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CHAPITRE VII

Utilisation thérapeutique du sodophtalyl.

Pour nos expériences personnelles, nous avons fait préparer, selon les indications de Fleig, une solution de sodophtalyl à 3 p. 100 dans l’eau salée physiologique. Mais les injections sous-cutanées de cette solution sont nettement douloureuses et laissent après elles des nodosités.

Nous avons remédié à cet inconvénient en employant une solution plus diluée, à 4 p. 100. Les résultats obtenus avec ce nouveau titrage ont été concluants et très suffisants, les injections ne sont plus douloureuses, et le liquide se résorbe très bien sans laisser de traces d’induration. Il ne nous a donc pas été nécessaire, comme le préconisait A. Martinet, d'utiliser une solution huileuse (dans laquelle d’ailleurs le sodophtalyl est peu soluble).

Ogservarion XVII

Service de M. le professeur J. CARLES.

Joseph M..., 70 ans, lit 23, salle 14.

Bronchilique suspect de bacillose. Langue saburrale, anorexie, Est très préoccupé parce qu'il est très conslipé, qu'il n'est pas allé à la selle depuis cinq jours (et encore avec un lavement) el que sa femme, dit-il, « est morte comme ça ».

Le 21 janvier 1925, à 11 heures, nous Jui injectons sous la peau de l'abdomen 5 ce. de la solution de sodophtalyl à 3 p. 100, ce qui fait O0 gr. 15 de substance active.

Sn

Le 22 janvier, quelques heures après la piqûre, notre malade a de fréquentes envies d'aller à la selle. Mais ces envies n’aboutissent pas à la défécation. Il se lève vingt fois dans la nuit pour rien. Nous faisons un toucher rectal et constatons un énorme bouchon de matières fécales très dures, distendant fortement l’ampoule rectale. A 11 heures, nous faisons une deuxième injection de 5 ec. de sodophtalyl, à laquelle nous ajoutons 4 ce. de la solution de novocaïne à 1 p. 200, parce que le malade se plaint de ce que la piqûre lui fait mal quand il tousse et même au repos. Le malade continue à avoir des envies, mais ne parvient encore à aucune expulsion.

Le 23 janvier, à midi, nous refaisons un toucher rectal et trouvons encore l’ampoule rectale dilatée et encombrée de mnatières nullement ramollies. C’est un bouchon qu'il faut absolument évaeuer. Nous faisons alors administrer un grand lavement de deux litres.

Le 24 janvier, le lavement de la veille a été immédiatement rendu, à peu près limpide; il reste encore beaucoup de matières dansé rectum. Nous faisons donner un second lavement après fragmentation des matières avec le doigt. Le flux diarrhéique est enfin déclanché. Le malade est soulagé.

Le 25 janvier, deux évacuations diarrhéiques, le soir.

Le 26 janvier, à 7 heures, une selle en diarrhée. Au toucher rectal nous constatons enfin que l’ampoule rectale est tout à fait libre. Nous reprenons alors notre traitement et faisons, à 11 heures, une troisième injection de 5 ec. de sodophtalyl. Le malade accuse une sensation de brûlure produite par la piqûre. À midi, une petite garde-robe. A #4 heures du soir, nouvelle petite évacuation.

Le 27 janvier, à 6 heures, -une selle très abondante contenant beaucoup de matières solides molles ef un peu de diarrhée. À 4 heures du soir, une petite évacuation liquide.

Le 28 janvier, à 6 heures, une selle liquide insignifiante.

Le 29 janvier, à 10 heures, quatrième injection de 5 ce. de s0dophtalyl plus 4 ce. de novocaïne. À 2 heures de l'après-midi, une évacuation molle, abondante.

Le 30 janvier, à midi, selle moulée, molle, abondante.

Le 31 janvier, à 6 heures du malin, une évacuation molle; une

autre, un peu diarrhéique, à 6 heures du soir.

Le 1% février, à 6 heures, une selle normale, molle.

Le ? février, une évacuation molle à 9 heures; une autre à 4 heures du soir.

Le 3 février, une selle à 6 heures. Le malade expulse beaucoup de gaz. À 6 heures du soir, encore une selle.

Le 4 février, une évacuation au réveil, à 6 heures. Le malade continue à rendre beaucoup de gaz. À 5 heures du soir, deuxième garde-robe. Toutes ces évacualions se font très facilement.

Le 5 février, une selle dure à 6 heures.

Le 6 février, une évacualion très abondante et bien moulée à 6 heures.

Le 7 février, une selle normale à 6 heures.

Depuis cette époque, le malade continue à aller très régulièrement à la garde-robe une, deux et même trois fois par jour. Il est très heureux de ce résultat, car il pensait mourir de sa constipation. Sa langue s’est beaucoup nettoyée et son appétit est revenu.

Mais la toux réveille des douleurs au niveau des piqûres "Mft à la palpation de l'abdomen, on sent de légères indurations sous-

cutanées.

OgservaTion X VIIT

Service de M. le D' Bousouer:

Justine R..., 72 ans, lit 20, salle 3.

rétrécissement aortique. Très constipée. Ne va à la selle que tous les cinq ou six jours, grâce à une infusion de bourdaine.

Le 5 février 1925, à 10 h. 30, nous lui mjectons 5 ce. d’une nouvelle solution plus diluée de sodophtalyt à 1 p. 100, ce qui fait (] gr. 05 au lieu de 0 gr. 45. La malade n'a pas d'évacuation au cours de la journée, mais elle expulse beaucoup de gaz.

Le 6 février, à 7 heures, une selle assez dure, peu abondante. A 11 h. 40, nous faisons une deuxième injection de 5 ce. de la nouvelle solution de sodophtalyl. À cinq heures de l'après-midi, une selle molle, peu abondante. Pas de douleurs au niveau des piqûres.

Le 7 février, à 6 heures, une selle molle, bien moulée, de quan-

tité normale, À 5 heures du soir, une petite évacuation molle

Nous jugeons inutile de faire une troisième injection, puisque le cours normal des matières est rétabli.

Nous devons également ajouter que les injections n’ont pas été douloureuses et n’ont laissé aucune induration. Cette solution à 1 p. 100 semble done pouvoir être adoptée, et les résultats obtenus avec 0 gr. 05 seulement de sodophtalyl ont donné des effets suffisanis, comme nous l’avons constaté plus haut,

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