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RAREMENT AU DÉBUT DE L'ANESTHÉSIE ET PENDANT L’ANESTHÉSIE

Nous considérons les inhalations de carbogène à cette phase comme une véritable médication de secours.

a) Nous estimons en effet qu’à la condition d’une technique parfaite le CO? n’est pas utile dans l’anes-

thésie utilisant les appareils à masque réalisant le « rebreathing ». Beaucoup d’anesthésies faciles s’en passent sans dommage.

Par le simple jeu du « rebreathing », le CO2 atteint dans le masque une concentration largement suffisante non seulement pour entretenir la respiration, mais pour exciter les centres respiratoires plus ou moins inhibés par l’anesthésique.

Ambard et Caillet le dosent dans le ballon et l’appareil à protoxyde d'azote au cours d’anesthésies parfaitement régulières. Ils trouvent des taux de CO? de l’ordre de 30 à 40 % ; R. Monod trouve dans le masque de lOmbrédanne sans adjonction de CO? des taux de ce gaz dépassant des chiffres normaux.

b) Se servir de carbogène, à plus forte raison de CO? pur, au début et d'emblée, est contraire au principe de la mise en marche progressive, régulière de l’anesthésie par petites doses fractionnées et expose à la syncope par dose initiale trop forte.

c) Les mouvements respiratoires trop violents peuvent gêner l’opérateur et Desplas remarque que l’orage intempestif dû au CO? pendant l’anesthésie facilite les vomissements qui se prolongent quelquefois pendant deux à trois jours après l’opération.

Il faut donc réserver le carbogène à certains débuts d'anesthésie difficiles :

— Dans les cas d’apnée émotive où le malade s’agite et « oublie de respirer ».

-— Quand des mucosités bronchiques abondantes gê-

nent la respiration.

— Quand le malade se cyanose dès qu’on cherche à obtenir un sommeil profond. C’est le cas de certains opérés obèses en position de Trendelenburg. Alors, avec quelques bouffées de carbogène, le faciès reprend une coloration normale rose vif ; l’anesthésie devient facile et le chirurgien n’est plus gêné par la poussée abdominale.

__ Dans certains cas, heureusement assez rares, où l'anesthésique, l’éther en général, n’est pas toléré, des quintes de toux incessantes surviennent dès les premières minutes. Il faut une extrême patience, donner très peu d’éther et administrer des bouffées de carbo- -gène. Sinon les ennuis surviennent : irritation, encombrement bronchique, poussée abdominale et cyanose. L'administration de Schleich ou de balsoforme semble alors préférable.

Nous n’avons pas eu l’occasion d’observer l’action de CO? sur la syncope respiratoire, mais nous croyons qu’il en est le médicament le plus efficace.

C’est le seul cas, à notre avis, et nous en avons exposé les raisons, où le chirurgien doit préférer le gaz carbonique pur au carbogène.

Il importe de ne pas attendre l'arrêt de la respiration pour intervenir ; devant l’imminence d’une syncope respiratoire, il faudra après avoir pincé la langue, replacer immédiatement le masque à CO? sur la bouche du malade et commencer la respiration artificielle par la méthode de Sylvester, seule réalisable à la salle d'opérations. On fera arriver de petites

doses de CO? pur dans le masque au moment des inspirations.

Si la syncope se prolonge, la voie d'absorption pulmonaire ne suffit pas, il faut adjoindre à la respiration artificielle les injections sous-cutanées de CO? pur (méthode de Lian).

Il est indispensable de ne pas négliger les autres médications (éther sous-cutané, coramine, adrénaline intra-cardiaque).

Dès que les mouvements respiratoires seront rétablis, il est préférable d'abandonner le CO? pur et de donner du carbogène qui permettra de rétablir rapidement l’hématose.

Dans les rares cas où nous avons usé du carbogène pendant l’anesthésie, nous nous sommes servi du masque de l'appareil d’'Ombrédanne modifié si ingénieusement par Desplas ; on relie en quelques secondes la source de carbogène à l’appareil d’anesthésie en adaptant à la tubulure du masque le tuyau de caout-

chouc relié au sac régulateur.

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