OBSERVATION I
Due au D' Heydenreich de la Grave d'Ambarès.
M... 64 ans. Ce malade fit, pendant le mois de janvier 1936, une pneumonie avec signes très nets : frisson, fièvre à 39°5, point de côté, souffle tubaire, crachats rosés et dyspnée.
Le 22 janvier, son médecin traitant lui permit de se lever, mais le malade ne sentit pas ses forces revenir. Le 31 janvier, alors que tout semblait être terminé, le malade est repris de frissons, fièvre à 39°2, langue très sale, le teint est terreux, l’état général irès mauvais, la dépression intense. A l’auscultation, on constate une matité de tout le poumon droit, de la pectoriloquie aphone et un peu d’egophonie, une ponction exploratrice est négative.
Le professeur Carles, appelé en consultation, pense au développement probable d’un abcès du poumon et conseille de faire de l’alcoolothérapie intra-veineuse. Sous l'influence de ce traitement, la température, qui était élevée, tombe à 38°, les crachats, tantôt brunâtres, tantôt verdâtres et très abondants, diminuent en quantité. Après cinq injections intraveineuses d'alcool et une série d’injections de benzoate de soude le mieux se confirme : les crachats deviennent moins purulents, la température baisse peu à peu et l’état général se relève. La guérison se poursuit normalement et assez rapidement.
En résumé, il s'agissait d’un malade âgé de 64 ans qui, après une pneumonie, fit un abcès pulmonaire du poumon
droit. Cette complication guérit en moins d’un mois, ne lais-
sant subsister au bout de ce temps que quelques râles et une légère matité.