce au « rebreathing », le sujet utilise son propre CO? à une concentration plus ou moins élevée ; l'excès de ce gaz, en compensant la dépression des centres respiratoires, maintient le volume respiratoire à un niveau normal et souvent contribue à l’augmenter.

« Ainsi l'intérêt pratique de CO? grandissait au fur et à mesure que la question des anesthésiques vola- -tils sortait d’une phase toxicologique pour entrer dans une phase plus physiologique » (R. Monod).

En même temps, par ses bienfaits, la méthode du « rebreathing » confirmait de façon indéniable les travaux de l’école américaine sur le rôle du CO? dans

la respiration au cours de la narcose.

La respiration au cours de la narcose: rôle du COZ.

L’anesthésie par inhalation entraîne des troubles dans le fonctionnement des centres respiratoires où le rôle du CO? apparaît capital.

Page 1