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LA TECHNIQUE DE LA METHODE DE LANDAU

Dans cette seconde partie de notre exposé, nous allons essayer de retracer les modifications de la méthode de Landau et nous décrirons la méthode actuelle.

Thursz employait une solution d'alcool éthylique à 33 % dans du sérum physiologique. Il injectait de fortes quantités de cette solution (de 250 cc. à 400 cc. par jour en deux ou trois fois) : cette façon d’opérer provoquait des accidents de shock et des ictères.

TECHNIQUE PRIMITIVE, L'ALCOOL A 33 %. — Landau et ses aides se servirent de solutions plus réduites et répétées plusieurs fois par jour : petites doses quotidiennes de 20 à 30 cc. d’alcool à 33 %. Le véhicule était de l’eau stérilisée, mais la solution préparée extemporanément produisait toujours un shock brutal par hémolyse. Afin d'éviter cet accident, Fohl, après de nombreux essais, fut amené à injecter une solution de sérum glucosé à 40 % d'alcool. cette solution était difficile à injecter en raison de sa viscosité et les malades étaient toujours shockés,

LES SOLUTIONS ISOTONIQUES, — Merle et Gürfinkiel utilisèrent alors une solution isotonique. Cette solution glucosée contenait 30 % d’alcool avec 1 gramme 60 de thiocol, elle était injectée par doses croissantes de 20 em, 40 cm’, 50 em° toutes les 48 heures ; elle avait lavantage, étant isotonique, de ne pas provoquer de shock, mais produi-

nid

sait de la sclérose veineuse au bout de quelques injections et ne pouvait être stérilisée, le thiocol se décomposant à

chaud.

LA SOLUTION A 20 % D’ALCOOL. — Perfectionnant sa tech-

nique, Landau réduisit la concentration de sa solution

Alcoo! éthylique absolu : 20 em, Eau physiologique : 80 cm’,

qui ne fut plus qu’à 20 % ; de plus, afin d'éviter les ictères possibles, il injectait en même temps de l'insuline par voie sous-cutanée.

Szajna proposa une solution dans laquelle le dextrose remplaçait le glucose

Alcool absolu : 33 gr.

Solution de dextrose à 40 % : 67 gr.

TECHNIQUE ACTUELLE. — Actuellement, on emploie indifféremment l’une ou l’autre des deux solutions préconisées par Landau, soit la solution à 33 % d’alccol suivante

Alcool à 95 © : 33 cm, Sérum glucosé : 67 cm,

ou, mieux, la solution réduite à 20 % :

Alcool à 95° : 20 cm;, Sérum glucosé à 40 % : 30 cm, Eau distillée : 50 em*.

Cette dernière solution, si elle n’est pas parfaitement isotonique, doit être préférée à la précédente, car elle est moins hémolysante, moins douloureuse et moins sclérosante.

En même temps, Landau recommandait d’injecter de 5 à 10 unités d'insuline par voie sous-cutanée afin de protéger 1e parenchyme hépatique contre l’action de l’alcool.

MANUEL OPÉRATOIRE. — La technique est celle de toute injection intraveineuse. On se sert d’une seringue en verre de 20 om’, stérilisée, d’une aiguille eñn platine de 48 mm. de long, d’un calibre de 1 mm., à pointe bien effilée. I faut, en outre, se munir d’un tube de caoutchouc destiné à garrotter le bras pour faire saillir les veines, d’une pince à forcipressure, d'alcool, d’éther et de coton pour stériliser.

Après avoir fait coucher le malade sur son lit, on comprime le bras légèrement à l’aide du tube de caoutchouc maintenu par la pince à forcipressure, Lorsque les veines font saillie sous la peau, on choisit la plus accessible d’entre elles, de préférence la médiane céphalique ou la médiane basilique. On désinfecte la région à l’alcool ou à l’éther. Après avoir fixé la veine à l’aide des doigts de la main gauche, on perfore la peau au-dessus de la veine avec l’aiguille, il est aisé alors de pénétrer dans le vaisseau en la redressant ; 6n s'assure que lon a pénétré dans la veine grâce à l'écoulement de sang par Paiguille, Après avoir enlevé le lien comprimant le bras, on ajuste la seringue et on pousse très lentement la solution alcoolique. L'injection terminée, on retire brusquement laiguille et on place un tampon d’ouate stérile sur lerifice de la piqûre.

Certains auteurs ont recommandé de paraffiner la seringue et l'aiguille, avant l'emploi, afin d'éviter la coagulation du sang qui peut s’écouler dans le corps de linstrument ; cette précaution est louable mais inutile.

PosoLoGiE. — On injecte, en général, 20 cem° par jour en deux fois matin et soir. Chez le nourrisson, M. Cruchet a employé des doses de 8 em par jour pendant 15 jours. Mais il n’y a pas de règle fixe : il faut se baser pour la durée de ce traitement sur la courbe de température, à chaque injection doit succéder après un léger clocher une chute marquée de la fièvre; il faut tenir compte également de l’état du malade et de l’état local des veines. Si on ne

constate aucune amélioration après une série d’injections, si les veines se sclérosent, il faut modifier le traitement, tout dépend en somme de l’action de l’alcool et de sa tolérance.

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