TECHNIQUE
Nous décrirons d’abord schématiquement l'appareil dont nous nous sommes servi pour pratiquer ces [njections intra-vasculaires continues.
Cet appareil n’est autre que le transfuseur de Henry et Jouvelet, modifié par M. H. BÉNARD, par l’adjonction d’un moteur électrique dont la vitesse est réglable au cours de l’injection grâce à un rupteur de Seguin.
il est constitué par un tube de caoutchouc d’une lonœueur convenable (1 mètre en général) dont une extrémité plonge dans un ballon ou est reliée à une burette contenant le liquide à injecter et dont l’autre extrémité est munie d’un embout qui peut être adapté à l'aiguille par laquelle on fait l’injection intra-veineuse.
Vers le milieu de sa longueur, ce tube de caoutchouc est disposé en boucle à l’intérieur d’un cylindre métallique sur la paroi duquel il est écrasé par un galet tournant mû par le moteur fixé à l'appareil; grâce à son parcours en cercle, le galet refoule continuellement et sans interruption le liquide contenu dans le tube en aval de sa marche et aspire synchroniquement le liquide situé en amont.
Le débit, réglé par la vitesse du mouvement pour un certain calibre du tube de caoutchouc, peut varier de 10 cc. à plusieurs litres à l’heure; sa régularité qui
peut être évaluée à 2 %, assure la précision de la méthode.
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Un compte-tours placé sur l'appareil permet de connaître la quantité de liquide injectée si on a eu soin d'évalüer au préalable le volume de liquide expulsé, pendant un tour.
Enfin la stérilisation facile du tube de caoutchouc et du récipient contenant le liquide à injecter permet une asepsie rigoureuse, condition indispensable à la sécurité des essais thérapeutiques.
Nous exposerons maintenant la technique proprement dite que nous avons suivie pour ces injections :
I. —— CHEZ LE CHIEN, nous avons effectué nos injections par trois voies différentes :
1° Dans une veine périphérique; l'injection était faite dans la veine pédieuse, facilement abordable, une canule ou une aiguille à injection intra-veineuse y étant placée à demeure; le sang nécessaire à effectuer les dosages successifs de la glycémie avant et au cours de l’expérience, était prélevé aux pattes antérieures ou à la patte postérieure opposée à celle qui recevait ‘l'injection continue.
2° Dans une veine mésentérique; après laparotomie et soulèvement de l’épiploon, l'injection avait lieu dans une assez grosse veine près de l’insertion du mésentère : la canule introduite dans la veine était fixée sur un morceau de liège pour éviter les déplacements qui auraient pu perforer les vaisseaux et le tout était ensuite remis en place dans la cavité abdominale.
8° Dans une artère des membres; nous injections au niveau du triangle de Scarpa, dans l’artère fémorale ; afin que la circulation principale ne soit pas interrompue, on plaçait la canule dans une petite collaté-
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rale musculaire, de manière à ce que son extrémité se trouve au point de jonction des deux artères.
La durée des expériences était en général de deux heures; une prise de sang était faite avant le début de l'injection, puis toutes les 1/2 heures au cours de celle-ci.
Nous avons employé l'insuline du commerce provenant du pancréas de veau préparée par une technique dérivant de celle de DUDLEY et STARLING et essayée sur 12 lapins; l'insuline était diluée en proportion convenable dans du sérum physiologique.
Le dosage de la glycémie était effectué suivant la méthode de MM. Baupouin et LEwIN. Pour toutes nos expériences, les chiens étaient anesthésiés avec une solution de chloralose à 1 % dont on faisait une injection intra-veineuse de 10 cc. par kilogramme.
IT. — CHEz L'HOMME, toutes les injections ont été faites dans une veine du pli du coude.
Après avoir introduit l'aiguille montée sur une seringue de 2 centimètres cubes qui permet de recueil- Ur du sang pour le dosage des glycémies de contrôle, on adapte cette aiguille au tube de caoutchouc, luimême fixé à l’avant-bras par une bande sparadrap; le bras du sujet peut ainsi être libre et il est même nécessaire de le mobiliser fréquemment pour empêcher la désagréable sensation de fourmillement d’un membre longtemps immobilisé. La durée des injections variait de 2 à 7 heures.
Des prises de sang effectuées de 1/2 .heure en 1/2 heure en général au cours de l’injection permet-
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taient de suivre les variations de la glycémie; elles étaient faites dans la veine symétrique du bras opposé.
En procédant de cette façon, nous n'avons jamais cbservé aucun incident, ni grave, ni léger.
Signalons cependant que certains auteurs (notamment HirscarEzD, Hvymax et WANGER) ont noté que les injections rapides de produits actifs et même de sérum chloruré ou glucosé, ou la prolongation des injections pendant plusieurs jours, peuvent déterminer des accidents : choc intense avec chute de tension artérielle ou même mort; mais dans les conditions précises où nous avons opéré : durée et vitesse d'injection, solution utilisée, dose employée, etc. nous n'avons jamais observé le moindre incident; nous nous empressons cependant. de dire que nos malades étaient surveillés de très près pendant toute la durée de l’injection, et que cette surveillance nous paraît indispensable.