‹ Les Injections IntraveineusesChapitre 11 sur 27 · ER · texte numérisé non relu

ER

teur et tonique du cœur et des vaisseaux viscéraux. De l'équilibre normal de ces deux systèmes il résulte une circulation normale. Que l'équilibre sous l'influence d'une cause perturbatrice soit rompu en faveur du vague, au détriment du sympathique et des troubles circulatoires du choc qui sont les plus redoutables apparaîtront : vasodilatation de tout l’arbre circulatoire viscéral coïncidant avec une constriction périphérique, affaissement progressif du cœur, collapsus, syncope mortelle dans les cas extrêmes.

Il n'est pas jusqu'au mécanisme de la leucopémie qui ne puisse relever de cette explication (Tinet et Santenoise). La leucopénie porte à peu près exclusivement sur les éléments figurés les plus volumineux du sang et ne s observe guère que dans les vaisseaux superficiels. On a tenté de l'expliquer soit par une analyse des leucocytes mettant en liberté des ferments oxydasiques et protéolytiques qui se fixent sur les microbes et les toxines pour en favoriser l'absorption par les leucocytes restant, soit par la disjonction d’un nombre variable de leucocytes englobant des particules métalliques qui se réfugient dans les organes profonds. Elle pourrait être la conséquence de la vaso constriction périphérique et de l’obstacle qu'elle constitue au passage des grosses cellules. Tinet et Santenoise ont constaté que le refroidissement d’un doigt par le chlorure d'éthyle provoquait localement le même résultat.

La symptomatologie du choc est done bien connue, jusqu à dans ses manifestations les plus intimes.

Il resterait à en déterminer la cause initiale.

Nice

Maintenant si on veut expliquer la cause de la sensibilité spéciale de certains animaux aux injections colloidales, l’on est obligé de faire intervenir le terrain, d’admettre l’état de prédispositin qui est selon Widal, Abrami et Brissaud « l’expression d’une véritable tare humorale, d’une instabilité de l’équilibre humoral, qui constitue comme une diathèse ».

En résumé un certain nombre de faits sembleraient indiquer que les colloïdes n’agissent utilement qu’en modifiant par un choc hémoclasique un équilibre colloïdal anormal, ils montrent du moins que les chocs hémoclasiques peuvent constituer un moyen thérapeutique puissant.

Ainsi a-t-on expliqué la guérison rapide dans des cas désespérés, spécialement dans les septicémies puerpérales, que différents auteurs ont obtenu chez l’homme : Lévy-Solal au moyen d’une injection de peptone, Lumière avec l’or colloïdal, Roger avec l’électrargol, Monier Millard avec le collargol.

Dans les fièvres typhoïdes Widal et Wolf ont provoqué des améliorations et des guérisons en injectant aux malades leurs propres sérums, ou simplement de la peptone. Arloing, en créant expérimentalement des chocs analogues chez des cobayes soumis à l'infection pyocyanique, obtient un abaissement considérable de la mortalité (100 % à 12 Y).

L'argent colloïdal en médecine vétérinaire.

L'argent colloïdal a été employé sous 2 formes : le collargol obtenu par un moyen chimique; l’électrargol

obtenu par un moyen physique. Le collargol a été découvert en Amérique par Cary-Lea en 1889. Il se présente sous la forme de petits grains d’un gris métallique plus ou moins foncé donnant dans l’eau un liquide brun.

On le prépare par voie chimique en réduisant le nitrate d'argent par des procédés divers. Crédé le fit entrer dans la pratique thérapeutique et communiqua pour la première fois ses résultats au Congrès de Moscou, en 1897. Les recherches de Thiele et Nolf ayant montré ses qualités antiseptiques à l'égard de beaucoup de microbes, il a été employé contre les maladies infectieuses les plus diverses. Schirmen, Wolfram, Schlossman utilisent le collargol et annoncent des bons résultats dans certaines dermatoses, dans les lymphangites, les phlegmons, etc.

Netter qui a été en France le grand propagandiste du collargol communiqua en 1902 à la société médicale des hôpitaux un travail d'ensemble sur ce médicament. Dans des cas de diphtérie Netter en a obtenu de bons résultats concuramment à l’usage du sérum antidiphtérique. Mais c’est surtout dans les infections puerpérales que les succès sont marqués. Dès lors, le collargol eut une vogue considérable tant en médecine humaine qu’en médecine vétérinaire. En médecine vétérinaire l’utilisation du collargol par Diekeroff dans le traitement de l’anasarque (1898) à la dose de 50 centigrammes donne des succès retentissants.

Stevenson en 1905 et Mollereau obtiennent des résultats analogues. Faustle guérit le charbon des bovidés par des injections répétées de collargol à la dose de

Là EU

1 gramme par jour dans 100 cc. d’eau pendant 6 jours.

