‹ Les Injections IntraveineusesChapitre 12 sur 27 · L TERRES · texte numérisé non relu

L TERRES

plus favorables que le bouleversement organique produit à la suite de l'intervention aura été plus considérable. Les chocs successifs diminuent d'intensité rapidement par une même voie utilisée et pour une même dose de colloïde.

Les injections intraveineuses produisent des réactions impressionantes sans aller jusqu’à la mort qui ont fait renoncer à l’emploi de ce médicament chez le cheval (Cocu). Pour Larrieux l’injection est à proscrire chez les sujets fins ou ne devra être employée qu'avec prudence sur des animaux ayant reçu une injection sous-cutanée préalable.

Si maintenant nous jetons un regard d'ensemble sur les effets de l’argent colloïdal, nous constatons que ses propriétés se caractérisent essentiellement par une action anti-infectieuse générale. Toutefois l'intensité de cette action est loin d’être la même pour tous les microbes pathogènes.

Certains de ceux-ci résistent, d’autres sont particulièrement sensibles à l’argent colloïdal. Il est spécialement efficace dans les septicémies, mais il l’est bien moins contre les agents spécifiques résistants.

D'une façon générale il sera utilisé dans toutes les infections contre lesquelles il n’existe pas de traitement spécifique.

Novor. — Mennerat et Flentelot relatent les résultats acquis après plus d’un an d’expérimentation sur le chien dans les maladies fébriles et infectieuses : jeune âge, broncho-pneumonie infectieuse, pneumonies, etc. Il consta-

tent que le novor se présente « comme un véritable spécifique de l'infection et son action est d’autant pius marquée que l’on intervient en pleine période fébrile ».

Coquot, expérimentant à son tour le novor sur les affections septicémiques fébriles du chien et dans la typhose du cheval, obtient des résultats très satisfaisants. D’après Coquot l'injection de novor dans la jugulaire du cheval effectuée d’après la technique précédemment indiquée n’exposerait pas au choc colloïdoclasique.

La dose à employer est de 1 ampoule par jour pour le chien et le cheval. Quelques injections suffisent.

Le Vétorargol est un produit isotonique stable, dû à

l’association de métaux or et argent : la formule de ce complexe est la suivante :

Or : o milligrammes p. 1000.

Argent : 45 milligrammes p. 1000.

Blaisot et Desvaux ont expérimenté le vétorargol dans certaines affections du cheval (laryngite, pharyngite, anasarque, broncho-pneumonie) remportant des succès intéressants.

Moyens de prévenir et de combattre les accidents.

Quel que soit le mode intime d’action des métaux colloïdaux il est évident que le choc est un accident redoutable surtout quand il est particulièrement violent, et qu’il y a intérêt à conjurer.

De deux sortes sont les moyens de lutte contre les phénomènes de choc : les uns permettent de prévenir l'apparition, de l’empêcher et de l’atténuer : telle est la méthode des injections subintrantes de Besredka.

Besredka a montré qu’une injection à très faibles doses d’une substance médicamenteuse capable de provoquer un choc à dose plus forte, préserve l’organisme contre ce dernier quand quelques heures après, est pratiquée l'injection thérapeutique (skeptophylaxie).

Ainsi une injection sous cutanée de métaux colloïdaux pratiquée 24 heures avant l'injection intraveineuse prévient le choc consécutif à celle-ci (Larrieux).

Les autres permettent de lutter contre les manifestations de choc lorsque celles-ci commencent à se pro-

duire ou sont complètement apparues. Ils s’attaquent surtout aux phénomènes quil’accompagnent : la vasodilation et l’hypotention artérielle : d’où deux ordres d'idées : ou bien rétablir une pression normale en remplissant l’arbre vasculaire devenu trop grand par une injection intraveineuse de sérum physiologique, ou bien agir sur le système régulateur de la pression artérielle.

