TECHNIQUE DES INHALATIONS DE CARBOGÈNE EN CHIRURGIE
Sur les conseils de notre Maître le Docteur Louis Bazy, nous avons utilisé dans son service de l'hôpital Saint-Louis l’appareil à carbothérapie et à carbogénothérapie de Cot dont le dispositif est contenu dans un coffre facilement transportable.
Cet appareil, dont nous envisageons plus loin les multiples possibilités, se compose essentiellement :
1° D'une bouteille d'acier contenant 300 litres de carbogène sous une pression de 150 kgs (le taux de CO? contenu dans le mélange est de 7 %). A cette bouteille est fixée une vis micrométrique régulatrice, pourvue d’un manomètre indiquant la pression du gaz restant dans le récipient.
2° D'une bouteille d'acier contenant 250 litres de CO? sous forme liquide.
Un détendeur permet de régler avec une extrême précision le débit de CO?. Un manomètre, qui lui est annexé, porte en effet trois échelles concentriques :
une échelle extérieure graduée de 0 à 500 gr. — cm? ;
une échelle médiane graduée en débit de CO? (litres à l'heure) ; enfin une graduation intérieure indiquant le pourcentage de CO? dans la respiration d’un adulte normal correspondant au débit utilisé.
Il est facile d'adapter au raccord de sortie du détendeur de CO? le tuyau flexible portant le masque, qui sert ainsi indifféremment pour les inhalations de carbogène ou de CO? mélangé à l'air.
Si l’on désire utiliser le CO? en cours d’anesthésie, une poche en caoutchouc de 1.500 cc. munie de deux tubulures à robinets peut être réunie d’une part au détendeur de CO?, d’autre part au masque d’Ombrédanne modifié. |
3° D'un sac régulateur. Un tuyau métallique flexible fixé à sa partie inférieure le réunit à la vis micrométrique de l’obus de carbogène.
4° D'un masque relié à la partie supérieure du sac régulateur par un tuyau flexible. Le corps du masque est en caoutchouc ; un large viseur en cellophane occupe sa partie antérieure, permettant l’examen des lèvres et du nez du patient; sur le côté droit se trouve une soupape d'expiration. Un embout doseur placé sur le côté gauche du masque, permet, si l’on veut faire inhaler un mélange d’air et de CO?2, l'accès de l'air extérieur suivant le taux désiré. Un système de brides élastiques assure son application hermétique sur le visage du patient et permet l’inhalation de carbogène en circuit absolument fermé.
Le coffre contenant cet appareil d’inhalations loge en outre un matériel répondant à tous les autres
usages du CO? et du carbogène dans le domaine de la thérapeutique médicale et de la médecine d’urgence des asphyxies accidentelles.
Ainsi équipé en un véritable nécessaire de carbothérapie et de carbogénothérapie, il offre les possibilités suivantes :
1° L’inhalation du mélange carbogène ou du CO? pur au cours de l’anesthésie. Il suffira d'adapter le tuyau d’arrivée de l’un ou l’autre des obus au masque de l’appareil d'Ombrédanne modifié pour le recevoir ;
F1c. 3 : Schéma de l'appareil de Cot.
20 L’inhalation du carbogène ou du CO? dilué dans l'air inspiré au taux désirable, en dehors de l’anesthésie et dans leurs multiples indications médicales ;
3° L’injection sous-cutanée de carbogène (méthode de Cot) ou de CO? pur (méthode de Lian) ;
4 L’insufflation de carbogène chez le nouveau-né en état d’apnée (méthode d’Henderson).
Cet appareil suffit done pour faire face à toutes les éventualités de la pratique et permet l’usage du CO2 aussi bien que du carbogène pendant l’anesthésie et en dehors d'elle, dans les cliniques chirurgicales comme dans les postes de secours pour asphyxiés.
Dans un autre modèle, les deux obus de carbogène et de CO? sont fixés sur un support métallique monté sur roues (f{ype mobile). Ce chariot est placé dans la salle d'opérations à portée de l’anesthésiste ; il permet également les inhalations au lit du malade.
Nous n’avons pu avoir à notre disposition ce modèle qui répond aussi bien, à notre sens, aux besoins de la pratique chirurgicale.
Par leur mobilité, l’extrême simplicité de leur maniement, ces dispositifs mériteraient de figurer dans toutes les salles d'opérations modernes.
Nous préconisons le carbogène