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Mandl, sur 1.300 interventions, accuse un pourcentage de complications pulmonaires de 2,7 % après des opérations diverses, de 10,5 % après des interventions portant sur l’étage abdominal supérieur.
Il faut donc reconnaître que le mécanisme de l’embolie joue un rôle beaucoup moins important que ne le croient ia majorité des chirurgiens.
Et d’ailleurs même en France, la théorie embolique semble perdre du terrain. En 1931, Lapointe pouvait dire à la Société de Chirurgie: « Dans la pathogénie des complications pulmonaires post-opératoires à la suite des interventions gastriques, la vieille conception de l'infection par la flore de l'arbre trachéo-bronchique favorisée par des troubles de la mécanique respiratoire mérite encore beaucoup de considération ».
Cette théorie ne se rapproche-t-elle pas beaucoup de celle de Coryllos ?
9° LES COMPLICATIONS PULMONAIRES POST-OPÉRATOIRES ONT LEUR SOURCE DANS L’'ATÉLECTASIE :
Cette théorie nous semble expliquer les faits avec une logique évidente.
La pathogénie de la bronchite post-opératoire et de la < pneumonite » se confond avec celle de l’atélectasie: « Ces états se succèdent généralement sans signes distinctifs bien tranchés; ils représentent les phases de l’évolution d’un seul et même processus, l’obstruction bronchique » (Coryllos).
Cette similitude déjà évidente à l'étude expérimentale, apparaît à l'étude clinique avec une clarté tout aussi nette.
Le début, un à deux jours après l'opération, quelquefois le 6° ou le 7° jour, revêt la même allure dans Pun et l’autre cas: douleur thoracique. dyspnée, cyanose, élévation de température, toux souvent absente.
L'évolution est semblable: en deux à treize jours avec chute en lysis fréquente de la courbe thermique.
La localisation lobaïre, les signes physiques (augmentation des vibrations, matité, râles fins, respiration bronchique) se ressemblent.
Le déplacement du cœur et de la trachée, l’élévation du diaphragme vers le côté malade qui étaient donnés comme des signes distinctifs de valeur, ne sont en réalité nullement pathognomoniques. En somme le diagnostic différentiel est impossible : « Les recherches expérimentales et cliniques montrent qu’il n’y a pas d'autre différence entre l’atélectasie et la pneumonie post-opératoire que celle due à la virulence des germes infectant le mucus bronchique occlusif » (Coryllos).
Si l’atélectasie semble si rare, c’est qu’on laisse souvent passer inaperçu ce premier stade si important; et Elwyn en 1924, recherchant attentivement dans tous les cas opératoires les zones atélectasiées du poumon, observe des signes de consolidation à la surface d’un lobe disparaissaient en 20 à 48 heures, souvent pendant l'examen, après une secousse de toux; il constate dans d’autres cas le relâchement du diaphragme du côté atteint, traduisant une atélectasie partielle.
En conclusion: « les différentes formes de l’atélectasie sont non seulement avant-coureurs de la pneu-
OU
monie ou de la broncho-pneumonie post-opératoires,
mais partie initiale du même syndrome ».
3° Le CO2, traitement des complications pulmonaires post-cpératoires.
De ces notions pathogéniques nouvelles découle une thérapeutique radicalement transformée.
Les inhalations de carbogène au réveil et dans les suites opératoires sont extrêmement utiles et plus ef-
ficaces qu'aucune autre méthode.
1° ELLES PRÉVIENNENT L’ATÉLECTASIE ET PAR SUITE LES AUTRES COMPLICATIONS PULMONAIRES :
a) Par le relèvement du tonus des muscles inspirateurs et lhyperventilation qu’elles déterminent, elles luttent contre la déficience des mouvements respiratoires qui suit l’opération et fournissent ainsi aux alvéoles pulmonaires ia quantité d’air nécessaire à l’expulsion des sécrétions bronchiques; elles réveillent le réflexe bienfaisant de la toux.
b) D’après les données expérimentales, le COZ, en diminuant lion H de l’exsudat, empêche le développement du pneumocoque. Il diminue la viscosité des sécrétions et rend leur expulsion plus facile.
c) Cette médication n’exelut pas les autres mesures prophylactiques des complications pulmonaires postopératoires: soins pré-opératoires de la bouche et des dents, traitement convenable des infections respiratoires les plus minimes avant toute intervention.
d) De nombreux auteurs recommandent la méthode d'Henderson : en Amérique, Lahey, Sise et Bogan,
= Chess
Scott et Cutler; en Allemagne Doppler et Dzialozsynski.
Sise et Bogan constatent sous écran une meilleure mobilité du diaphragme après les inhalations de CO?; ils les préconisent pendant les trois jours qui suivent l'opération à raison d’une inhalation toutes les quatre heures pendant une durée de trois minutes.
Cutler les emploie systématiquement. Sur une série de 2.000 opérations sans inhalation carbonique, il note 12 collapsus pulmonaires. Sur 1.000 opérations avec inhalation, deux cas seulement et, fait capital, aucune autre complication pulmonaire; encore ces deux cas concernaient-ils des malades qui n’avaient pas eu de carbogène soit à cause de la rapidité de l'intervention, soit à cause de la perfection de l’anesthésie.