Sachant que les troubles circulatoires sont la conséquence d’un désiquilibre entre les deux systèmes antagonistes de la circulation en faveur du vague et au détriment du sympathique, il est évident qu’on cherchera à établir l’état normal ou bien en paralysant le vague ou bien en stimulant le sympathique. La première indication est réalisée par l’atropine, vago-antitonique, mais médicament dangereux ; la seconde en utilisant l’excitant par excellence du sympathique qui est en même temps tonique du cœur et vaso-constricteur puissant, l’adrénaline (Millian). Elle pourra être administrée avant l'injection à titre préventif à faible dose par la voie sous-cutanée, après l'injection quand il y a crise,

EN

par la voie sous-cutanée ou même intraveineuse à la dose de 10 à 20 cc. d’une solution au millième.

En résumé la colloïdothérapie peut être utile en thérapeutique. Quant à l’électrargol il ne faut l’employer que lorsqu’au cours d’une maladie infectieuse, on a la notion que l’évolution vers la guérison ne se produit pas et ne peut pas se produire. C’est donc une thérapeutique à n'employer qu’en prévenant le propriétaire qu’il ne reste qu’une chose à faire : essayer le choc. Si la situation est grave, si nous pouvons risquer tout, si nous avons affaire à un milieu intelligent, si nous sommes consolidés par notre situation médicale, le meilleur médicament par le choc est l’électrargol.

Cette thérapeutique consiste à demander à l’organisme l’acte de guérison et non pas à lui apporter une substance curable. Ce n’est pas la maladie que nous avons à traiter avec la colloïdothérapie, c’est le malade lui-même qui traite sa maladie.

Or le malade guérit d'autant mieux qu'il a des réserves organiques plus considérables. Nous croyons même que l’avenir de la thérapeutique est de demander à l’organisme des processus de guérison au lieu d'introduire des substances curables, qui quand elles ne sont pas spécifiques, font des actes d’une efficacité discutable.

Extrêmement puissante et héroïque la colloïdothérapie restera malgré tout redoutable tant que son mécanisme intime ne sera pas élucidé.

Seule la connaissance de sa cause peut fournir des

indications exactes pour l’emploi des colloïdes.

SÉROTHÉRAPIE NON SPÉCIFIQUE

Les injections salines intravasculaires en quantité relativement fortes sont utilisées pour subvenir à la circulation défectueuse soit en rendant au liquidesanguin sa fluidité qu’il a perdue par l'élimination d’une quantité plus ou moins considérable de sa partie séreuse, soit en augmentant la masse circulante dans les vaisseaux.

La première indication a pour but de remédier dans certaines maladies, à la déperdition du sérum sanguin. Le choléra, par exemple, enlève au sang une grande partie d’eau avec une notable proportion de ses principes albuminoïdes et salins ; la quantité moindre de liquide interposé entre les globules rouges contribue à les faire adhérer ; de plus leur stroma s’altère et devient gélatineux. Par conséquent la densité et la viscosité du sang sont accrues. La seconde indication vise aux hémorragies menaçantes et cherche à rétablir les conditions physiques de la circulation. Dans ce cas les injections de sérum artificiel, employées comme succédané de la transfusion, nous paraissent justifiées. Cependant nous n'oserons pas affirmer qu’elles soient absolument capables de remplacer la transfusion. Notre but n'étant pas de traiter cette question, nous nous bornerons à rappeler quelques expérimentations favorables sur les animaux,

récemment relatées par Monfrais, Desliens, Panisset et Verge, sans trancher dans le sens de l’affirmative ou de la négative la question de son utilité.

La première idée qui est venue à l'esprit pour restituer au sang, l’eau qu’il avait perdue, a été de porter ce liquide pur dans les vaisseaux.

Il est certain qu’injectée brusquement et en grande quantité, elle est nuisible ; elle détermine une élévation rapide de la pression dans le système circulatoire, altère les globules immédiatement en contact avec elle, modifie la résistance des tissus par l’imbibition à laquelle ils sont soumis; cette action doit se produire en premier lieu et surtout sur les capillaires dont les conditions de vitalité sont changées et qui doivent fatalement se rompre. Laborde, en effet, après l'injection endoveineuse d’un litre d’eau tiède chez un chien, provoqua la mort et constata à l’autopsie des hémorragies pulmonaires, des ecchymoses cardiaques, etc.

