CARBOGÈNE
Notre maître, le Docteur Louis Bazy, utilise dans son service le mélange carbogène.
Avantages :
— Le mélange de CO? et d’O2 apporte au chirurgien la sécurité. Les incidents se voient quand on donne le CO? avec les appareils à sparklet fournissant du CO? pur non dosable ; dans le carbogène, on connait la proportion de CO? dans le mélange gazeux.
— L’addition d'oxygène à CO? est préférable parce que dans tout processus pathologique de l'appareil respiratoire, il faut obvier non seulement au manque de CO? dans les tissus et dans le sang, mais aussi au manque d'oxygène tissulaire par suite des troubles de l’hématose.
On objecte que la quantité d'oxygène contenue dans l'atmosphère que respire le sujet est suffisante pour
ies besoins de l'oxydation. Cette affirmation peut être exacte pour un sujet normal et au début de l’anesthésie ; au cours de l’anesthésie et dans les accidents - asphyxiques elle ne répond pas à la réalité des faits.
Les Américains, promoteurs de la méthode, utilisent le carbogène. Pour Henderson, un sujet normal ne peut tolérer plus de 5 à 7 % de CO? dans un mélange utilisé en inhalation prolongée. La dose de 10 % est un maximum, sauf peut-être dans les cas désespérés. Lundy (1.350 anesthésies carboniques contrôlées) conseille de ne pas dépasser un taux supérieur à 5 % de COZ, toujours suffisant.
Point n’est besoin de pratiquer des dosages savants en préparant extemporanément le mélange ; on se sert d’un mélange tout préparé et on l’adminisire avec des appareils simples.
Les services de la Société Oxhydrique Française réalisent d’abord un mélange de 4 à 5 % de CO? dans l'oxygène ; les dernières recherches d’Henderson ont montré qu’on pouvait utiliser un taux de 7 %.
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Utilisées sans discernement, les inhalations carboniques présentent donc de sérieux inconvénients.
En France, il est malheureusement certain qu'une série de déboires est venue tempérer l’enthousiasme qui avait suivi les premières communications des promoteurs de la méthode. Faut-il y voir la raison du temps d'arrêt que marque actuellement l'expansion d’une méthode si intéressante pour l’avenir de la ch1-
rurgie ?
Beaucoup ont considéré trop volontiers qu'une médication aussi efficace allait simplifier à l’extrême le rôle de l’anesthésiste. Ils ont fait fausse route ; l’emploi du CO? est certes un admirable procédé, mais il ne peut transformer l’anesthésie en une manœuvre anodine à la portée des débutants. C’est un lieu commun de dire que la pratique de l’anesthésie nécessite non seulement une attention soutenue, mais une éducation et une expérience tirées d’une pratique quotidienne. Notre maître le Docteur Auvray a plaidé éloquemment à plusieurs reprises la nécessité d’anesthésistes de carrière ; il faut souhaiter aans l’intérêt des opérés, dans l'intérêt des chirurgiens de voir se développer et s'organiser en France comme à l’étranger cette catégorie de spécialistes, collaborateurs indispensables du chirurgien.
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CITAPITRE III