Barbaras par contre n'obtient aucun résultat contre la fièvre aphteuse. De même Fettick signale des insuccès dans le traitement de l’anasarque.

L’électrargol.

L'électrargol est de l’argent colloïdal électrique se présentant sous l'aspect d’un liquide brun et titrant de 0,25 à 1 gramme par litre ; il est livré par le commerce en ampoules dont le liquide injectable est stabilisé et isotonisé.

Chez le chien l’électrargol a donné des résultats satisfaisants dans le traitement des pneumonies, bronchopneumonies, de l’ascite et de l’eczéma (1910 Chigot, Mouilleron, Espoy, Chicon et Mallavier, 1924) et la septicémie puerpérale (1913 Ducher). Taskin en 1923 a signalé plusieurs cas de guérison de la paraplégie infectieuse grâce aux injections intraveineuses d’électrargol. Pineau, après 23 observations, montre l’absence complète de toxicité de l’électrargol à doses relativement fortes et répétées (10 à 20 cc.) et la régression des symptômes locaux et généraux surtout dans les formes digestives et pulmonaires de la maladie des chiens.

Chez les bovins l’électrargol est employé également contre les affections de l’appareil respiratoire et contre les infections générales aiguës : septicémies, pyohémies, coryza gangréneux (Lembhafïfer) fièvre charbonneuse (Kurger et Fraude), avortement pizootique (Lepinay 1921).

Dans les infections puerpérales généralisées, son adiministration provoque souvent une chute heureuse de la température.

Evers et Staff obtiennent des résultats excellents dans la dysenterie des veaux. Dans une exploitation rurale où la maladie régnait à l’état endémique provoquant une

mortalité de 50 %, en moyenne, l’électrargol arrivait à juguler l’épidémie. A titre préventif le médicament ne se montra pas moins efficace, puisque sur 70 animaux traités, aucun ne fut atteint.

Stodel en 1912 au Congrès international de pathologie comparée rapporte les observations faites par onze praticiens dans le traitement de la fièvre aphteuse. Il constate que l’électrargol est bien toléré par les bovins et ne donne pas de réactions. A la dose de 30 à 40 cc. il a une réaction nettement favorable sur la température, sur la lactation, sur la cicatrisation des plaies et sur l’état général des malades.

Lahaye reprend en 1922 ces expériences en opérant dans 32 foyers de fièvre aphteuse. Il relate les bons effets obtenus dans la stomatite aphteuse.

Aucun de ces auteurs n’a jamais été à même de constater aucun cas d’intolérance à l’électrargol de la part des bovidés.

C’est contre les maladies du cheval que l’électrargol a été le plus souvent utilisé.

Tabusso, Chigot et Huet ont les premiers signalés les bons résultats qu'ils en ont obtenu, résultats depuis confirmés par d’autres expérimentateurs. En injection intraveineuse l’électrargol a été utilisé dans le traitement des maladies de l’appareil respiratoire : angines, bronchites, pneumonies, broncho-pneumonies infectieuses ou gangréneuses (Larrieux, Mouilleron, Ducher, Chicon et Mallavier).

ment

Ces mêmes auteurs obtinrent également d’excellents succès dans le traitement des maladies typhoïdes, la courbature fébrile, la gourme, la septicémie, les infections post-opératoires.

Tabusso, Larrieux et Castelet traitent l’anasarque par l’électrargol. Ducher guérit des chevaux atteints de vaginalite suppurée, de fourbure aiguë et il constata que l'argent colloïdal électrique influence favorablement certains cas de Iymphangite épizootique. Chigot signale un Cas de guérison de rhumatisme articulaire aigu. Velu rapporte un cas de tétanos traité avec succès par l’électrargol.

En 1923, Sendreil et Lasserre eurent l’idée de tenter la guérison de la funiculite de castration, type abdominal, par des injections d’électrargol, qui aurait pour but de réveiller les moyens de défense de l’organisme, de les exalter afin de provoquer soit l’arrêt du développement de la tumeur et son enkystement, soit sa disparition complète.

Sur 5 chevaux atteints de funiculite suppurée intraabdominale, ils ont obtenu 3 guérisons complètes. Ils ont constaté très nettement l'efficacité de cette médication ; en effet, les injections intraveineuse d’électrargol ont été le seul traitement chez un sujet.

Chicon et Mallavier en 1925 expérimentent sur un assez grand nombre de chevaux et des mulets atteints de pneumonies franches, de broncho-pneumonies.

Les auteurs estiment que la médication doit être réservée aux états graves, chez des sujets vigoureux et pas trop âgés. En général les résultats sont d’autant

Page 1