‹ Les Injections d'alcool dans les pneumopathiesChapitre 6 sur 32 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Il faut remonter au moyen âge pour retrouver l'emploi de l'alcool dans les affections aiguës, Depuis cette époque jusqu'à nos jours l'alcool a été administré per os dans la plupart des affections fébriles. En 1850, un médecin anglais, R. Bentley Todd, montra l’action stimulante de Palcool dans les phlegmasies et toutes les affections fébriles où existe une asthénie marquée. Todd considérait l’alcool comme un excellent tonique nervin, très assimilable, excitant des sécrétions pulmonaires et rénales.

En 1862, Behier, en France, signala les faits suivants dans 36 cas de pneumonie, qu’il traita par l'alcool, il obtint 29 guérisons, 7 malades succombèrent mais étaient dans un état grave avant le début du traitement. Behiïer constata que : « ...l’alcool fait cesser le délire, abaisse le pouls, la respiration et provoque une transpiration abondante, »

Todd et Behier ne prescrivaient l'alcool que par voie digestive ; à cette époque en effet les injections intra-veineuses étaient considérées comme très hasardeuses et n'avaient été tentées que sur des animaux. Les premières injections intra-veineuses d'alcool furent faites à Paris en 1913 par R. Engel : employant une solution de sérum à 2 p. 100 de rhum dans des cas de pneumonie, il ne signala dans sa thèse aucun résultat heureux.

En 1927 Thursz et Garcia préconisèrent ce traitement dans le cancer des animaux; ils obtinrent une amélioration

Eh,

nette de l’état général et une légère régression des tumeurs. Ces résultats leur donnèrent l’idée d'étendre l’alcoolothérapie intra-veineuse aux affections humaines, infections générales, infection puerpérale, endocardites malignes ; seules les complications pulmonaires de ces maladies bénéficièrent de cette thérapeutique. En 1931, Landau et ses collaborateurs, M. Fcjoin, J. Bauer, Kaminer, se basant sur les résultats obtenus par Thursz, appliquèrent les injections intraveineuses d'alcool à certaines pneumopathies aiguës : bronchopneumonies, pneumonies, bronchites purulentes ou fétides, abcès du poumon, et publièrent de nombreux cas de guérisons, À la suite de ces travaux cette question fut étudiée par Fedjin qui dit avoir obtenu des résultats favorables dans des cas de gangrène pulmonaire, par Laignel-Lavastine et P, Georges, par Burnand, Hamburger et Guérin qui firent, en 1932, une communication au XXII Congrès de médecine sur l’action favorable des injections intraveineuses d'alcool dans les suppurations pulmonaires.

Azerad et Gilbert Dreyfus, Simonin et M”° Küntz, Pol de Sevrix, M” Topourva, Couturier, Regy, Gürfinkiel, Daen, Ben Ahmou signalèrent, à leur tour, des cas de guérisons d'abcès du poumon, d’abcès gangréneux et de pneumonies dus à l’alcool. En 1933 MM. Massière et Leuret, en 1934 MM. Cruchet, Maupetit et Saric, le professeur Carles en 1936, attirèrent encore l'attention sur l'intérêt présenté par la méthode de Landau. En juillet 1938, enfin, G. Rosenthal montra que les tuberauleux eux-mêmes pouvaient bénéficier dans une certaine mesure de ce traitement.

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