‹ Les Injections Intratracheales de LipiodolChapitre 10 sur 25 · TECHNIQUE DE L'INJECTION · texte numérisé non relu

TECHNIQUE DE L'INJECTION

1° Quelle voie d'introduction du lipiodol sera choisie ? ,

Pour amener le lipiodol dans les canaux bronchiques, deux voies demeurent possibles : les voies :

A) Transglottique ;.

B) Transcricothyroïdienne.

A) Voie trausglottique : utilisée fréquemment chez l'adulte (Forestier et Leroux-Besançon ; M. P. Weil, Azoulay, Bernard; Tremolières et Julia), elle offre l'avantage d’être naturelle et l'inconvénient de nécessiter un spécialiste. De plus, chez l'enfant, l’indocilité coutumière, jointe à l’étroitesse du larynx, risqueront de rendre inopérante l'injection ; la plus grande partie du lipiodol refluant dans le pharynx et l’œsophage..Pour ces raisons nous lui préférons la suivante : |

B.— Voie intercricothyroïdienne.

Elle a été adoptée pour l’adulte par de nombreux auteurs (Aimé, Brodin et Wollf-Sergent et Cottenot). Bien que délicate à effectuer par cette voie, l’injection de lipiodol reste néanmoins à la portée de tous. L'avantage certain représenté par cette voie est de

permettre de projeter bas dans la trachée, le lipiopol. De la sorte, l'injection bronchique est effective et répond au but recherché.

2° Instrumentation (1). — Elle comprend :

a) Une seringue spéciale du type de la seringue de .

Guyon, d’une capacité de 20 centimètres cubes, et munie d’un embout de caoutchouc. Ce caoutchouc intermédiaire entre la seringue et la canuletrachéale, empêche opportunément tout mouvement iniempestif de se transmettre de l’une à l’autre.

b) A cette seringue s’adapte un trocart construit spécialement sur les indications de M. Armand Delille, et rappelant l’appareillage de Rosenthal déjà en usage pour injection intra-trachéale. Ce trocart courbe, de r mm. 5 de diamètre extérieur est én acier. Il réalise en somme le même principe que la canule à trachéotomie, Mais c’est une canule assez fine pour ne pas nécessiter d’anesthésie préalable importante, et pour éviter d’autre part toute

lésion vasculaire et toute perte de substance. Comme

la canule à trachéotomie, la gaine du trocart s’abouche sur un plateau triangulaire d’une longueur de 2 centimètres portant à chacune de°ses extrémités un pelit anneau ; à ces anneaux s’attache un lien élastique destiné à maintenir l’intrument en place.

- Le mandrin du trocart est muni à sa base d’une

1. Les lignes suivantes concernant la technique ont été en grande partie tirées de l'article de la Presse médicale, n° 39, 1924, écrit en collaboration avec notre maître M. Armand Delille, et notre collègue et ami G. Duhamel.

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palette épaisse, large de 1 centimètre, qui permet de le saisir facilement entre le pouce et l'index et de le faire manœuvrer dans sa gaîne.

3° Le produit. — Nous avons utilisé la solution type de lipiodol sans la diluer. Cette solution contient 54 grammes d’iode pour 100 d'huile d’œiliette.

4° Préparatifs — a) Le sujet d’âge variable, — de 5 à 15 ans — a reçu auparavant une injection de 3 à 5 milligrammes de morphine ou 1/4 à 1/2 centimètre cube de la solution de sedol. On l’étendra en position horizontale sur la table où il devra immédiatement être radiographie.

Comme pour la trachéotomie, la tête sera placée en hyperextension afin d'obtenir au maximum la

déflexion du cou. A cette fin on glisse une alèze

roulée sous les épaules du sujet.

b) Le lipiodol.— {nsistons vivement sur la nécessité de faire chauffer ce produit doucement au bain-

marie ; ia viscosité du lipiodol est très grande, et

s’opposerait en effet sans cela à son écoulement rapide.

Il s'ensuivrait des efforts de pulsion tout à fait préjudiciables au succès de la manœuvre.

- Cette précaution essentielle une fois prise, on garnit la seringue de 20 centimètres cubes.

c) Deux autres seringues, l’une de 2 centimètres cubes, l’autre de 5 centimètres cubes, contenant leur volume de solution de novocaïne à 1/100 seront placées sur un plateau stérile.

d) Pour ia correction et la rapidité de la petite

intervention, il sera bon de s’adjoindre un aide.

e) L’asepsie des plans culanés prétrachéo-laryngés est assurée par l’habituelle application de teinture d’iode.

& l'injection de lipiodol. — L'opérateur placé à la droite du malade, immobilise entre le pouce et le médius gauche le cartilage thyroïde, cependant qu'avec l'index de la même main il reconnaît l’espace intercrico-thyroïdien.

Il procède rapidement à l’anesthésie des plans superficiels au moyen d’une injection de novocaïne, puis guidé par l’index gauche qui ne quitte pas le repère désigné, le trocart est enfoncé perpendiculairement au plan laryngé. Ensuite par un léger mouvement de bascule vers le haut, on redresse vite l’appareil de façon que le segment introduit dans la trachée se place parallèlement aux parois, en même

lemps que la plaque du trocart s’applique sur la face

antérieure du cou. On enlève le mandrin, cependant que la canule reste en place. Un sifflement annonce la bonne posilion de celle-ci, On adapte alors la seripgue contenant 5 centimètres cubes de solution de novocaïne: on ramène la tête en flexion légère, pour éviter le reflux vers la glotte du liquide anesthésique, et on pousse lentement l'injection. Le reflux du piston et la présence de bulles d'air, à l’occasion de secousses de toux provoquée par le contact des premières gouttes, vient confirmer que l'on est bien dans la trachée,

Si ces phénomènes ne se produisent pas, il y a

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