‹ Les Injections Hypodermiques Dans La ConstipationChapitre 16 sur 25 · SR · texte numérisé non relu

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langage habituel, la dénomination plus simple de « sodophta- Ly1 le

Voici comment Fleig obtenait ce sel :

Préparation du « sodophtalyl » (Extrait du Journal de pharmacie et de chimie, 6° série, t. XXIX, 16 mai 1909). — « Dans une solution de soude à 20 p. 100, portée à l’ébullition, on projette, par petites quantités successives, autant de phénolphtaléine en poudre qu'il peut s’en dissoudre, en agitant constamment pour activer la réaction. On obtient ainsi une solution très fortement colorée et très épaisse, à laquelle on ajoute alors un excès de phtaléine pour qu'elle ne contienne pas de soude libre.

» La liqueur devenue tiède, on filtre et on évapore le filtratum soit à l'air hbre ou au bain-marie. L'excès de phtaléine qui reste sous le filtre peut servir à la préparation d’une nouvelle quantité de sel.

» Le résidu obtenu par évaporation du filtratum est une laque d’un rouge violacé, fendillée, assez fortement adhérente aux parois du récipient. Cette laque, après un broyage complet, donne une poudre grenat très foncée.

» Le sel est soluble dans l’eau distillée et dans l’alcool. Les solutions sont violettes en couche mince, rouge fuchsine en couche épaisse. »

Qu'il nous soit permis d'adresser ici à M. le professeur Bar. the l’expression de notre vive gratitude pour l’obligeance et l’amabilité qu'il nous a témoignées en voulant bien se charger lui-même de la préparation de notre sel.

Fleig compara l’action per os de la phénolphtaléine et du sodophtalyl. Dansde nombreux caset chez lesmêmes individus, il constata que, à doses égales, le sel de soude amenait des évacuations plus abondantes; « de plus, la limite de la quantité minima nécessaire à produire un effet est plus basse pour le sel que pour la phtaléine en nature. Avec celle-cr, il est rare que 0,10 gr. aient une action manifeste; au contraire, avec le sel, cette faible dose est souvent suffisante à amener une ou deux selles. »

On peut administrer le sodophtalyi en poudre sous forme de

cachets, mais il est prélérable de l’enrober en capsules glutinisées ou kératinisées qui lui permettent de n'être libéré que dans le milieu intestinal alcalin et d'agir au maximum (le milieu très acidé de l'estomac fait en effet précipiter la phtaléine).

Employé en injections sous la peau, le sodophtalÿl a une action eccoprotique très intéressante. L'effet produit n’a pas la rapidité d’une purgation; il est moins brusque que par la voie gastrique, mais plus prolongé; les évacuations sont facilement régularisées pendant plusieurs jours.

Il est utile de souligner cette action intestinale du sodophtalyl par voie hypodermique, attendu qu'Auger, après avoir parlé de la phtaléine dans une conférence à la Société chimique de Paris (48 novembre 1902), termine en disant que « l’on recherche, sans succès jusqu'ici, un purgatif qui puisse agir par cette voie. »

Le mode d'action du sodophtalyl est également excito-sécrétoire, comme celui de la phénolphtaléine. Mêmes expériences, mêmes résultats. L'action chez l'animal est très atténuée aussi pour le sodophtalyl. Ceci est très regrettable, car l’action de ce produit ne peut être étudiée à fond avec toute la précision scientilique de l'analyse expérimentale.

La phénolphlaléine et le sodophtalyl ne présentent, d’après Fleig, absolument aucun danger au point de vue de la toxicité. Les doses thérapeutiques n'ont aucune influence sur les fonctions d’assimilation et de désassimilation; elles ne modifient pas l’excrétion urinaire, à en juger par l'analyse des principaux composés. La diurèse tendrait à s’exagérer avec une forte dose, mais l'élimination du sel se fait avec la plus grande facilité (recherche par la coloration à la soude). Ces substances. à l’état pur, n’ont aucune action irritante ni sur le rein sain ni sur le rein malade; l’innocuité serait absolue dans les néphrites de diverse nature. k

I convient peut-être de faire certaines réserves à ce sujet, quelques accidents rénaux ou autres, sans doute dus à des impuretés, ayant été signalés par la suite. Quoi qu'il en soit, les doses excessivement faibles que nous employons semblent inof-

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fensives à ce taux. Que l’on songe, en effet, à toutes ces substances d'usage courant en médecine, et qui sont souvent très nocives pour l'organisme.

Tunicliffe, recherchant un effet du sodophtalyl sur la pression artérielle, a constaté une certaine action hypotensive, mais bien moins intense que celle que produit le sulfate de magnésie. Enfin, certains états physiologiques spéciaux, tels que les périodes menstruelles, la grossesse, la ménopause, ne sont nullement influencés par l’administration de la phtaléine ou de son sel, alors que la plupart des purgatils sont à redouter.

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