Par contre une quantité même importante sans être excessive comme dans le cas précédent, est tolérée parfaitement. Charbonnet-Salle dans ses expériences, de même que dans celles de nombreux physiologistes, a vu que l'injection lente et successive d’une masse notable d’eau dans les veines (500 gr., c’est-à-dire le tiers de la masse totale), n’a entraîné aucun accident. Cependant si on considère l’eau en elle-même, 1l semblerait que lorsqu'elle est introduite graduellement et lentement sans produire des accidents graves, doit altérer les globules avant qu’elle soit suffisamment mélangée au sang.

Dujardin-Beaumetz, Graucher, Hayem, Schmidt,

SCA

Ranvier, Rollet, Mayet constatent qu’elle est capable de faire diffuser in-vitro l’hémoglobine dans le plasma dilué, qu’elle altère le stroma et lui enlève son élasticité.

Schmidt a insisté beaucoup sur le danger de l'introduction de l’eau pure dans les vaisseaux.

Cette action est certainement moins marquée in-vivo en raison des conditions de défense où se trouvent les hématies. Nageant dans le plasma physiologique ces globules ont une force de résistance aux causes altérantes qu'ils perdent en partie dans le verre à expérience.

C’est ce qui explique que Lande, Magendie, Oré et bien d’autres, aient pu introduire impunément de l’eau tiède dans les veines.

Toutefois en raison des dangers possibles de l’eau pure, on s’est demandé depuis longtemps quels étaient les éléments qu'il fallait lui ajouter pour obtenir un liquide inoffensif pour les globules du sang. On a pensé aux sels divers qui font naturellement partie du plasma et dont le rôle qu’ils jouent dans l’économie est considérable.

Ces substances salines peuvent varier dans des limites assez larges, tout en conservant au sang ses qualités, pourvu qu'elles soient suffisamment diluées. Certaines d'entre elles isolées et en solution suffisante sont relativement conservatrices par elles-mêmes de la forme et des propriétés des éléments figurés à la condition qu’on ne dépasse pas dans la solution le titre de 1 de sel pour 100 d’eau, mais ne le deviennent réellement que lorsqu'elles sont introduites dans la circulation.

Ce sont par ordre de faculté conservatrice le chlorure

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de sodium, le bicarbonate de sodium, le sulfate de sodium, etc.

Leur action sur le stroma des hématies n’est cependant pas parfaitement conservatrice. Ils l’altèrent tous plus ou moins et tous lui enlèvent son élasticité ; mais cette altération est passagère. Il importe que le trouble soit momentané, car si leur rigidité était définitive, elle les empêcherait de traverser les capillaires étroits de certains organes, en particulier ceux du poumon, dont le diamètre est moitié moindre de celui de ces éléments, lesquels ne le franchissent que grâce à leur ductibilité extrême.

En résumé c’est le chlorure de sodium qui exerce cette action au minimum sur les globules rouges surtout au titre de 8 % avec lequel la perte d’élasticité est tellement passagère et la déformation si peu marquée que le mélange avec le sang s'effectue complètement et que le retour des hématies à leur état normal est parfait et immédiat. L'action des sels alcalins sur les hématoblastes d’'Hayem, est à peu près identique à celle qu'ils exercent sur les hématies. Enfin l’action sur les globules blancs, très conservatrice pour tous les sels, appartient encore au maximum au chlorure de sodium au degré de dilution indiqué.

Le chlorure de sodium au titre de 8 % est donc le liquide de choix. C’est une solution qu’on peut avoir en quantité suffisante et partout et qui est totalement indifférent, c’est-à-dire sans danger.

Est-il nécessaire d’y adjoindre d’autres sels? Il sem-

ble que oui.

Maspoli

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