‹ Les Injections Continues D'InsulineChapitre 8 sur 21 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Les Injections intra-vasculaires continues sont connues depuis longtemps déjà, les premiers essais ayant été tentés en 1830; mais leur technique présentait des imperfections telles qu’elle ne permettait pas d'étendre leurs applications.

Rappelons d’abord brièvement les avantages qui caractérisent les [Injections intra-vasculaires discontinues par rapport aux Injections sous-cutanées et intra-musculaires :

Les avantages de l'introduction directe d’une substance dans la circulation sont: d’une part, sa rapidité d'action; d’autre part, la connaissance précise des doses résorbées par l'organisme, car le facteur de résorption est tout à fait impossible à prévoir ou à influencer dans le cas des Injections sous-cutanées et intra-musculaires.

Les inconvénients de cette méthode sont, par contre :

La limitation de la durée d'action et, dans certains cas, la réaction compensatrice qui, succédant à une action trop brutale, arrive souvent à annihiler ou même parfois à inverser l'effet spécifique à la substance introduite.

RSC

Cette remarque se vérifie particulièrement pour les hormones ou pour toute autre substance agissant sur l'équilibre humoral de l'organisme : l’injection intraveineuse d’une solution de glucose, par exemple, peut produire, après une hyperglycémie nette et durable, une certaine hypoglycémie due probablement au déversement compensateur d'insuline sécrétée par le pancréas pour rétablir l'équilibre glycémique troublé; le but, a dans ce cas, été dépassé.

Au contraire, l'injection d'insuline dans la circulation produit, après un premier effet hypoglycémiant,. une sécrétion antagoniste d’adrénaline qui combat l’action de l'insuline.

La clinique offre aussi de nombreux exemples de ces résultats paradoxaux de certaines thérapeutiques: les faits précédents permettent de les comprendre; et l’on peut attribuer certains incidents, où même certains accidents graves, à l’excessive rapidité d'action de ces mécanismes régulateurs.

Pour parer à ces inconvénients, l'idéal est donc d’introduire les substances à nn rythme et un taux aussi voisins que possible de ceux auxquelles elles sont sécrétées dans l’organisme sain. Lorsqu'il s’agit d’une hormone déficiente, cette façon de procéder est particulièrement appréciable car elle se substitue à la sécrétion

physiologique en créant artificiellement une action hormonale continue.

C’est ce que nous avons essayé de réaliser en étu-

diant les Injections intra-vasculaires lentes et continues d’Insuline.

Nous expliquerons d’abord rapidement la technique que nous avons utilisée; c’est celle qui est employée au laboratoire de Monsieur le Professeur BAUDOUIN.

Pare

Nous exposerons ensuite les diverses expériences d'Injections intra-vasculaires continues d’Insuline qui ont été faites dans le laboratoire de Monsieur le Professeur BAUDOUIN, en collaboration avec MM. LEewiN et AZERAD, et que nous grouperons en deux parties :

a) l’une, Physiologique, où nous étudierons chez le chien la dose limite hypoglycémiante de l’insuline introduite par différentes voies : intra-veineuses périphérique et mésentérique; et intra-artérielle.

b) l’autre, Thérapeutique, où après avoir recherché la dose limite hypoglycémiante de l'insuline chez l’homme normal, nous exposerons les résultats que nous avons obtenus en appliquant cette méthode aux diabétiques.

Nous envisagerons les conclusions que l’on peut tirer au fur et à mesure de ces expériences et nous les résumerons à la fin de ce travail.

Page 1