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CHAPITRE VII

Résuitats d'ensemble.

Nous arrivons à un total de 21 observations (13 ‘avec le sulfate de magnésie ou le sulfate de soude, 3 avec le séné, 5 avec le sodophtalyl, prises par nous-même à l'Hôpital Saint-André, dans le service de M. le professeur J, Carles et dans celui de M. le D' Bousquet.

Tous les malades que nous avons injectés étaient des constipés d'habitude (excepté deux : obs. IF et V, ulcères du duodénum) ayant résisté pour la plupart au traitement ordinaire. La méthode hypodermique ne nous a donné chez eux aucun échec : sulfate de magnésie, sulfate de soude, séné et sodophtalyl ont produit de constants résultats.

Le nombre des injections nécessaires pour obtenir une ou plusieurs évacuations est très variable suivant les malades. Tantôt une ou deux injections (obs. X; XI; XIIT, auto-observation; XIV; XV, XVI, XIX; XX et XXD ont suffi, tantôt plusieurs (jusqu’à quatorze dans l’obs. IX) ont été nécessaires.

Les selles sont molles, bien moulées, très rarement diarrhéiques. Elles ne présentent par conséquent pas le caractère purgatif.

Le temps écoulé entre une injection et l'effet de celle-ci varie suivant les cas; il est en moyenne de sept à huit heures.

La quantité de produit injecté n’est pas en relation directe avec les effets obtenus. Il semble, au contraire, et notamment avec le sulfate de magnésie et le sulfate de soude (obs. XI; XIT et XITT) que des doses moindres ont amené des évacua-

tions, alors que les doses plus fortes étaient restées sans action.

Ce n’est pas la crainte des effets toxiques qui nous a fait diminuer la dose : en effet, on a injecté dans le tétanos et dans le rhumatisme articulaire aigu des doses de 1 ce. par. 25 livres de poids du corps de la même solution de sulfate de magnésie à 25 p. 100, sans avoir d'accidents, et cela: dans le canal rachidien.

Et si dans ces cas de tétanos et de rhumatisme on n’a pas observé d'action purgative, c’est que la dose employée était beaucoup trop forte.

Peut-être y a-t-il lieu également d'ajouter, avec le professeur Carnot, que l'injection d’une solution saline est d'autant mieux absorbée qu'elle est moins concentrée et plus proche de l'isotonie. M. Carnot, en eflet, emploie des dilutions étendues à 4 p. 100 et «il injecte de 2 à 20 ce.

Pour l'infusion de séné, nous avons injecté une faible quantité. Ayant obtenu des résultats très satisfaisants, nous n'avons pas essayé les doses plus fortes. e

Quant au sodophtalyl, la solution indiquée par Fleig (3 p. 100) nous à paru trop concentrée. Le malade en effet souffre, et il persiste après les piqûres des nodosités désagréables dans le tissu cellulaire sous-cutané. Aussi, pour les quatre dernières observations relatives au sodophtalyl, avons-nous fait préparer une solution plus faible, à 1 p. 100. Cette nouvelle solution est indolore, ne laisse aucune trace et produit des eflets eccoprotiques très suffisants avec 0 gr. 05 seulement de produit acll.

Au point de vue des résultats éloignés, nous avons fait d’intéressantes constatations

La grande majorité de nos malades, que nous revoyons de temps en temps, nous ont déclaré qu'ils étaient guéris de leur constipation habituelle et qu'ils n'avaient plus à recourir aux divers laxatifs plus ou moins irritants qu'ils employaient autrefois pour combattre leur constipation (obs. FE; I; ENS LXS XIV: XVII: XIX; XX et XXI).

L'action sur l'intestin se prolenge donc plus longtemps que par voie digestive : on l’a comparée à la mise en marche d’un pendule arrêté, à qui il suffirait de donner à nouveau une impulsion pour en rétablir la marche. Que ce soit le sulfate de soude, le sulfate de magnésie, le séné ou le sodophtalyl, on observe également la persistance de l'effet.

Enfin aucun de nos malades n’a présenté de troubles généraux pouvant être attribués aux substances injectées.

Qu'il nous soit permis maintenant de rappeler ici les conclusions des divers auteurs qui ont expérimenté avant nous : tous notent une certaine inconstance d'action, et surtout chez les constipés d'habitude. Ces expérimentateurs, en ellet, cessaient leur médication si au bout d’une, deux ou trois injections, ils n'avaient pas de résultat.

Nous, au contraire, nous avons insisté davantage et multiplié les injections (toujours très faibles) chez des malades qui, de prime abord, semblaient rebelles à la médication. Et c'est ainsi que nous avons pu recueillir 21 observations qui sont en gnême temps 21 succès.

Nous croyons donc pouvoir affirmer que la constipation même opiniâtre (sauf quelques cas particuliers : la méningite par exemple où tout d’ailleurs reste sans effet) peut être jugulée à coup sûr par la méthode hypodermique.

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